Cf. 1. I, ch. III, n
16. Sainéan, II, 332 a voulu voir dans les bczicles d'Afrique un « instrument d'observation astronomique inventé par les Arabes >>; il appuie son interprétation sur l'exclamation de Panurge : « T'ar mes lunettes orientales... » qui figure au 1. V, ch. xvi (éd Marty-Laveaux, III, p. 216), chapitre qui, de l'opinion générale, n'est pas de R. Mais on ne trouve trace ni de besicles d'Afrique ni de lunettes orientales dans aucun dictionnaire ancien ou moderne. Besicles devient au xvi^ s. synonyme de lunettes : « Besicle que nous appelions autrement lunettes »
(Pasquicr, Recherches, VIII, 30, éd. 1665, p. 688, dans Godcfroy, Dict., VIII, 318); il n'y a donc probablement ici qu'une plaisanterie de R. pour dire « toutes les lunettes du monde » : lunette, mot français appelle Europe, besicle, c'est-à-dire beril, pierre exotique, appelle Afrique. En fait le beril vient d' « Ynde » (1. I, ch. lvi, n. 32), R. n'y regarde pas de si près et on sait assez qu' « Africque aporte toujours quelque chose de nouveau » (1. I, ch. xvi, 1. 7).
Les lunettes orientales de l'apocryphe semblent un souvenir des besicles d'Afrique. (M.)