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CHAPITRE IX

de Baccane) *. De ceste terre, pour un besoing, sortiront plus de trois cens mille, tous parens et d'une famille. »

Leurs parentez et alliances estoient de façon bien estrange; car,

estans ainsi tous parens et alliez l'un de l'autre, nous trouvasmes que

25 persone d'eulx n'estoit père ne mère, frère ne sœur, oncle ne tante,

cousin ne nepveu, gendre ne bruz, parrain ne marraine de l'autre *.

Ligne 23. B : estoien — 1. 24. I : l'img — 1. 25. A, B, C, H, I : personne — C : d'eux — \: ne estait — A, B, C : «y mère — H : ne frère ne sœur — A, B, C : «y saur — 1. 26. A, B, C : «>' nepveu — A,B,C : ny bru^ — I : parain — A, B, C : «y marraine — I : aultre

8. Cf. Tite-Live, II, 49-50; Aulu-Gcllc, XVII, 21; Ovide, Fastes, II, 193-242; Scrvius, Ad Aen., VIII, 337. R. a pu emprunter à T.-L. le fond de l'histoire, mais le jour (les ides de février) lui a été fourni par Ovide. T.-L. dit en effet (VI, i) que ce fut le 15 des calendes — et le nom de Porte scélérate par Festus ou par Marliani. La localisation de la Porte carmentale et le nom du lac Baccane viennent de Marliani, Topographia, Lyon, 1554, p. 16 : « ad Cremeram fluvium ex lacu attingcnte Bacchanas oricntem ». Le Cremere s'appelle aujourd'hui Bagano. (M.)

9. L'idée première de cette invention pourrait bien être un texte relatif aux Esséniens — Esseiiiens est presque l'anagramme de Ennasin — cf. Pline, Hist. nat., V, 17 : « Ab occidente litora Esseni fugiunt usque qua nocent, gens sola et in toto orbe praeter ceteras mira, sine ulla femina, omni venere abdicata, sine pecunia, socia palmarum, in diem ex aequo convenarum turba renascitur... ita per saeculorum milia, incredibilc dictu, gens aeterna est in qua nemo nascitur... », ou Solin, XXXV, 9-12, qui résume et conclut : « nemo ibi nascitur nec tamen déficit hominum multitudo », cf. en outre Mart. Capella, VI, 679 (éd. Teubner, p. 235), textes fort connus au AI. A. et qu'on trouve notamment dans Brunetto Latini, L; trésors,

éd. Chabaillc, 1863, p. 155, et chez bien d'autres, cf. Remania, XXI, 228, 240. R. pouvait également les connaître par Philon, Quod omni s probiis liber, § 12-13, FI. Josèphe, Bell, jtid., I, 3, 15 ; II, 7, 3, et 8, 12-13 ! Ant.jiid., XIII, 11,2; XV, 10, 4-5 ; XVIII, I, 5. Il pouvait y lire qu'à la tête de leurs communautés étaient des èTit-pcmoi, èir'.[jieXT,Taî, qui correspondraient bien à son podestat. Cf. Vigouroux, Diction, de la Bible, SuppL, v" Esséniens, et Chinard, Exotisme, p. ix. Tiraqueau, De legibiis connubialibus , tex 9, § 65, fol. 74 (éd. 1546), ne manque pas de mentionner leur célibat. Il était, par là, facile de les assimiler aux moines et c'est ce que n'avaient pas manqué de faire Clichtove, De lande monasticae religionis, Paris, Estiennc, 1 5 1 3, f" 7 V», Lefèvre d'Etaplcs, Commentaria initiatoria in quatuor Evangelia, Meaux, S. de Colines, 1522, Matth., III, 7, f" 13-14 v", Erasme, Encomium matrimonii, 1518, L. B., t. I, col. 419 BC, J. Eck, Homiliartim, Paris, Borel, 1566 (i" éd. 1538), 11, fo 126. E. V. Telle, E'ile des alliances ou l'anti-Thélème, Bibl. d'Hum. et Ren., XIV, 1952, p. 159, a vu dans ce chapitre une satire anti-monastique. Nous pensons qu'il s'agit plutôt d'une parodie des « amours d'alliance » et des surnoms, parfois ridicules que s'y donnaient les amants, cf. Introduction, ch. 11. (M.)

Sinon vrayement un grand vieillard enasé, lequel, comme je veidz, appella une petite fille aagée de trois ou quatre ans : mon père; la petite fillette le appelloit : ma fille.

30 La parenté et alliance entre eulx estoit que l'un appelloit une femme : ma maigre 1", la femme le appeUoit : mon marsouin". « Ceulx-là, disoit frère Jan, doibvroient bien sentir leur marée, quand ensemble se sont frottez leur lard ^^. » L'un appelloit une guorgiase ^^ bachelette ^*, en soubriant : « Bon jour, mon estrille. » Elle le resalua ^'^, disant :

35 « Boime estreine^®, mon fauveau. — Hay, hay, hay ! s'escria Panurge, venez veoir une estrille, une fau et un veau. N'est ce Estrille fauveau ? Ce fauveau à la raye noire doibt bien souvent estre estrille i". » Un

Ligne 27. H : vrayment — I : ennasé — A, B, C : Je vy — 1. 28. D, E, F : frais au quatre ; A, B, C, G, H, I : ou quatre — 1. 29. H : petitte fillete — A, B, C, I : r appelloit ; H : rappelait — 1. 50. H : aliance — H : eux — I : l'ung — H : apellait — 1. 31. A, B, C, H, I : r appelloit — A, B, C : marsauyn — C, H : ceux — 1. 32. A, B, C : Jean — A, B, C : debvraient ; H, I : doihveroient — 1. 53. A, B, C : frates^ — 1. 33-49. A, B, C : Uun appelloit une autre (C : antre) mon materat^ — 1. 33. I : gorgiase — 1. 35. D, E, F, H, I : bon estreine ; G : bonne — H : s^ écria — 1. 36. I : ung — 1. 37. G : doit

10. Nom de la seiche sur la côte de Sain- dès le xii^ s. « la fauve asnele » symbolise tonge (Burgaud des Marcts et Rathery, l'hypocrisie. Gervais du Bus, dans la prenon Rolland). C'est surtout le nom vulgaire mière moitié du xiv" s., fît de Fauvel le du poisson dit la Sciène : Sciaena aqiiila, héros d'un Koman satyrique : il y montre Cuv.; S. umbra, Cuv. ; le maigre de Belon l'univers entier, princes et pape en tête, (JV. P., p. 1 10- II 2) est S. aqiiila. Ce nom se empressés à « torcher » — un peu plus retrouve dans Rondelet {Hist. poiss., 1. V., tard on dira « estriller » — Faiwel, cf. l'éd. ch. 9, p. 120). Cf. Poirier, p. 47. (D.). Lângfors, A., Paris, 1914-1919 (Soc. des

1 1 . Nom sous lequel on confondait le anc. textes fr.). L'auteur a formé le nom de dauphin {Delphinus detphis L.) et le mar- son héros — qui est un cheval — sut faux souin (P/jocoe/w commmis, Less.). C'est P. et f^/ (veau), v. 241. Fa«rM« devint bientôt Belon qui a précisé les caractères différentiels populaire : il est devenu proverbial au de ce dernier. (D.). R. Estienne, 1549, xv* s. (Leroux de Lincy, Proverbes, II, 36) ; traduit marinus sus. un célèbre recueil de dessins, VEtrilk-

12. Cf. 1. 1, ch. III, n. 23. Fauveau, très répandu, est passé partielle-

13. Elégante, cf. Ep. limiii., n. 44. ment dans les Emblèmes d'Alciat et VHéca-

14. Jeune fîUe, cf. 1. I, ch. xxv, n. 44. tomgraphie de Corrozet {Cat. du Musée Coudé,

15. Cf. ch. IV, n. 44. Mss., II, 107). Durand Gerlicr, libraire à

16. Bon jour : elle le rencontre pour la Paris, habitait dès 1489 une maison à l'enprcmière fois de la journée, cf. ch. v, n. 19. scigne de V Es/rille-Fauveau et y faisait allu-

17. Fauve par un rapprochement facile sion dans sa marque; après son départ la avec faux avait pris un sens défavorable; maison continue, naturellement, de porter

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