Forme récente, l'a. fr. avait ostruce
seigneur Pliilippes Strossy-". Par foy, nos fieulx^^, j'aymerois mieulx veoir vin bon et gras oyzon en broche. Ces porphyres, ces marbres sont beauk. Je n'en diz poinct de mal. Mais les darioles ^^ d'Amiens sont 30 meilleures à mon guoust. Ces statues antiques sont bien faictes, je le veulx croire; mais par sainct Ferreol d'AbbevUle -^, les jeunes bachelettes '^* de nos pays sont mille foys plus advenentes. »
— Que signifie, demanda frère Jan, et que veult dire que tousjours vous trouvez moines en cuysines; jamais n'y trouvez Roys, Papes, ne
35 Empereurs ?
— Est ce, respondit Rhizotome, quelque vertus *^ latente et propriété
Ligne 27. A, C : Philippe Strœ^' ; B : Philippe Stor^j ; H, I : Philippes de Strossy — G : par ma foy — A, B, C : no^ fieux — A, B, C ifaymeroie ; H : aimerais — A, B, C : mieux — 1. 28. A, B, C : voir — A, B, C : oyson / H, I : o/^o« — A, B, C : porphyres (C : porphires) et ces — 1. 29. A, B, C : beaux — A, B, C : ^ — A, B, C, H, I : point — 1. 50. A, B, C : à mon guoust manque — I : goust — A, B, C : veux — 1. 3 1. 1 : le jeunes ■ — 1. 52. A, B, C : no^ — A, B, C : /;/// — A, B, C, G : fois — A, B, C, I : advenantes — 1. 33. A, B, C : demandoit — A, B, C : Jean — C : veut — A : tousjous — 1. 34. A, B, C : trouvère^ — A, B, C : cuisine ; I : cuisines — A, B, C : Rois — A, B, C : «y — 1. 36. A, B, C : respondit Rhizotome manque — H : RJ^ii^othome ; I : Ki^ofome — A, B, C, H, I : vertu
qui ne disparaîtra qu'au début du xvii* s., Bourrilly, Lettres d'Italie, p. 40 et n. 7,
la désinence -cbe semble normanno-picardc, Romier, Origines, I, 148. (M.)
mais elle n'est pas pour cela particulière 21. Fils, forme que Cotgravc appelle « pi-
au picard Bernard Lardon, les picardismes carde », ce que confirme Atlas linguist., 572.
connaissent alors une certaine faveur, cf. 22. Sorte de flan, mais Cotgrave donne
Thurot, II, 213 et 216. L'autruche n'était aussi le sens de « petit pâté rempli de viande,
pas, non plus, absolument inconnue ; le d'herbes et d'épices » qui se rencontre dans
roi René en avait aussi une, cf. n. 18. un compte de 1482 (Godefroy, Dict., IX,
(M.) 274). Le sens de flan s'accorde mieux avec
20. Ménagerie célèbre, cf. Loisel, Hist. le ch. xxxi, 1. 17 (éd. M.).
des ménageries, I, ch. vin, p. 200. (D.). — 23. Il n'y a aucun rapport entre Abbeville
Philippe StroEzi, oncle par alliance de et les quatre saints de ce nom (J. Corblet,
Catherine de Médicis, l'avait élevée et Hagiographie du diocèse d'Amiens, IV, 1874,
accompagnée en France en 1533; il demeura p. 265). H. Estienne, Apologie pour Héro-
auprès d'elle jusqu'en septembre 1534. R. dote, prétend que saint Ferréol a la réputa-
en 1536 l'estime, après les Fugger d'Augs- tion d'être « le plus habile du monde à
bourg, « le plus riche marchand de la chrcs- garder les qyes », mais en quoi cela explique-
tienté » ; brouillé en 1535 avec Alessandro t-il le juron de B. Lardon? (M.)
de' Medici, duc de Florence depuis 1532, 24. Cf. ch. ix, n. 14.
il mourut en prison en décembre 1538. Cf. 25. Vertu, cf. Ep. lim., n. 94.
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specificque absconse *" dedans les marmites et contrehastiers, qui les moines y attire, comme l'aymant à soy le fer attire, n'y attire Empereurs, Papes, ne Roys ? Ou c'est une induction et inclination naturelle, aux 40 frocz et cagoulles adhérente, laquelle de soy mené et poulse les bons religieux en cuisine, encores qu'ilz n'eussent élection ne délibération -" d'y aller ?
— Il veult dire, respondit Epistemon, formes suyvantes la matière. Ainsi les nomme Averroïs ^*.
45 — Voyre, voyre, dist frère Jan.
— Je vous diray, respondit Pantagruel, sans au problème propousé respondre, car il est un peu chatouilleux et à peine y toucheriez vous sans vous espiner^^. Me soubvient avoir leu que Antigonus, roy de
Ligne 38-41. A, B, C : l'aymant attire à soy le fer : et n'y attire Papes, Empereurs, tiy Koys ? ou est ce une inclination naturelle adhérente aux froc-:^ qui les bons Religieux de soy mené et poulce en cuisine, encore qu'il^ n'eussent l'élection ny délibération — 1. 40. I : meine — 1. 41. I : religieulx — G: cuisines — -I : il — H : ellection — 1. 43. H : Episthemon — 1. 44. I : Averrhois — 1. 45. A, B, C, H, I : voire, voire — A, B, C : Jean — 1. 46. A, B, C : sans respondre au problème proposé car — I : proposé — 1. 47. A, B, C, G : chatoilleux — 1. 48. A, B, C : Il me — A, B, C, I : souvient
26. Caché, part, passé de abscondre, qui 28. La scolastique appelle forme substanest ancien, mais, semble-t-il, assez peu usuel tielle « toute forme qui s'unit à la matière avant le XVI* s., où il devient fréquent proba- première pour réaliser par cette union une blement parce qu'on le reprend au latin. (INL) substance déterminée dont elle est l'élément
27. Les deux mots sont pris dans leur spécifique » {Dict. de Théologie catlmlique, sens technique, ils caractérisent l'acte ^ forme, col. 543). Elle distingue àc% formes volontaire : eleclio et consiliiim. Eleciio ou subsistantes, indépendantes de la matière, « choix » est à la fois un acte de la raison et telles que l'ange, l'âme humaine, des formes de la volonté : « appctitivus intellectus, vel non subsistantes qui résultent de leur union appetitus intellectivus »... electio « conse- avec la matière : âme des animaux, etc., des quitur judicium rationis de rébus agendis. formes corporelles ou matérielles, nécessaire- In rébus autem agendis multa incertitudo ment unies à la matière. Epistemon doit invenitur... in rébus autem dubiis et incertis vouloir parler de ces dernières, mais les ratio non profert judicium absque inquisi- spécialistes que nous avons consultés ne tione praecedente et ideo necessaria est voient rien dans Averroès qui puisse partiinquisitio rationis ante judicium de cligendis. culièrement se rapporter à ce que dit Et haec inquisitio consiliiim vocatur... » Epistemon. (M.)
(St Thomas, Stim. theol. la, 2ae, 13, i et 29. Se piquer à une épine, ancien et usuel,
14, I dans Gilson, Index scolastico-cartésien, disparait à la fin du siècle, cf. Brunot, Hisp. 65 et 90). (M.) toire, III, 132.
Macedonie *", un jour entrant en la cuisine de ses tentes et y rencontrant 50 le poète Antagoras, lequel fricassoit un congre'^ et luy mesmes tenoit la paille ^^, luy demanda en toute alaigresse : « Homère fricassoit il congres, lors qu'il descrivoit les prouesses de Agamennon ? — Mais, respondit Antagoras, ô Roy ! estime ru que Agamennon, lors que telles prouesses faisoit, feust curieux de sçavoir si personne en son camp fricassoit congres ? » Au Roy sembloit indécent que en sa cuisine le poète faisoit telle fricassée. Le Poète luy remonstroit que chose trop plus abhorrente ^^ estoit rencontrer le Roy en cuisine.
Ligne 49. I : ungjour — 1. 51. A, B, C, I : paelk — A, B, C : e/ luy demanda — A, B, C : en toute alaigresse manque — H : alaegresse ; I : alegresse — A, B, C : des congres — 1. 52. A, B, C : descripvoit ; I : escripvoit — I : proesses — A, B, C : d' Agamennon — • 1. 5 3. A, B, C : 0 Roy ; D, E, F, G, H : a Roj ; l : ha — K, B, C, H, I : estimes tu — 1. 53-54. A, B, C : lors qu'il faisoit telles prouesses — 1. 54. I : proesses — A, B, C : fust — 1. 5 5 . A, B, C : fricassoit des congres — 1. 5 5-5 7. A, B, C : /^ Roy trouvoit mauvais, qu'en cuisine on trouvast les Poètes. L^ Poète monstroit, que chose trop plus indécente (A : indecedente) estoit, y rencontrer les Kqys
30. L'anecdote remonte à Plutarque (RegWOT apophtegmatd), parmi les mots d'Antigone. « Le poëte Antagoras estoit en son camp, qui faisoit bouillir un congre dedans une poëlle, et secouoit la poëlle luy-mesme. Antigonus le regardant faire derrière luy, se prist à luy dire : « Antagoras, penses-tu qu'Homère descrivant les hauts faits du roy Agamemnon s'amusast à faire cuire un congre ? » Antagoras se retournant luy répliqua : « Mais penses-tu, Sire, que le roy Agamemnon faisant ces grandes choses que descrit Homère allast curieusement rechercher parmy son camp, s'il y avoir quelqu'un qui fist bouillir un congre ? » {Œuvres morales, trad. Amyot, éd. de 161 2, p. 611; texte : cf. éd. Dubner, \, 218). Plutarque relate encore l'histoire, Quaest. Conviv., V^, 4, 2. — Quoi qu'en pense Smith (R. £. R., VI, 241), rien ne prouve que R. ait au vrai pris ici pour modèle le texte d'Érasme {Apopht., IV ; Antig., 17), d'ailleurs fort analogue. U a fort bien pu suivre
Plutarque. Fulgose relate la même anecdote (Factorum memor., VI, 2 ; éd. de 1587, p. 195) : mais en des termes dont s'approche moins le texte de Rabelais. (S.)
31. Conger vulgaris, Cuv. — Mets médiocre : « Galien, au second livre des aliments, a nombre les congres entre les poissons de dure charnure », dit Belon (iV. P., p. 160). (D.)
32. Poêle, du lat. patella, devenu normalement paele, dans lequel a s'est changé en 0 sous l'influence de la labiale précédente et où le groupe oe a subi la même transformation en oa que l'ancienne diphtongue oi, passée aussi à zv?; au xvi^ s., on prononce : poalk, Thurot, I, 503. La forme paille, avec / mouillée, de R. semble venir d'une confusion avec paille {pallium), devenu aussi paille sous l'action du p, puis poêle, étoffe dont on couvre le cercueil, par une confusion inverse. Les autres éditions ont la forme usuelle paelk. (M.)