‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 32 sur 258 · PROLOGUE DE L AUTHEUR · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE L AUTHEUR

Tartres et les Moscovites «^ Nous avons respondu à la reqtieste du Cheriph *». Aussi avons nous à la dévotion de Guolgott^^ I-^yj*'. U estât de Parme est

Ligne 117. H, I : Moscovites

(II- privilège est du 25 avril). R. flatte Soliman; la campagne avait été indécise, Thaamas reprenait l'offensive au printemps 1550 (Ribier, Alcmoires d' Estât, 11, m, 115, 123). Mais la diplomatie française s'intéresse vivement au conflit : la guerre de Perse empêche le Sultan d'attaquer la Hongrie; notre ambassadeur s'efforce de l'y faire renoncer : la prise d'Afrique l'y aida, cf. n. 91. En 1550 le Sultan s'est décidé à reprendre les hosflités contre l'Empereur. Le débat est « vuydé », à la satisfaction du Très-Chrétien. Le shah profitera, d'ailleurs, de la campagne de Hongrie pour pousser ses avantages en 1552; de même que nous « pratiquions » le Sultan, l'Empereur « pratiquait » le Sophi. Cf. Ribier, loc. cit. et p. 116, 136, 294; Merriman, R. B., Sukiman the Magnificeilty Cambridge Mass., 1944, 8°, p. 241, Rouillard, Cl.-D., The Tiirk in French History... (1520-1560), Paris, 1947, 8", p. 123 sq., T59, 195 sq., 516-522. (M.)

85. Les princes moscovites s'étaient affranchis du joug tatar à la fin du xv^ siècle; pendant toute la première moitié du xvi'', pour se protéger des incursions tatares, ils ne cessent de progresser à l'Est vers Kazan, dont ils s'empareront en octobre 1552. Jusque là « le passage entre les Tartres et les Moscovites » a été clos à plusieurs reprises par la construction de villes ou de forteresses, notamment en 1523 par la construction de Vassilsoursk, au confluent de la Soura et de la Volga, puis en 1550 par celle de Svijazsk, au confluent de la Sviaga et de la Volga, qui interdit le passage de Kazan à Niznij-Novgorod par la vallée de la Volga (P. Milioukov, Ch. Seignobos, L. Eisenmann, Histoire de Russie, I, Paris, 1955, p. 157). On ignore comment R. a pu avoir connaissance de cet

événement : Hcrberstain, Reriim moscovilicartim comment arii. Vienne, 1549, ne dépasse pas 1527. Il n'y a pas de relations diplomaticjues directes entre Paris et Moscou; notre ambassadeur près de la Porte, d'Aramon, pas plus d'ailleurs que nos autres diplomates, ne semble guère s'intéresser aux affaires de Russie. Les relations commerciales sont aux mains des Anglais, des Allemands et des Italiens (B. Ischchamàn, Die auslândisciien Elemente in der russischen Volkswirtschaft, Berlin, 1913). Cependant R. parle déjà des Moscovites, 1. III, ch. xli, 1. 92, et l'expansion moscovite vers Kazan a retenu l'attention de De Thou, Historiarum stii temporis, 1. XXI, p. 716 (éd. de Londres, 1733, in-fol.). \J Apologia de sententia christianissimi Francoriim régis, Paris, 1 5 5 i (Bibl. nat. Impr. Ly. 27) montre que le Sultan « pratiquait » les Tatars pour les inciter à à envahir la Transylvanie. La situation en Russie avait donc, par là, une influence sur la politique royale à l'égard de l'Empereur. (M.)

86. La formule est volontairement ambiguë : le Cheriph (de l'italien sceriffo, Sainéan, I, 149) Moulay Mohammed-ech- Cheikh était entré les 28 et 31 janvier 1549 à Fez et avait enlevé au souverain mérinide, Admcd ben Mohammed, la souveraineté de tout le Maroc. Mais au commencement de février 1 5 5 1 les troupes turques lui avaient infligé une grave défaite, et pendant toute l'année 1551 et le début de 1552, les nouvelles qui arrivent en Espagne indiquent que sa situation est critique (H. de Castries, Ees Sources inédites de l'Histoire du Maroc, i'" série... Espagne, I, 1921, p. 144, 154, 207, 532 sq.). Cependant notre ambassadeur d'Aramon, regagnant son poste à Constan-

expédié «^ ; aussi est celluy de Maydenhourg ^^,de la Mirandole ^^ et de Afrique '^ I20 (ainsi nomment les mortelti ce que, sus la mer Méditerranée, nous appelions

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tinople, reçoit du roi le 17 mai 155:

l'ordre de passer par Alger pour dire au « Vice-Roy » les moyens que S. M. met à sa disposition pour éviter les dangers que lui font courir l'Empereur et le Cheriph (Ribier, Mémoires d'Estat, II, p. 282). Par suite de notre alliance avec les Turcs, nous devons traiter ce dernier en ennemi (cf. Ribier, ihid., p. 296, avril 1551), mais il semble que la menace qu'il faisait peser sur l'Espagne (cf Ribier, ibid., 282, 29 juillet 1550) et sur Oran, siège principal des forces impériales en Afrique (Friedensburg, Kuntiaturberichte, XI, p. 431 — Mars 1549) nous ait incités à le ménager, ce dont les Turcs, soupçonneux de nature, prenaient ombrage {ibid., 295-294, déc. 1550). La prise de Fez est trop ancienne pour que R. puisse y faire ici allusion : l'incertitude de la situation du Cheriph — qui, de fait, reprit Fez en 1553 — et, peut-être, la réserve de notre diplomatie, expliquent la prudence de R. (M.)

87. Le fait d'armes le plus retentissant du corsaire le plus redouté de l'époque, Guolgotz, ou, comme on l'appelle le plus souvent, Dragut — son nom arabe est Torghoud — Rays, qui écumait la Méditerranée en liaison avec la flotte française, est, en 1531, sa sortie de Gerbach, son repaire; cerné, au mois d'avril, par le vieil André Doria « et enfermé comme dans une cage dans le cul-de-sac de la Cantara, le rusé renard creusait un étroit chenal à l'extrémité sud-ouest de l'ilc et, de nuit, tirant à bras ses galiotes, il s'évadait » (La Roncière, Histoire de la Marine française, III, 474.) (M.)

88. Rabelais anticipe : le sort de Parme n'est pas définitivement réglé le 28 janvier 1552, cf. Introduction, ch. i. Sans doute affecte-t-il de considérer que l'alliance de

Henri II avec Octave Farnèse, en mai 153 1, a définitivement tranché la question, car à aucun moment le sort des armes ne fut décisif; il est vrai qu'à l'automne 155 1, le siège étant levé, la ville « avictuaillée » était considérée comme capable de braver toutes les entreprises, c'est là du moins ce que prétend la propagande royale (Ribier, op. cit., II, 312, le Roi à d'Aramon, 5 nov. 1551). (M.)

89. Magdebourg, déclarée rebelle à l'Empereur, se rendit le 9 novembre 1551, après plus d'un an de siège, à l'électeur Maurice de Saxe, chef des troupes impériales, ce qui n'était pour Charles-Quint qu'une victoire illusoire puisqu'au même moment Maurice de Saxe le trahissait et prenait secrètement la tête de la « ligue des Princes ». Cf. ZeUer, Kéunion, I, 135-136, 155, et Introduction, ch. i. (M.)

90. En 1533 Galeotto Pico, assassinant son oncle au pied d'un crucifix, s'empare de la ville et du comté de Mirandole. Condamné à mort par Charles-Quint, il se mit en 1336 sous la protection du roi Très- Chrétien et prit part à toutes les entreprises françaises en Italie du Nord. 11 venait de mourir à Paris le 21 novembre 1530, d'une pleurésie; son fils Ludovico s'était fait reconnaître sans difficulté à la Mirandole. La ville fut assiégée par les forces pontificales dès le début de la guerre de Parme. Il ne s'y passa rien de décisif, mais la levée du siège devait naturellement résulter des négociations en cours, et on était en France, en novembre 1331, tout à fait rassuré sur le sort de la place. Cf. Romier, Origines, 1, p 249 et sq., et François, M., Correspondance du Cardinal de Tournon, p. 267 n° 419, et p. 271 n° 450. (M.)

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