‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvrages (volume 3)Chapitre 99 sur 123 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

Il serait, en effet, très extraordinaire de trouver encore de bons naturalistes qui pussent douter de la pétrification du bois ; elle s'opère de deux manières, par incrustation et par infiltration. La première s'opère en peu de temps, et le cours d'une fontaine chargée d'une terre fine et de sel sélénite suffit.

Cette pétrification est très iiiif>arfaite , change la figure, ne conserve point la couleur , et est toujours du genre calcinable.

La pétrification qui se fait par infiltration ne s'opère que dans un temps très long : Tinfiltration chargée de sables subtils et crystallins, ne s'opère qu'à mesure que le bois se cinérise ; et le sel propre du bois sert encore à fixer cette infiltration. Cette espèce est presque toujours du genre vitrescible.

J'ai dans mon cabinet le tronc d'un pommier ou poirier sauvage, que l'on a trouvé en Champagne sur le penchant d'une colline; il traversait cinq ou six bancs stratifiés de sable, et était brisé en plusieurs pièces. J'en ai une qui a trois pieds et trois pouces dé long, une autre de deux pieds. Ces pièces ont environ un pied de diamètre : on y voit les cercles concentriques des sèves, les fibres , les nœuds , et j'^i aussi plusieurs branches du même arbre qui ont conservé leur forma , leur volume et presque toute leur couleur; toutes ces pièces sont vitrescibles.

ARTICLE l33.

Le spath et le quartz se trouvent souvent grouppés ensemble , et le spath se crystaUise tonjours en petits canons sur le ciystaL J'ai envoyé plusieurs pièces au cabinet du jardin du roi, où l'on trouve un fond de crystal et de

tout ce qu'il a écrit sur les coraux, coralloïdes, madrépores, lithophytes, et prétendues plantes marines.

Cependant, c'est ainsi que les erreurs passent d'âge en âge, et que de fausses autorités font nailre des idées difficiles à efifacer de l'esprit de ceux qui n'étudient pas la nature elle-même , et qui, tranquilles dans leurs cabinets, se contentent de compiler ce que les auteurs antérieurs ont écrit. Il est prouvé aujourd'hui, par les expériences et les observations les plus sûres et les plus impossibles à réfuter , que les coraux , les madrépores de toutes espèces, les lithophytes, et tout ce qu'on nomme, par un ancien usage, plantes marines, il est prouvé , dis-je, que ce ne sont que les^ ouvrages des insectes de mer, du même genre que ceux qui bâtissent et qu'on nomme les organes de mer, tuhularia purpurea.

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