‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 240 sur 258 · Orné, cf. ch. x, n · texte numérisé non relu

Orné, cf. ch. x, n

6. Les juges pedanées sont des auxiliaires des magistrats (cf. E. Cuq, hxs Institutions juridiques des Romains, II, Paris, 1908,

p. 866). « Les prcvosts et juges des basses justices, selon leur vray pouvoir se rapportent presque entièrement aux juges pedanées du droit romain : quaedam sunt negotia (dit la loy dernière C. de Pedan.jnd.) in quibus superfiuum est moderatorem exspectare Provinciae,ideoque pedaneos judices (f)oc est qui negotia

l)umilioTa discepant) constituendi damus Praesidibus potestatem et pour ce que leur pouvoir estoit au commencement limité ad quinquaginta solidos, l. I, Cod., de de/ens. civit., les anciens praticiens n'entendans pas bien la signification du mot solidus ont limité aussi les basses justices a soixante sols. Aussi les juges pedanées n'estoient selon le droit ni magistrats, ni officiers, mais simples commissaires et juges déléguez par les Magistrats, et au lieu que les magistrats jugeoient pro tribunali, ceux-cy de lano seu piano pede judicabant et inde dicti sunt pedanei a Graecis ;/ra[Jta'.5ixaTrai, id est Ijumi judicantes » (Loy seau. De l'abus des justices de Village, p. 4, col. 2). Les juristes et les humanistes leur comparent nos « juges de village qui ne relèvent point du roy et qui ne

— 11 me soubvient, dist Pantagruel, à ce propous, d'un antique gentilhome Romain, nommé L. Neratius *. Il estoit de noble famile et riche en son temps. Mais en luy estoit ceste tyrannique complexion que, 15 issant de son palais, il faisoit emphr les gibbessieres de ses varletz d'or et d'argent monnoyé, et rencontrant par les rues quelques mignons braguars " et mieulx en poinct i", sans d'iceulx estre aulcunement

Ligne 12. A, B, C, I : souvient — A, B, C -.propos — 1. 12-13. A, B, C : d'un gentilhomme — H, I : gentilhomme — 1. 15. G, I : «/i? nostre famile (I : famille) — A, B, C : famille — 1. 14. A, B, C : tyrannicque — 1. 14-15. A, B, C : que partant de — 1. 15. A, B, C : emplir l'escarcelle et gibessiere de son valet — G, I : gibessieres — 1. 16. G : argeut — B : quelque — 1. 17. A, B, C : bragards — A, B, C : mieux — A, B, C, H : iceux — G, H, I : aucunement — A, B, C : avoir esté offencé

ressortissent aux justices royales »; ce « sont vrais juges pedanees, aussi les appelons nous juges sous l'orme, nec habebmit justum tribunal... » {ibid.). Ils jugeaient, en effet, souvent en plein air (Giffard, A., L^s justices seigneuriales en Bretagne, 1909, p. 72, n. i et 104, n. 1) « tantôt au pied d'un arbre, tantôt au coin d'un fossé, quelquefois dans un désert... » (Jbid., p. 104, n. 2). L'orme se rencontrant fréquemment sur les places de nos villages, devant l'église, c'est donc souvent sous l'orme que se tenait le juge et que se réglaient une foule d'affaires ; comparer : attendez-moi sous l'orme, locution usuelle, et Pathelin, i 5 : « avocat dessous l'orme » et les textes, groupés par R. Th. Holbrook, Etudes sur Pathelin, T917 (Elliott Monographs, 5), p. 55 sq. Cf. aussi 1. III, ch. XLii, n. 7. (M.) 7. Commettaient une offense, emploi absolu, le terme extérieur de l'action n'étant pas envisagé; l'exigence du complément après les verbes objectifs est une invention de Malherbe, elle n'est ni dans l'esprit du xvi^ s., ni dans le génie de la langue (Brunot, Histoire, II, 439, III, 542). Godefroy, Dict., X, 224 n'a relevé qu'un exemple de cette construction pour ce verbe : il est du xvi^ s. ; l'influence du latin n'est donc pas à exclure, cf. Juret, Système de la Syntaxe

latine, 1956 (Publ. de la Fac. des Lettres de Strasbourg, 34), p. 167-169. (M.)

8. « Lucius Veratius fuit egregie homo improbus atque immani vecordia. Is pro delectamento habebat os hominis liberi manus suae palma verberare. Eum servus sequebatur ferens crumenam plenam assium; ut quemque depalmaverat, numerari statim secundum Duodecim Tabulas quinque et viginti asses jubebat» (Aulu-Gelle, XX, i). Pour « Veratius », l'éd. Gryphe donnait « Neratius » : en eUe est donc la source de Rabelais. — Erasme, s'il résume l'anecdote, ne donnait pas le nom du quidam {Apopht., III; Diog., 66) (S.).

9. Fashionable, cf 1. II, ch. vn, n. 179, Sainéan, II, 258, 452.

10. £« poinct est en réalité l'adjectif empoinct : « en bon état, dispos », dérivé de l'a. fr. tmpoindre, cf. empointier : « mettre en bonne situation » (Godefroy, Dict., III, 66-67) ; comparer bien en poinct, 1. III, ch. XII, 1. 98, ch. xviii, 1. 12. L'adjectif ayant été senti comme une locution composée de en et du substantif /Hj/«f/, on a eu (H bon poinct, cf ch. ix, 1. 117, qui, dès 1528, est attesté comme substantif avec le sens actuel, cf C. Fahlin, Zeitschrift f. frair^. Philologie, 1942, p. 33 sq.

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ofFensc, par guayeté de cœur " leurs donnoit de grands coups de poing en face '-. Soubdain après, pour les appaiser et empeschcr de non soy

20 complaindre '' en justice, leurs departoit " de son argent. Tant qu'il les rendoit contens et satisfaictz, scelon l'ordonnance d'une loig des douze Tables ^^. Ainsi despendoit son revenu, battant les gens au pris de son argent.

— Par la sacre ^^ botte de sainct Benoist '" ! dist frère Jan, presente-

25 ment j'en sçauray la vérité. » Adoncques descend en terre, mist la main à son escarcelle, et en tira vingt escuz au Soleil 1®. Puys dist à haulte voix en présence et audience d'une grande tourbe -" du peuple Chiquanourroys '-' : « Qui veult guaingner vingt escuz d'or pour estre

Ligne 18. A, B, C : gajefé — A, B, C : /eur — G : donnoit grands — A, B, C : grans — 1. 20. A, B, C : compleindre — A, B, C : leur — 1. 21. A, B, C, I : selon — A, B, C, I : /oy — 1. 22. A, B, C : bâtant— G : les geds — I : prix — 1. 25. A, B, C : argent à coups de poing — 1. 24-26. A, B, C : ¥rere ]ean des Entomeures dist : par la sacrée bote sainct Benoist f en sçauray présentement la vérité. Adoncques mist la main en sa facque 1* et en tira dix escu::^ — 1. 24. I : sacrée — 1. 26. A, B, C, G, H, 1 : puis — 1. 26-27. A, B, C : voix ojans (B : ayant) une grande turbe — 1. 27-28. A, B, C : Chiquanourrois — 1. 28. H : guaigner ; A, B, C, I : gaigner — A, B, C : dix escu^

11. Délibérément, l'expression est déjà 17. La botte est la grande tonne du couusuelle, R. Esticnne, 1549. vent de Bologne, cf. 1. \, ch. xxxix, n. 11,

12. Sur la face, cf. Ep. lim., n. 38. Sainéan, II, 358, n. 5, et 1. II, ch. viir, 15. Se complaindre, qui est d'ailleurs '• "•

encore usuel au sens général, est le terme 18. Poche, cf. 1. Il, ch. xvi, n. 15 ; rare :

juridique pour « porter plainte ». L'emploi Cotgrave le marque d'une croix,

de la négation dans les propositions com- 19. Cf. Vrol., n. 104.

plétives après les verbes de défense est 20. « Presse et grand foule de gens », R.

usuelle, cf. Huguet, Syntaxe, p. 269, de Estienne, 1549. Le mot est vieux et parti-

méme que l'emploi de non pour ne, Brunot, culièremcnt usuel dans la langue juridique :

Histoire, II, p. 473. — Sur soj, cf. Prol., «enquête par /owrif »:« Pour avoir /o«riï ne

n. 284. faut assembler que xxvi ou de plus, car

14. Donner, partager, ancien et usuel. pour le nombre de xxvi, se fait tourbe et

15. « Si injuriam alteri faxsit viginti multitude » (BoutiUier, Somme rurale, II, quinque poenae sunto », Doii^e Tables, fol. 49 r", éd. 1539 dans Godefroy, Dict., Vin, 4 (Girard, Textes de Droit romain, VII, 748).

6» éd., 1937, p. 17), Cf. SHpra, n. 8. 21. Formé par R. avec le suffixe (a)rois,

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