CHAPITRE XII
servoit de sommeiller «^^ comme lors cstoit la coustume en France*'; et leurs dist en présence de ses gentilhommcs et aultres domesticques '^ : « Enfans, vous voyez en quelle fascherie *^ me jectent journellement ces maraulx Chiquanous; j'en suys là résolu*", que si ne me y aydez, je 50 délibère *' abandonner le pays, et prandre le party du Soubdan ** à tous les diables *^. Désormais, quand céans ilz viendront, soyez prestz vous, Loyre, et vostre femme, pour vous représenter " en ma grande salle
Ligne 46. I : sommeiller — 1. 47. H, I : IcHr — H, I : gentilshommes — G, H, I : autres — H : domestiques — 1. 48. 1 : enfants — 1. 49. I : Chicquanous — G, H, I : suis — G -.ne m'y — 1. 5 o. H, I : prendre — H : parti — I : Soudan — 1. 5 1 . H : soie^ — 1. 5 2. H, I : sale
52. Comparer : « En la ville d'Amboizc, où dcmeuroit l'un des serviteurs de ceste princesse, qui la servoit de varlet de chambre... », Marguerite de Navarre, Jîeplameron, XXVII; l'expression n'est donc pas l'équivalent de « qui lui tenait lieu de » mais de « qui le servait en qualité de ». Le sommelier est celui qui a la charge de tout ce qui concerne la table. — Oudarf est un nom de fantaisie : « maistre Oudart » semble l'appellation traditionnelle d'un « fier à bras », d'un « Hercule de foire », cf. Molinet, Ballade de 1503, V. 21 sq. (éd. Dupire, I, p. 393) : « Ne vois nul d'eux, s'il avoit lance ou dart. Ou fort batton, duquel on busqué et maille. Qu'il n'assalit Hector ou maistre Oudart... » Comparer infra, 1. 105-106. (M.) 33. Rien, dans les actes de la pratique, n'indique que ce fut une « coutume », en France, que le curé de la paroisse fût, précisément, le « sommeiller » du seigneur; mais R. exprime ici de façon plaisante un fait très réel : beaucoup de curés « se mettent au service de leur seigneur, tiennent ses registres et ses comptes, et lui servent à la fois d'intendant et de chapelain », Imbart de La Tour, Origines de la Réforme, II, p. 289. D' « intendant » à « sommelier », il n'y a pas très loin. La servitude des clercs libres, mais non des curés, va plus loin : ils se
résignaient parfois à « porter le panier aux provisions pour les nobles maîtres qui daignaient les prendre pour leurs serviteurs », Journal du sire de Goubert'ille, éd. Beaurepaire, Mém. de la Soc. des Antiquaires de Normandie, XXXI, 1892, p. 54. (M.)