AUTRE
Peuples, dans une sainte étable De toutes parts accourez tous ;
(i) Madame deYiUan.
(a) Madame de Saint-Florentin.
35a CAIfTIQUES,
Adorez un enfant aimable,
Qui naît et veut mourir pour vous.
Sachez que la seule innocence Pourra trouver grâce à ses yeux: ; Mais qui n'en a que Tapparence N*est point digne de voir ces lieux*
Avec grâce, avec modestie,
On voit, aux genoux de l'enfant ^
La bergère de Sarmatie,
Qui de la Gaule est Tomement.
Elle apporte une tourterelle , Des fruits , des parfums et des fleurs ; L'enfant lui sourit et l'appelle , En lui disant : sèche tes pleurs.
Oui , j'ai voulu ton ame entière ; D'un cœur si pur j'étais jaloux :
Toujours présent à ta prière.
Je tiens lieu d'amant et d'époux.
Une bergère incommodée Dit : De l'eau de Luce, ou je meurs ; Eloignez-vous de l'accouchée :
Vous la tuez par vos senteurs (i).
(i) Les eapotes étaient tonjours très parfamées ; c'étaient les carmélites de la me Chapon qni foomissaient ces parfîmis.
Taisez-vous^ répondit Marie, D'elle tout me plaît, tout est bon :
Les pots pourris de mon amie Viennent de la rue Chapon.
Amélie dit : Que je puisse A mon aise le caresser ; Je n'en puis être la nourrice (i); Du moins laissez-le moi bercer.
Villars, conduite par la Grâce ^ Éperdue aux pieds du Sauveur, Dans ses transports , franchit l'espace Du mortel à son créateur.
Saint-Gyr (2) , pénétré du mystère , Adore un dieu dans ce berceau :
Pour éclairer mon ministère , Prête-moi, dit-il, ton flambeau.
Mon prince servira d'exemple , Et fera respecter la loi ; Dans son cœur je t'élève un temple ; Grand Dieu , rends-le digne de toi.
Boufflers (3), d'un air plein de tendresse, Présente un mouton au Sauveur;
(x) Madame de Saint- Florentin n*avait jamais en d*enfants. (a) L*abbé de Saint-Gyr,8ons-préceptettr de monseigneur le Dauphin.
(3) Depuis madame la maréchale de Luxembourg.
OEuvres diverses. II. ^3
L'enfant larrète, la caresse, En disant : Je connais ton cœur :
Tu ne me fuis pas sans alarmes ; Tôt ou tard tu viendras à moi ; Le monde , dont tu fais les charmes , N'est point assez digne de toi.
Moncrif , au son de la musette , Rassemble et conduit les bergers :
Ils portent dans cette retraite La dépouille de leurs vergers.
A la porte de cette étable ,
S arrête un timide berger :
Son cœur fut trop long-temps coupable ;
Il s'humilie, et n'ose entrer.
Il entend la voix de Papette ; Son cœur se ranime soudain ; Frappé d'un coup de sa houlette , Il marche à son tour plus grand tram.