‹ Œuvres du comte de Tressan, précédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 33 sur 36 · LIVRE lY. a · texte numérisé non relu

LIVRE lY. a

dame , répondit Gandalin , n'est-ce donc pas aussi lacQÎenne que je sauvais en même fïeixips? Avouezle , madame , qui de nous deux pourrait vivre un seul jour, s'il perdait Amadis?

Quelque prévenue que fut Oriane, son saisissement fut extrême en voyant Amadis; mais ce saisissement fut délideux. Qu il est heureux ce moment où l'embarras et la crainte ne combattent plus le sentiment qui nous pénètre! et que la modeste et sensible mère d'£splandian sentit vivement le bonheur de voir dans Ama* dis un époux cher à son père! Madame^ lui dit ce prince, je viens renouveler tous mes serments à vos genoux ; régnez à jamais en souveraine sur ce cœur qui vous est soumis. Enfin, cher Amadis , il m'est donc permis de vous appeler du doux nc»n d'époux, dit Oriane , et c'est à moi de vous être soumise. Eh! dévote -aious changer d'existence ? s'écria tendrement Amadis le pourrais-jc, divine Oriane? et puis-j ambitionner jamais d'autres droits que de vous prouver l'amour et la fidélité que je vous ai voués jus* qu'à mon dernier soupir ?

L'empereur Arquisil arriva dans ce moment désiré si long-temps par ces heureux époux, et lut dans leurs yeux le tort qu'il avait eu de Tinterrompre. Amadis le conduisant vers Oriane : Je vous présente , madame , ce digne chevalier au* quel bientôt vous donnerez un nom qui lui sera plus doux que 4e titre auguste qui vient d'être la

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récompense de ses vertus. Oriane connut sans peine que c'était l'empereur, qu'elle voyait pour la première fois. Je connais le cœur de ma jeune sœur, lui dit-elle; je suis sûre qu'il méritera votre attachement , et que les deux filles de Lisvard seront les deux plus heureuses princesses de l'univers. Ah ! madame , ce ne peut être , dit Arquisil , qu'en imitant ce héros , que je peux mériter le nom de frère que je dois k son amitié.

Ce moment fut un des plus heureux de la vie d'Amadis ; aucun nuage n'en troublait les charmes; chaque réflexion était pour ce prince un nouveau plaisir , une nouvelle récompense de la suite de sa vie et de la pratique constante de toutes les vertus.

Si Périon avait le cœur moins agité par les transports de l'amour, il en était bien dédommagé lorsqu'il se trouvait le plus heureux de tous les pères. Mon ami , mon brave compagnon , disait-il de toute son ame à son fils, notre bonheur commun est ton ouvrage. Achève de répandre celui qui remplit ton ame dans le cœur de tes proches et de tes amis; jouis des droits d'un souverain et d'un père. Oui, mon ami, je te les remets tous pour les exercer : partage entre tes amis les états que nous venons de conquérir; fais plus encore pour eux : lis dans leur ame quelle est celle qui peut les rendre heureux : dispose de la main de ta sœur Mélicie ; je me refuse le plaisir de te nommer un chevalier qui m'est cher; c'est de ta bouche

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