Archaïsme hors d'usage au xvi
7. Altération : soif ardente; sens nouveau et rare dont le premier exemple est dans Lemaire de Belges, Concorde, éd. Frappier, p. 37, 1. 205, cf. Humpers, Etude, p. 159, et qui est déjà vieilli à la fin du xvii^ s., cf. Brunot, Histoire, IV, i, p. 599. (M.)
8. Sacrée, adjectif épicène, cf. mscL, 1. III, ch. X, 1. 71, et, ici même, x, 1. 39, etc.; Jém. 1. III, ch. xiii, 1. 42, ici même m, 1. 56, XVI, 1. 24, etc., emprunté au latin sacer, peut-être pour distinguer le sens de saint de celui de consacré, qui est l'un des sens de sacré à l'époque (mais la distinction n'a jamais été correctement observée, comparer ch. L : « user ainsi du sacré nom de Dieu », et Lemaire de Belges : « l'autel sacre », Concorde, éd. Frappier, p. 21, v. 335) dont le premier exemple est dans Lemaire de Belges, ibid., cf. Humpers, Etude, p. 148. Marot et Scève l'emploient, R. le préfère à sacré, notamment avec Bibles, Letres, etc. (M.)
9. Je me recommande, probablement à Dieu — ou à votre bienveillance ? Cet
emploi absolu se trouve attesté par le proverbe : « De prescbeitr qui se recommande, en tout temps bonijeur nous défende », Cotgrave (From begging preachers fortime still défend us), variante du proverbe plus ancien ]a ne verrez preescheur qui en la fin ne demani, Morawslci, J., Proverbes français antér. au XV« siècle (Clas. fr. du M. A., 47), n» 974; et par la formule d'adieu .- Je me recommande, dans Godefroy, Dict., X, 501 (M.)
10. Définition qui complète en un sens philosophique celle que R. a donnée au 1. III, Prol., 1. 205 et ch. 11, 1. 24. Cette philosophie n'apparaît dans l'œuvre de R. qu'à partir du Tiers L. ; comparer l'entretien rapporté par Louis le Caron (Charondas), en 1556, cf. Pinvert, L., R. E. R., I, 193, et Lefranc, A., t. II, p. Lxviii, n. i.
11. Fortuite, néologisme, lat. fortuitus, dont le premier exemple est de 1450, P. Laurent, Komania, LI, 1925, p. 39 ; il est au 1. I, ch. LU, 1. 23. (M.)
12. Léger, dispos, par opposition ii gourd, le mot n'est pas attesté par ailleurs : l'exemple donné par Godefroy, Dict., II, 474, Kom. et poésies du chev. G. de la Penne, xiv^ s., ms. Angers 5 14, fol. 20 c, a le sens de « engourdi » : « L'autre avoit nom Kaerouaré —