‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 33 sur 258 · PROLOGUE DE L AUTHEUR · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE L AUTHEUR

Aphrodisiumj. Tripoli a changé de maistre par maie guarde. Son période estait venu^^. Icy sont les Guascons renians^^ et demandans restablissement de

Ligne 121. G : garde — 1. 122. H, I : Gascons

91. Nom médiéval de El Mehediah ou Mahedia, Tunisie méridionale, 46 km. S.

de Monastir ; bloquée pendant des mois par la flotte hispano-pontificale, tombe le n sept. 1550 (La Roncière, op. cit., 469). Sa prise soulève une grande émotion, le Pape et Rome en firent des feux de joie et notre ambassadeur fit « comme un chacun »

(Ribicr, o/>. a/., p. 278, 15 déc. 1550); les impériaux publièrent la nouvelle « en stampe » {ibid., p. 293). La diplomatie française paraît avoir été moins affligée de cet événement que ses ennemis ne le supposaient, car clic ne se fait pas faute de l'exploiter pour amener le Grand Seigneur à considérer comme rompue la trêve qu'il avait signée avec l'Empereur, et c'est, en effet, pour reprendre Afrique que sa flotte ouvrit les hostilités en Méditerranée en mai 1551 {ibid., 294 sq., 29g, 304). En déc. 155 1, dans l'Apologie qu'il faisait imprimer pour répondre aux « calomnieuses inventions » de l'Empereur disant que c'est à son instigation que « les Turcs sont venus cette année au dommage de la Chrestienté », Henri II ne manque pas de soutenir que c'est par la prise d'Afrique que l'Empereur « s'est luy-mesme attiré a dos cette armée de mer des Turcs ». « Ce que l'on ne veut pas dire pour blasmer l'entreprise que ledit Empereur fit par cy-devant pour la prise dudit Afrique, mais seulement pour parler selon la vérité de l'issue d'icelle et du bénéfice que la Chrestienté en reçoit, combien que plusieurs Discoureurs de bon jugement et longue expérience ont tousjours dit et crcu que ladite entreprise ne s'estoit faite que pour une particulière ambition, afin qu'ayant fermé le passage de cette Mer de delà... il peust parvenir plus facilement à l'usurpation de la Monarchie de la Chrestienté,

laquelle intention on doit laisser à examiner à Dieu seul » {ibid., p. 358-359). — Aphrodisiiim, Ptolémée, 111, 3, i, était en réalité à une cinquantaine de km. de Mahedia.

Comme les dieux d'Homère, //. XIV, 291 et XX, 74, Jupiter n'emploie pas les mêmes noms que les humains. (M.)

92. Tenue par les chevaliers de Malte et assiégée depuis neuf jours par la flotte turque, sous le commandement de Sinan- Pacha assisté de Salah Rays et de Dragut Rays, Tripoli capitula le 14 août 155 1 après une faible résistance. Gabriel de Luitz, baron d'Aramon, notre ambassadeur à Constantinople qui, rejoignant son poste, faisait escale à Malte, se rendit à Tripoli, à la demande du Grand-Maître, pour faire lever le siège. Le roi de France était, en effet, officiellement le protecteur de l'Ordre. Suivant d'Aramon, Sinan-Pacha refusa, et il dut assister au siège et se contenter d'intervenir en faveur des chevaliers lors de la capitulation. Le Grand-Maître, Juan Omedès, un Espagnol, semble avoir rejeté sur d'Aramon et sur le maréchal Gaspard de Vallières, commandeur de Chambéry, gouverneur, qu'il accusa de trahison, la responsabilité de la capitulation. Le scandale, entretenu par les libelles impériaux, fut si grand que Henri II dut demander, le 30 septembre, au Grand-Maitre, un démenti officiel qui fut rédigé le 17 novembre, mais qui ne devait pas être encore arrivé en France au moment où R. écrit, puisque Villegagnon, qui l'apportait, fut fait prisonnier par les Impériaux et n'arriva qu'au printemps 1552 (Ribier, Mémoires d^ Estât, II, 303-309; Heulhard, Villegagnon, Paris, 1897, p. 50 sq. ; La Roncière, Hist. de la marine fr., III, 504; Romier, Origines, I,

leurs cloches ^^ Bj! ce coing sont les Saxons, Estrelins *5, Ostrogot^ et Alemans, peuple jadis invincible, maintenant abetteibâ ®*, et suhjuguet(^ par un petit

Ligne 125. D, E, F : Estrelius ; G, H, I : Estrelins — 1. 124. H, I : subjugez(

270). Il semble que la place ait été mal préparée à subir un siège (cf. Ribier, op. cit., p. 303). Le Turc respectait d'ordinaire les alliés du roi de France, {ibid., p. 598, et Montluc, Commentaires, éd. Courteault, P., I, 146). Les chevaliers paraissent s'être endormis sur cette assurance. D'Aramon n'avait pas prémédité de livrer Tripoli aux Turcs ; sa mission était de se concerter avec le Grand Seigneur pour la reprise d'Afrique à laquelle collaborerait la flotte française (ib., p. 299); il semble avoir essayé de persuader à Sinan-Pacha de laisser Tripoli pour attaquer Afrique (ib., p. 306-307); celui-ci ayant refusé, il estima que Tripoli serait encore plus utile qu'Afrique [ib., p. 308) — de fait, la nouvelle de sa chute arrêta net les négociations entre Venise et le pape (G. Kupke, Ntmtiaturbericfite, 12, p. 73 — Rome, 17 sept. 155 1) — et dut se résigner facilement, bien qu'il ait prévu le scandale {ib., p. 305) : l'Apologie publiée en décembre par le roi nie effrontément que S. M. ait invité le G. S. à se venger de la prise d'Afrique (Jb., p. 359). R. a eu raison de rapprocher les deux événements — l'opinion publique et l'apologie elle-même (cf. n. 91) n'y manquaient d'ailleurs point, — ,car la flotte turque avait, en effet, appareiUé en mai sur la promesse de l'ambassadeur impérial qu'Afrique lui serait restituée; c'est en voyant que cette promesse n'était pas suivie d'effet qu'elle se tourna contre les Chevaliers de Malte qui avaient joué un rôle distingué dans la prise d'Afrique (Ribier, op. cit., p. 278). On appréciera les euphémismes de R. : maie guarde, qui veut dire aussi bien « mauvaise garde » — ce qui était vrai — que « mégardc, hasard », cf. 1. 44 ; période, qu'il explique : « révolution »,

^r. Déclar., bien qu'il ait déjà employé le mot 1. I, ch. xx,l. 69 et ch. xxxv, 1. 61, et qui est un terme d'astrologie « par où les Averroïstes, et notamment Pomponazzi, désignent l'alternance et le retour de grandeur et de décadence » (Busson, H., Kevue des Cours et Conférences, 15 fév. 1929, p. 390).

93. Jurant, cf. 1. I, ch. xvii, 1. 22; l'expression complète est : renier Dieu, cf. Scarron, Root, com., I, 6, dans Littré, et Furetière : « renieur : qui jure et renie Dieu »; semble récente : Godefroy, Dict., VII, 37 a et X, 542 b, ne l'a pas. (M.)

94. Le 21 août 1548, la Saintonge, l'Angoumois et la Guyenne se soulevèrent contre la Gabelle, l'insurrection dura trois mois; la propagande impériale la dépeignit comme une véritable révolution (Ribier, Mémoires d' Estât, II, 174). Montmorency qui la réprima ordonna, entre autres sanctions, la destruction des beffrois et clochers, et la confiscation des cloches qui avaient appelé les populations à la révolte (26 oct. 1548). En janvier 1549 plusieurs évêques protestèrent. Henri II proclama l'amnistie par lettres patentes d'octobre 1549 : il n'y est pas question de la restitution des cloches; au contraire elles prescrivent aux Bordelais de détruire leur beff^roi. La demande des Gascons est donc postérieure à cette date; Jullian, Histoire de Bordeaux; p. 344, prétend, sans référence, que les cloches furent restituées en 1561. En fait, la plupart furent brisées. Cf. Desaivre, Arcb. histor. du Poitou, XXV, 561 ; Gigon, S. G., La révolte de la Gabelle en Guyenne, Paris, 1906, p. 191 sq. ; Plattard, R. E. R., IV, p. 280. (M.)

95. Les villes hanséatiques, cf. 1. I, ch. XXXIII, n. 81 ; trois d'entre elles, Lubeck,

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