‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 29 sur 258 · Proprement : couillard, cf. I. Il, ch. XI, n · texte numérisé non relu

Proprement : couillard, cf. I. Il, ch. XI, n

Dans tout le récit de l'aventure de Couillatris, la source, avouée, est Esope, Lf Biicheron et Hermès (éd. Emile Chambry, fable 253). Pour le début de l'aventure, Esope dit seulement : « Un homme qui coupait du bois au bord d'une rivière avait perdu sa cognée. Aussi, ne sachant que faire, il s'était assis sur la berge et pleurait. » (Trad. Chambry). — Dans Le Bûcheron et Mercure {Fables, V, i), La Fontaine est plus proche de Rabelais que d'Esope, dans le

gnant cahin caha sa paouvre vie. Advint qu'il perdit sa coingnée. Qui f eut bien fasché et marry ? Ce fut il : car de sa coingnée dépendait son bien et sa vie ; par sa coingnée vivait en honneur et réputation entre tous riches buscheteurs '" ; sans coingnée mourait de faim. La mort six jours après, le rencontrant sans loo coingnée, avecques son dail'^ l'eust fausché et cerclé'''^ de ce monde.

En cestuy estrif " commença crier, prier, implorer, invocquer Juppiter par oraisons''^ moult disertes (comme vous sçave^ que Nécessité f eut inventrice d'Eloquence), levant la face vers les cieulx, les genoil^ ~^ en terre, la teste nue.

Ligne 96. G : paovre — G : advint que il — H, I : qui fut — 1. 100. H, I : avec • 1. 101. H, I : invoquer — 1. 102. H, I -.fut — 1. 103. H, I : deux

dérovilement général du récit (hormis l'épisode du Conseil des dieux). Il semble en outre reprendre à Rabelais quelques détails, notamment dans les répliques du Bûcheron (p. ex. : « O ma cognée, ô ma pauvre cognée ! »). (S.)

70. Dérivé de biiche ou de hiiscbeter (Godefroy, Dict., I, 760), propre à R. Le mot n'a peut-être aucune valeur stylistique particulière ; la langue semble en effet, à l'époque, hésiter : bocberon, dérivé de bosc, bois, qui s'emploie encore, cf. Huguet, Dict., est vieux et isolé, le rapport avec bois n'étant plus senti; l'attraction de biiche, du germ. hûsk, ne l'a pas encore, cependant, transformé en bûcheron, attesté seulement en 161 t dans Cotgrave; on a donc cherché des substituts variés : abateur de bois — qui est peut-être, au pays de R., l'expression courante, cf. Atlas linguist., 185, n° 405 — coupeur de bois, fondeur de bois (dans la Vienne et le Cher), Jagoteur, qui est ancien et s'emploie encore dans l'Indre-et-Loire, bûcheur, qui est dans Baïf (Huguet) et qui se trouve aussi dans la même région. R. a pu s'inspirer de ces deux derniers mots, usuels dans son pays natal, par simple souci de variété et de rythme. (M.)

71. Faux (de daculum, peut-être dim. de daca : dague), mot méridional qu'on rencontre dans l'Ouest, jusqu'en Vendée,

Deux-Sèvres, Vienne, S. de l'Indre (Atlas linguist., 546, Poirier, p. 38). (M.)

72. Sarcler (lat. sarculare) a pris le sens de arracher, déjà au figuré au xin^ siècle (cf. Godefroy, Dict., X, 629) ; par suite de la confusion entre -er et -ar, cf. sercleurs, 1. ni, ch. II, 1. 82 et infra, n. 133, le mot s'est trouvé rapproché de cercle et c'est probablement cette fausse étymologie qui a amené R. à l'employer ici, par rapprochement avec le mouvement de la faux, car le verbe n'est pas synonyme de faucher, cf. 1. m, ch. II, 1. 82, où les sercleurs sont distingués des mestiviers : moissonneurs. La forme sercler s'est conservée en Bas-Poitou, Poirier, p. 35. (M.)

73. Embarras, archaïsme usuel, disparait au xvii« siècle, cf. Brunot, Histoire, III, 133 {estriver), et 1. III, ch. ix, 1. 63.

74. Discours, sens récemment repris au latin, cf. Huguet, Evolution, p. 2.

75. Forme refaite sur le singulier genouil {genuculum, cf. fenouil); la forme régulière plur. genous s'étend au singulier dès cette époque, mais lentement, surtout dans la langue écrite, et le plur. genoils reste encore fort commun, Brunot, Histoire, II, 295 et 299, in, 282, Thurot, II, 146. Genoil sous des formes jeniié, etc., est, cependant, resté dans les patois, notamment à l'Ouest {Atlas linguistique, 638, Poirier, p. 42). (M.)

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