PROLOGUE DE L AUTHEL'R
second de ce nom, en sa tresredoubtée court de parlement à Paris. Santé est 60 nostre vie, comme treshien déclare Aripljron Sicyonien '^ . Sans santé n'est la vie vie, n'est la vie vivable : âfi'.o; [iio;, |ïio; i^iuTo^. Sans santé n'est la vie que langueur ; la vie n'est que simulacbre de mort. Ainsi donques vous, estans de santé prives^, c'est à dire mors, saisisse^ vous du vif, saisisse:^^ vous de vie, c'est santé *^.
Ligne 59. G : cour — 1. 62. H, I : doncques
d'Ivoy, le 25, après un bombardement « qui fit époque dans les annales du règne » (Zcllcr), enfin le 26 la prise de Montmédy, sans coup férir. (Cf. Ronsard, éd. Laumonier. Soc. des textes fr. modernes, VII, p. }o, V. 112 sq.. VIII, p. 37, V. 605 sq., et Zcllcr, Réunion, p. 561, 389-392). Cf. In/roduction, ch. i. (M.)
48. Ariphron de Sicyone, poète dont quelques vers {Ode à la santé, llïiàv s!; 'Vyiîiav), nous ont été conservés par Athénée {Deipnosopb., éd. Mcincke, Teubncr, Leipzig, 1859, vol. III, p. 269). Les mots cités par R. ne s'y trouvent pas. (D.)
49. Il semble bien que la source de tout ce passage soit encore Tiraqueau, De Nobili/ate, XXXI. Ariphron Sicyonien n'y est pas cité, mais R. pouvait y lire, § 389 : « In Sicyonia 'u-{mxi simulachrum celebriter cultum ex ipso Luciano et aliis antiquis monumentis adnotavimus », ce qui pouvait l'orienter vers le Péan à la Santé ; au fol. précédent, § 366 et 367, il trouvait d'abondantes références sur le thème ^io; à^tioto^ notamment : pto^ ^iou Sïôfisvoi; ùùx ît.i ?to; : « Vita victu indigens, non recte vita dicitur » (Ménandre), § 366 in fine, et « Graeci ipsi vitam victu et facultatibus indigentem appellent piov àStioTov... Idem (Lucianus) quoque alibi à^touî ivopa; vocat inopes et egenos », § 367 in fine ; enfin, par une rencontre trop singulière pour être le fait du hasard, aussitôt après, § 392 sq., Tiraqueau entamait, sous
le titre « Sanitatis parens médium », un développement sur la « médiocrité » : « ... secundam valetudinem mediocritatem quandam esse ». Or dans les § 358 sq., Tiraqueau, après s'être demandé « Medicus an jurispcritus vel advocatus sit praeferendus », plaide la cause des avocats qui, dit-il, l'emportent sur les médecins parce que ceuxci ne défendent leurs malades que d'une mort naturelle, honorable, alors que les avocats les défendent d'une mort ignominieuse (§ 381) et c'est pour appuyer sa thèse : « Advocati quonam modo vitam hominum tutantur. Bona sunt vita hominis, nummus fidejussor necessitatis », qu'il a accumulé les références pour montrer que les anciens ont donné à ^ios le sens de « moyens d'existence, argent ». R., amusé et peut-être piqué dans sa vanité professionnelle, semble avoir voulu rendre à Tiraqueau la monnaie de sa pièce : celui-ci, juriste, détournait ^io; de son sens naturel, médical, pour lui donner un sens économique et, si l'on peut dire, juridique; R., médecin, détourne le mot vif du brocard : « Lf mort saisit le vif » de son sens juridique pour lui donner un sens médical : « santé », et il est bien probable que l'adage i 3'.o; ^io;..., mis — de façon ambiguë, car on remarquera que R. ne dit pas qu'il est dans Ariphron, il le suggère — sous le patronage de l'obscur Ariphron, est de son fait : c'est une façon plaisante de damer le pion à son ami et de railler la débauche d'érudition sur laquelle il
LE QUART LIVKE
65 J'ay cestuy espoir en Dieu qu'il ojra '"^ nos prières, veue la ferme foy en laquelle nous les faisons ; et accomplira cestuy nostre soubbajt, attendu qu'il est médiocre. Médiocrité a esté par les saiges anciens dicte aurée^^, c'est à dire précieuse, de tous louée, en tous endroict^ agréable. Discourei^ ^- par les sacres Bibles : vous trouvère::^ que de ceulx les prières n'ont jamais esté esconduites, qui
70 ont médiocrité requis'"^. Exemple on petit Zachée, duquel les Musaphi^^* de S. Ayl^^ près Orléans se ventent avoir le corps et reliques, et le nomment sainct
Ligne 65. D, F, H : oira ; I : oirra — H, I : no^ — 1. 66. D, F : acomplira — H, I : souhhait — 1. 68. H, I : aggreahle — I : sacrées
étaye son paradoxe. Peut-être avons-nous ici le souvenir de discussions érudites entre les deux amis et d'une collaboration dont on a d'autres exemples, cf. t. V, p. xciii et notre article cité supra, n. 46. (P.)
50. Entendra, la forme normale est orra, que R. emploie dans la Sciomachie (Marty- Laveaux, III, 397), à côté de oyra (cf. Fouché, \'erb(, p. 395 et 396, Thurot, I, 546), mais Meigret considère orray (i'^ pers.) comme issue de « oirey... par transmutacîon de voès » (Thurot, ib.). La conjugaison du verbe ouyr (ch. Lv, 1. 14, éd. M.) — a. fr. oîr, Fouché, p. 80 — est, dans le Quart Lifre, la suivante : I. Fr. 1 oy (xix, 1. 80, XXXVII, 1. 46, éd. M., etc.), forme régulière, Fouché, p. 80 et 152, usuelle encore, — prononcez : oè (Thurot, ib.) — 3 oyt (lvii, 1. 42, éd. M.), 4 oyons (xxvi, 1. 19, éd. M.), 5 "y^ (lv, 1. 4, éd. M.), refaites sur oy, usuelles (Fouché, p. 80 et 152, Thurot, ib.); — Impf. oyoi/ (y, 1. 27), oyons (lv, 1. i6, éd. M.), normal et usuel (Thurot, ib.) ; — P. Pr. oyan/ (xiv, 1. 55), analogique de oy, ancien (Fouché, p. 152) ; — Pf. ouy (xi, 1. 5), ouysmes (lvi, 1. 4;, 50, éd. M.), pf. faible régulier et usuel encore au xvii^ s. (Thurot, /"/>.); — P. P. oui (m, 1. 6); — F. oyra, oyrons (xxix, 1. 45, éd. M.), oyrex {Prol., 1. 577). (M.)
51. « Auream quisquis mediocritatem — Diligit », Horace, Odes, II, 10, 5.