‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 5 sur 123 · DE M. MOREAU DE MAUPERTUIS · texte numérisé non relu

DE M. MOREAU DE MAUPERTUIS

fortune a destinés à leur obéir eurent à pleurer un défenseur.

Quoiqu'il ne soit point d'usage dans l'académie de Berlin , de faire l'éloge des associés étrangers , cette académie crut s'honorer elle-même en célébrant le sage qui avait mis dans un si beau jour les droits respectifs de l'humanité, et qui méritait que toutes les nations de la terre lui accordassent le litre de citoyen-

M. de Maupertuis prononça lui-même cet éloge ; il parla de cet ouvrage immortel dont on ne découvre toute la lumière qu'en proportion de celle qu'on a soi-même : les justes regrets qu'il donne à cet illustre confrère avec lequel il était uni par les liens d'une ancienne amitié, et par cette communication d'idées, si sublime et si douce entre les esprits d'un certain ordre, cet Eloge du président de Montesquieu , et la Dissertation la plus philosophique sur les différents moyens dont les hommes se sont sériais pour commencer à exprimer leurs idées , furent les derniers ouvrages que M. de Maupertuis^ donna à Berlin.

Attaqué par un mal de poitrine qui détruisait peu à peu les sources de sa vie, il demanda, au mois de mai 17 56, un nouveau congé pour aller à Saint-Malo; il traversa les trois Évêchés, il m'accorda deux jours ; et dès ce temps , qui sera toujours également cher et douloureux dans mon souvenir,

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je frémis en pensant que je voyais peut-être cet illustre ami pour la dernière fois. Il fiit à Paris , où ses amis et ses confrères firent de vains efforts pour le retenir; il en partit bientôt après son arrivée, pour aller consoler une sœur chérie et infirme , dans le teiAps où luirméme avait le plus besoin de consolation.

Le temps fatal était Venu , où M. de Maupertuis devait éprouver l'atteinte la plus mortelle pour une ame aussi fidèle que sensible ; le sang français et le sang prussien commencèrent à rougir la terre , et son cœur fut percé de tous les coups qui faisaient couler Tun et Tautre.

Pénétré d'amour pour la patrie et pour le monarque sous l'empire duquel il était né ^ les devoirs de président d'une académie confiée à ses soins, la reconnaissance la plus vive pour un souverain son bienfaiteur , l'union la plus tendre et la plus légitime le rappelaient à Berlin.

Combattu sans cesse, n'osant plus former de vœux, agité mortellement par l'inquiétude, n'espérant plus de soulagement à ses malheurs, voyant le congé de Sa Majesté prussienne près d'expirer, M. de Maupertuis partit de Saint*Malo, au mois de juin 1756, pour Bordeaux , dans le dessein de s'y embarquer pour Hambourg , et de se rendre à Ber^ lin. Une Dissertation sur les lois du mouvement^ imprimée dans le recueil de l'académie de Berlin pour 1767, ouvrage qu'il faut méditer pour en

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