‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 222 sur 258 · Chapitre XIIII · texte numérisé non relu

Chapitre XIIII

« Quatre jours après, un aultre jeune, hault et maigre Chiquanous alla citer Basché à la requeste du gras Prieur. A son arrivée, feut soub- 5 dain par le portier recongneu, et la campanelle sonnée. Au son d'icelle, tout le peuple du chasteau entendit le mystère ^ Loyre poitrissoit sa paste. Sa femme belutoit la farine ^. Oudart tenoit son bureau *. Les gentilzhomes jouoient à la paulme. Le seigneur Basché jouoit aux troys cens troys ^ avecques sa femme. Les damoiselles jouoient aux lo pingres*. Les officiers jouoient à l'impériale'. Les paiges jouoient à

Ligne 3. G, H, I : autre — 1. 8. H : gentilshommes ; I : gentilshommes — I : Bâché — 1. 9. H, I : trois cens trois — H, I : damoyselles

1. Le secret, mais le mot peut aussi avoir retenu quelque chose du sens de « comédie », « intrigue », comparer d'une part : « Et fut grand heur au chevalier entrepreneur, que celle noblesse vint au lieu, pour veoir et entendre le haut mistere de son emprise » (Ol. de La Marche, Mém., I, 21, Michaud, dans Godefroy, D/V/., V, 348), et d'autre part : « Je sçay bien jouer ce mistere », c'està-dire : « feindre et de la sorte garder le secret », Marg. de Navarre, Trop Prou..., v. 334, éd. V.-L. Saulnier, Tiiéâtre profane, comparer aussi les autres sens donnés par Huguet, langage figuré, p. 126-128. (M.)

2. Pétrissait. Les formes poystri, poitri, poiirir se rencontrent dans l'Ouest, notamment chez Ronsard (dans Godefroy, Dict., X, 328), et Lanoue, probablement angevin, enregistre en 1596 : « pestris ou pot tris » ;

le lat. *pîstûrisdt n'a jamais pu donner poistrit, mais il est possible que la diphtongue oi soit le résultat de la palatalisation provoquée par la chute de Vs, cf dans la Creuse et dans la Haute-Vienne : teyto de testa Qsl. Grammont, Traité de phonétique, Paris, 1933, p. 207). (M.)

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