Pris, cf. Prol., n
16. Nom collectif vague, qui désignait, chez les Romains, les bêtes fauves amenées d'Afrique pour les jeux du cirque. Il s'agissait donc, au sens strict, de félins africains, comme la panthère ou léopard (Felis pardiis, L.). Sans doute le terme fut-il abusivement étendu aux félins d'Asie, comme le tigre {Felis tigris, L.) et le guépard {J'élis {Cynailurus) jubata, L.). Cf. Sainéan, H. AT. R., p. 190-T91 ; langue de Kabelais, I, p. 38. (D.)
17. Il est curieux que Rabelais ne prenne ce mot qu'à titre d'emprunt à la langue italienne, et recoure, pour le vocable francisé, au terme africane. C'est que le tigre, mentionné par Servius et par Pline (VIII, 23 et 25), et retombé dans l'oubli, n'avait pas encore de nom dans la langue vulgaire. Cependant, R. Esticnnc, 1549, le connait parfaitement. On ne le revit en Europe qu'en 1478, à Turin, dans la ménagerie d'Yolande de Savoie. Rabelais put en observer à Florence dans la ménagerie des Strozzi. Ce n'est donc que dans la seconde moitié du xvi* s. que le terme tigre passa dans la langue courante (Ronsard, Amyot). Encore Montaigne l'ignore-t-il (cf. Sai-
néan, loc. cit.). (D.) Le texte de 1548 : ours lybistides, vient de Virgile, Aen., V, 37 et VIII, 368, que Servius explique : « aut fera; africanae ». (M.)
18. La (orme porc-espic est récente : l'ancien français a porc-espi, emprunté au prov. porc-espin, de l'italien porcospino : « porcépine », porc-espi se rencontre encore au xvii^ siècle et espic se prononcera encore épi au xviii^, Thurot, II, 129. La forme épie passe pour avoir été influencée par piquer, mais il paraît plus probable que porc-espi est le résultat de la confusion, largement attestée dans le Midi, cf. J. Gilliéron et M. Roques, Revue de Vhilologie française, XXIV, 1910, p. 288 sq., entre w/)/-spina et espispicum lequel a été écrit au xvi' s. espic, cf. Godefroy, Dict., IX, 543, Huguet, Dict., Thurot, ibid., précisément pour rappeler la (fausse) étymologie spiciim — porc-épic se dit porcus spicatus — et que c'est à la fin du xvni* s. que le f a été prononcé, sous l'influence de piquer. Le porc-épic n'était pas absolument inconnu en France puisque Louis d'Orléans l'avait pris pour emblème en fondant l'ordre du Camail, en 1394, et que Louis XII l'avait repris à ce titre. Le roi René en avait un, en 1471, dans son château d'Angers, Lecoy de la Marche, Comptes, n° 143. (M.)