P. S. A LA LETTRE
Suivant ses douces rêveries, Je vois le prince du sénat Fouler Témail de ses prairies , Assez content du célibat.
A MADAME DE B***
A ton esprit juste et charmant,
Que le mien aime à rendre hommage !
Tantôt, pour toucher ton amant,
L'amour te prête son langage ;
Tantôt plein d'un noble courage,
Il s'élève rapidement
Au-dessus de l'aveuglement,
Où languit tel qui se croit sage.
Que j'aime la simplicité,
La lumière et la vérité,
Quij dans toi, des dieux sont l'ouvrage.
En vain , d'un vol audacieux , Le fier stoïcien sur les ailes d'Icare S'élève dkns les airs , se croit seul vertueux ;
Un sentiment voluptueux
Vient troubler son cœur et l'égaré :
Il retombe, il frémit, il cède à son vainqueur, Il rougit du pouvoir qu'a sur lui la nature;
Toujours neuve, toujours obscure, Elle fuit à ses yeux, en soumettant son cœur :
Tel est l'ordre du créateur.
On doit à la nature un tribut légitime ; Qui voudra le contraire , attire son courroux. Malheureux le mortel, d'un vain orgueil jaloux ,
a88 ÉPiTREs.
Qui confond lamour et le crime !
Pour nous, dont l'innocence a dicté les serments,
Sans trouble, sans inquiétude, Chaque réflexion embellit nos moments ;
Toujours amis, toujours amants, Nous n'éprouyerons point de Toutrage des ans
La cruelle vicissitude.
Que la parque d'un coup puisse fermer nos yeux! Chère Chloé, crois que notre ame S'épure assez par notre flamme.
Pour voler dans le sein des dieux.
Alors ouvrons nos cœurs à la douce espérance, Us ne détruiront pas l'ouvrage de leurs mains : Le père des faibles hutnains N'est point le dieu de la vengeance.
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