CHAPITRE XII
des nopces, ce sont petitz coups de poing ". Ce faisans, vous n'en soupperez que miculx. Mais, quand ce viendra au Chiquanous, frappez dessus comme sus '"' seigle verde ''", ne l'espargnez. Tappez, daubez '-^, frappez, je vous en prie. Tenez, présentement je vous donne ces jeunes guanteletz 65 de jouste, couvcrs de chevrotin '^-. Donnez luy coups sans compter à tors et à travers. Celluy qui mieulx le daubera, je recongnoistray pour mieulx affectionné. N'ayez paour ^^ d'en estre reprins '"* en justice. Je seray guarant pour tous. Telz coups seront donnez en riant, scelon la coustume observée en toutes fiansailles.
Ligne 61 . F : faisant — 1. 62. H, I : aux Chiquanous — 1. 64. H, I : donnes — I : gantelet^ — 1. 66. I : ce/uj — H : recognoistré — 1. 67. I : n'ayez pour — 1. 68. I : garant — I : selon
48. Cette coutume, attestée non seulement en Poitou au xvi^ s., à Paris au xv'', mais encore, au xvi^ s., en Scandinavie, est destinée à marquer fortement dans l'esprit des auteurs et des témoins le souvenir d'une convention ou d'un fait important ; c'est ainsi qu'au ch. XLViii, le maître d'école de Papimanie fouette ses écoliers, à l'arrivée de Pantagruel, « comme on souloit fouetter les petitz enfants en nos pays, quand on pendoit quelque malfaicteur, afBn qu'il leurs en soubvint ». Plus anciennement, le sens primitif de cette coutume a pu être de symboliser la souffrance qui doit accompagner le passage à un état nouveau. Cf. Marichal, René Dupiiy, p. 152 sq.