‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 23 sur 258 · Néologisme, de l'italien disasiro · texte numérisé non relu

Néologisme, de l'italien disasiro

influence de la mauvaise étoile (astro), que R. est le premier à employer 1. III, ch. xxxvi, 1. 145, mais qui devient vite commun cf. Huguet, Dict. (M.)

34. Cf. 1. I, ch. VI, n. 30 (davant), ch. xxxv, n. 24 (darriere). Sainéan, II, 147, dit à tort que R. emploie « exclusivement » ces formes; fort peu nombreuses dans l'édition de 1342 (M) du 1. II, elles l'étaient moins encore dans les premières éditions, cf. 1. II, ch. XV, 1. 137, ch. XXIV, 1. 84 et 115 (seuls ex. de davant dans les 24 premiers chapitres — aucun ex. de darriere avant le ch. xxxv) ; CCS formes, si elles ne sont pas le fait des imprimeurs, sont de celles par lesquelles R. donne à son œuvre une couleur « rustique » encore plus qu'archaïsante, cf. nos notes critiques, p. 193 de l'édition du Pantagruel àc 1532, Lyon, 1935. (M.)

PROLOGUn DE L AUTHEUR

rayde du benoist '^ Servateur ^* rencontrer ! En bonne heure '" de vous ren- 50 contrée, sus l'instant soit par vous asserée ^*, soit par vous vendiquée '*, soit

Ligne 49. D : laide — I : raide — E, G : rencontrée ; D, F, H, I : rencontrer

35. Béni, adjectif {benedUtum) ; bénit est le participe {benedîctum d'après benedtco), Fouché, Verbe, p. 355 et 561; R. emploie donc benoist (qui n'est pas encore burlesque, cf. 1. II, ch. II, n. 13, mais qui est cependant, chez lui, souvent ironique, cf. ch. VII, 1. 70) là où nous disons béni, bénit ayant le sens rituel, comparer ch. iv, 1. 29, ch. vu, 1. 70 et XII, 1. 57, XIV, 1. 31. (M.)

36. Sauveur, ou, ici, plus précisément, conservateur, cf. 1. II, ch. viii, 1. 27 : « Je rends grâce à Dieu, mon conservateur », ibid., ch. xxviii, 1. 29 : « Ma fiance est en Dieu mon protecteur tt, et ch. xxix, 1. 5 5 : « Seigneur Dieu qui tousjours as esté mon protecteur et mon servateur », mais R. écrit aussi, dans le même sens, 1. I, ch. xxviii, 1. 33 : « mon Dieu, mon Sautveur ». Servateur est un latinisme, très rare — il manque dans tous les lexiques et n'est signalé, en dehors de R. que dans Marguerite de Navarre, Marguerites, éd. Franck, I, p. 93, Oraison de l'âme fidèle — correspondant au latin classique servator. C'est un purisme. Pour R. saulveur et servateur semblent, quant au sens, équivalents : il a servateur dans Pantagruel ; il n'emploie plus que saulveur dans Gargantua, ch. VI, 1. 12-15, éd. ABCD (1535-1537), ch. X, 1. 51, xxviii, 1. 33, puis, de nouveau, exclusivement servateur dans le Tiers L. et dans le Quart L. Mais, dans Pantagruel, servateur a le sens classique de : « conservateur, protecteur » et ne s'applique, comme tel, de façon très orthodoxe, qu'à Dieu le Père, dans son rôle providentiel, cf. le commentaire de Febvre, Religion de R., p. 264, Erasme, In Nov. Test, annotationes, Bàle, 1555, in-f", p. 688. Dans Gargantua, saulveur, ch. xxviii, 1. 33, puis, dans le

Tiers et le Quart L,., servateur, I. 111, ch. XLVur, 1. 131, 1. IV, ici même, et ch. iv, 1. 29, ch. xviii (éd. M.), 1. 73, XIX, 1. 2,

XX, 1. 70, XXII, 1. 89, XXV, 1. 50, LXV, I. 31, conservent ce sens et cet emploi, mais ils s'appliquent aussi au Christ, 1. I, ch. vi, 1. 12-15, — passage supprimé en 1542 — I. III, ch. XXIV, I. 68, 1. IV, infra, 1. 72, ch. XXVIII (éd. M.), 1. 46 et 6t, lxiii, 1. 19. Il semble, cependant, qu'il n'y a pas lieu de supposer que R. veuille par là exprimer l'idée d'un Christ moins rédempteur que conservateur, cf. Études Rabelaisiennes. (M.)

37. Heureusement, par bonheur, comparer ch. XXII : l'oraige semble finir en bonne heure, et Lxvii : a bonne heure avoit le Senoys ses chausses destachées ; formule assez fréquente depuis le début du siècle, cf. Jean Lemaire, Concorde, éd. Frappier, p. 44, 1. 259 et Huguet, Dict., et qui sera remplacée par a la bonne heure — qui est dans Ronsard (dans Godefroy, Dict., IV, 471 b). Elle semble résulter d'une confusion entre heur (auguriuni) et heure (hora), cf. 1. I, ch. XLVili, 1. 68 et les variantes de A et B ; R. Estienne, 1549, a « de bon heur, forte fortuna » et : « en bonne heure, optimis ominibus ». (M.)

38. Réclamée. Latinisme du lat. adserëre. Au sens d'affirmer, le mot est assez employé au xvi^ s. (cf. Huguet, Dict.). Chez R. il signifie d'ordinaire fortifier, affermir, cf. 1. III, prol., 1. 53 et ch. 11, 1. 91, sens qui ne se retrouve pas ailleurs. Ici R. s'est souvenu du sens juridique du mot, cf. § 2, fr. i, Dig., V, 4 : adserëre hereditatem. (M.)

39. Du lat. vindicare, revendiquer. Le terme est antérieur à R. et assez fréquent au xvi« et au xvii^ s. (M.)

par vous saisie '"' et niancipée ". l^s loigs vous le permettent, le Roy l'entend, je le vous conseille. Ne plus ne moins que les législateurs antiques autborisoient le seigneur vendiquer son serf fugitif *- , la part ^^ qu'il seroit trouvé. Ly bon Dieu et ly bons homs ** / tCest il e script et practiqué, par les anciennes cous- 5 5 tûmes de ce tant noble, tant antique, tant beau, tant florissant, tant riche rojaulme de France, que le mort saisist le vif ''^ ? Voie^ce qu'en a recentement exposé le bon, le docte, le saige, le tant humain, tant débonnaire et équitable And. Tiraqueau*^, conseillier du grand, victorieux et triumphant '^'^ roy Henry,

Ligne 51. G : les logis ; H, I : loix — 1. 54- D, F : ancienes — 1. 5 5-6. D, F, H, I : tant noble, tant florissant, tant riche et triumphant royaume (H, I : rojaulme) de France ; G : royaume — I : voye^ — 1. 57. D, F : equitabe — 1. 58. D, F, H, I : conseiller du roy Henry

40. Du bas-lat. sacire formé sur le germ. sa^^ian. Il signifie proprement en a. fr. « se mettre ou mettre quelqu'un en possession de » . Il existe dès le Koland. De cette série de quatre synonymes, c'est le mot le plus courant et qui devait aider le lecteur à comprendre les autres. Les humanistes le faisaient dériver du lat. sessitare, lui-même dérivé de sedes (Cf. Tiraqueau, Lf mort saisit le vif, préf. I, i). (M.)

41. Formé sur le lat. mancipare, que Tiraqueau {op. cit., ih.) explique par veiidere et rei venditae possessionem dare. Le mot est sans doute forgé par R. et, en tous cas, rare (cf. mancipe, 1. I, ch. l, n. 37). (M.)

42. Cf. fr. 3 Dig., XI, 4 : « Divus Marcus oratione, quam in senatu recitavit, facultatem dédit ingrediendi tam Caesaris, quam senatorum et paganorum praedia volentibus fugitivos inquirere : scrutarique cubilia atque vestigia occultantium ». (M.)

45. Là où. L'expression paraît récente, Godefroy, Dict., VI, 4, ne donne qu'un ex. de 1556, on ne la rencontre pas dans les trois premiers livres. (M.)

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