‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 31 sur 123 · A M* DE FONTENELLE ET A M. L'ABBÉ ALARI · texte numérisé non relu

A M* DE FONTENELLE ET A M. L'ABBÉ ALARI

Cher abbé, philosophe aimable, « O TOUS , qui reçûtes des cieux Esprit brillant, judicieux, SouTent sublime, et toujours agréable, Joubsez des trésors éclairés par vos yeux ! Hélàs ! Glio , ni Mèlpomène , N'ont plus que peu de favoris.

Par leurs dons , on voyait jadis Les eaux pures de THippocrène Se mêler aux flots de la Seine, Et baigner les murs de Paris»

Despréaux, Corneille et Racine, Aux accents de leur voix divine, Tenaient les esprits enchantés :

Leur veine heureuse et toujours pure N*a jamais orné la nature Que de brillantes vérités^

Rousseau, plein d'une noble audace, Long-temps de la lyre d'Horace Éleva les sons jusqu'aux cieux. Dans ses mains, cette même lyre A perdu son heureux délire^ Et ses accords harmonieux.

Fontenelle,.ô brillant génie!

O nom sacré pour ta patrie.

Et respectable à l'étranger !

Enchante toujours nos oreilles Par les fruits heureux de tes veilles Que les dieux semblent protéger !

Hardi , sans être téméraire , Tantôt d'un préjugé vulgaire Tu renverses le fondement :

Vif et galant sur la fougère , Tu sais d'une jeune bergère Surprendre un premier sentiment.

Par une route aimable et sûre, Ta voix, au sein de la nature , Conduit nos esprits et nos cœurs ; Et le compas et la houlette , Le quart de cercle et la musette Se couronnent des mêmes fleurs.

Pour mon cœur, quelle vive image i Une tendre amitié vous unit tous les deux,

Vous parlez le même langage ,

Et vous brillez des mêmes feux ; Vous êtes élevés au-dessus de l'orage, Tous vos pas Sont certains , tous vos jours sans nuage. Quoi! dans un tourbillon volage, impétueux, Languirai-je toujours sous le triste esclavage

De mes désirs tumultueux?

Si d'un faible qui m'humilie

EPIXAVS* Sl4^

Je m arrache un moment^ et vole »ur vos pas, Mon cœur, en soupirant tout bas, Traîne la chaîne qui le lie, Et je retombe dans les bras De Tamour et de la folie.

Ah! si vous ne pouvez encor rien sur ce cœur, Eclairez mon esprit, donnez-lui la justesse,

Donnez-lui l'attrait enchanteur^ Qui nous rappelle en vous ces sag^s dont la Grèce

Faisait sa gloire et son bonheur.

Recevez avec complaisance Ces vers que j'ai tracés pour vous ; Bussy (i) protégea mon enfance:

Je ne lai plus , hélas ! mais qu'il me serait doux De mettre en vous mon espérance!

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