A M. LE PREMIER PRESIDENT
Pourquoi I d'une course rapide, Suivant Diane dans les bois , Mettre tous les jours aux abois Quelque bête fauve timide, Sans penser à nous quelquefois ?
Pour excuser votre paresse , Voyez jusqu'où de vos amis Peut aller pour vous la tendresse ; Nous croyons vos jours trop remplis
EPITRES. Îl85
Dans ces lieux qu'habitent sans cesse Chiens et chasseurs , Amours et Ris.
Dès que le Dieu de la lumière/ Sur le haut du mont des Amants (i) Paraît commencer sa carrière, Mérault (2) , par des son s* éclatants , Vient chasser de votre paupière Le doux sommeil. En ces moments Peut-être que des bras charmants Vous retiendraient.... Une fanfare Effarouche le pauvre Amour.
Quoi ! serez-vous assez barbare Pour partir ?... A peine est-il jour... Quoi donc! une tête bizarre, Un des vieux hôtes des forêts Est détourné... Sans nuls regrets Vous vous levez , tout se prépare ; L'on déjeune et l'on fait grand bruit; On part, on lance, -et le cerf fuit.
En vain par de vieux tours d'adresse Il sait faire mille retours ,.
Pousser le change , on voit toujours Mérault démêler sa finesse ; Je vois la fleur des présidents , Tenant d'une main sa lorgnette ,
(x) MonUgiie qu*on voit da Yaudienil , célèbre par les amoun et la mort de deax tendres amants.
(9) Premier piqueor.
a86 ÉpiTREs.
Crier : Volcelez... le bon temps!
Et dune fanÉwe aigrelette, Rappeler ses chiens et ses gens.
Reprenant sa vigueur première , Le cerf fait de nouveaux efforts ; Mais à la fin de sa carrière , Il se jette dans la rivière.
On crie : Alaly , sur les bords :
Il n est plus , la chasse est finie ; On lève le pied , Ton revient.
Chemin faisant on s'entretient ; Chacun conte quelque folie Faite à la chasse , et que l'on tient Toujours fausse par jalousie.
Enfin, las de se harasser, On se débotte ; un bbn souper De cette troupe famélique, Sans parler, calme la fureur.
Vers le dessert quelque dormeur Donne à la troupe léthargique Le ton pour ronfler tous en chœur Alors chacun , de sa chambrette Reprend en baillant le chemin ; Pour lors Amour, ce dieu malin.
Suit le président et le guette , Pour venger les torts du matin.