CHAPITRE VII
80 tout joyeulx et esbaudy ■"•, quand il tient une espaule de mouton en main bien séante et advenente, comme une raquette gauschicre '•", et, avecques un cousteau bien trenciiant, Dieu sçait comment il s'en escrime ! »
Ligne 80. A, B, C -.Joyeux — 1. 80-81. A, B, C : à main — 1. 81. A, B, C, H, I : advenante — A, B, C : gauchere — 1. 82. A, B, C : avec — A, B, C : couteau
I.a famille est connue ; elle a des attaches dans la région chinonaise : Claude de Rieux, frère de Jean, devint par son mariage avec Catherine de Laval, le beau-frcre de François de la Trémoillc et épousa, en secondes noces, Susannc de Bourbon, fille de Louis de Bourbon, seigneur de Champigny-sur-Veudc. — Les premières éditions ont Candale. Le comté de Candale en Angleterre, est entré dans la famille de Foix par le mariage de Jean de Foix, comte de Bénauges (commune des Eglisottes, Gironde), captai de Busch, avec Marguerite de la Pôle Suffolk. Du vivant de R., le seigneur de Candale est Gaston III (mort en 1536) ou son fils Frédéric (mort en 1571) (P. Anselme, III, 38} sq.)- Us sont « des plus grands de France » (Brantôme, éd.
Lalanne, VI, p. 404), proches cousins des Lautrcc et des rois de Navarre. R. ne peut pas ne pas en avoir souvent entendu parler; peut-être, notamment par les Estissac, qui ont eu des charges en Guyenne (Plattard, U adolescence de Kabelais en Poitou, p. 35), a-t-il pu les rencontrer. Il est naturel qu'ils soient les clients de Dindenault, marchand de Taillebourg (ch. v, I. 25) qui parle, précisément, des huîtres de Busch (vi, 1. 52) et qui, à bord d'un navire Saintongeais (v, 1. 9) n'a aucune raison de débarquer à Saint-Malo. La leçon Candale se justifie donc et ne saurait être une faute d'impression. La seule raison, à notre connaissance, que R. aurait pu avoir de changer Candale en Cancale est que François de Coligny, seigneur d'Andelot, le frère du Cardinal,
épousa, en 1547, Claude de Rieux, petitenièce de Jean ; R. a donc pu avoir l'occasion de rencontrer celui-ci chez son nouveau protecteur. Mais Jean s'appelait « de Rieux » ou « le seigneur de Chateauneuf », non « le seigneur de Cancale », domaine insignifiant. Cancale peut donc être une faute d'impression qui aurait échappé à R., même dans la seconde édition. Rappelons que Frédéric de Foix est le père de Charlotte-Diane pour laquelle Montaigne écrira De fïiistiliition des enfants. (M.)