PROLOGUE DE L AUTHEUR
moineaux ^^^ ; puis n'eurent de quoy, en temps de nécessité, soy dejfendre, et 190 vaillamment cédèrent la place et se rendirent à Penne my, qui jà levait son siège comme tout forcené et désespéré, et n' avait pensée plus urgente que de sa retraicte, acompagnée de courte honte. Donne:( j ardre, pl^ Vulcan : esveigle:^^ vos endormi:^ Cyclopes, Aster ope s. Bran te s, Arges, Palypbeme, S ter ope s, Pyracman ^'^'^, mettes^ les en besoigne et les faictes baire d'autant. A gens de jeu ne 195 jault vin e spargner '^'■'^ . Or depeschans ce criart là bas. V^oye^, Mercure, qui c'est et saches^ qu'il demande ».
Ligne 189. I : défendre — 1. 192. I : accompaignée — G : esveille^ ; I : esveile^ vov^ 1. 193. I : Pjragmon — 1. 194. I : besongne — 1. 195. I : despechons
264, etc.), mais rien ni dans les actes de ce personnage, ni dans son évêché d'Imola ou ses autres possessions, ne permet, à notre connaissance, de croire que R. ait pensé à lui, à moins qu'il n'ait simplement voulu ridiculiser la politique de Jules III ; mais, bien que le « Dandin » ait été la bête noire de Jean du BcUay (cf. Introduction, ch. i) on a peine à croire que son nom put devenir le symbole de la Papauté. Les forteresses dont la capitulation a pu ressembler à celle des champions de Dindenarois ont peutêtre été nombreuses; mais il doit s'agir d'un événement qui a fait du bruit : or, lorsqu'en 1544 Boulogne se rendit, une dépêche prétend qu'elle n'avait plus ni poudre ni boulets (cf. Montluc, Commentaires, éd. Courteault, p. 285, n. 2); sa reddition fut un gros succès pour Henri VIII. La paix signée le 24 mars 1550, dont la clause principale était le rachat de Boulogne, l'exécution du gouverneur Jacques de Coucy, sieur de Vervins, décapité le i'"' juillet 1549, avaient ravivé le souvenir de la reddition, mais quel lien peut-il y avoir entre Dindenarois et le nom de Boulogne ? (M.)
152. Bastion plat au milieu d'une courtine, cf. 1. III, Vrol., n. 35, Sainéan, I, 81 et Sources indigènes, I, 170. Tirer aux m. est donc gaspiller sa poudre, soit parce que ces
guérites « de fer bien espez », comme dit Commynes, sont à l'épreuve des coups (Le Duchat suivi par Ménage, Lacurne et Grandjean, L. E. M., Diciiowuzire des locutions proverbiales, Toulon, II, 1899, p. 72), soit à cause de leur rôle accessoire. (M.)
153. Dans cette énumération des Cyclopes ministres de Vulcain (passons sur Polyphème), Rabelais semble cumuler deux listes : celle d'Hésiode {Théogonie, 140) : ItpôvTT,v -ï iTïoÔTTf.v Tï xal 'ApyT.v ô6p:jiô6y;xov et celle de Virgile {Aen., VIII, 425-426) : Ferrum exercebant vasto Cyclopes in antro, Brontesquc Steropesque et nudus membra
[Pyracmon.
Ovide dit presque de même {Fastes, IV, 288) : « Brontesque et Steropes Acmonidesque ». — A^stéropes semblent redoubler Steropes : le nom dit « éclair » (TT^poTir,). Brontes dit « tonnerre » (âpov-r,). Pyracmon dit « feu », et « enclume » (~jp, ity.[xa)v). (S.)
154. Cf. proverbe du xv'' siècle : « Fevres et forniers boivent volunticrs » (Morawski, Proverbes, n» 747); comparer ce prisonnier qui, en 1541, mourut « de faim... pour ce qu'estoit acoustumé à boyrc de vin, luy qui estoit fondeur de cloches » (Biggar, H. P., A collection of documents relating to Jacques Cartier and tbe sieur de Koberval
Mercure reguarde par la trappe des Cieulx, par laquelle ce que l'on dict cà bas en terre il:^ escoutent : et semble proprement à un escoutillon ^'"^ de navire (Icaromenippe disait qu'elle semble à la gueule d'un pui^ ^^^ ; et veoid que
200 c'est Couillatris qui demande sa coingnée perdue, et enfaict le rapport au conseil. « Vrajement, dist Juppiter, nous en sommes bien. Nous à ceste heure n'avons aultre jaciende 1^' que rendre coingnées perdues ? Si fault il luy rendre. Cela est escript es Destins, entende;^ vous ? aussi bien comme si elle valust la duché de Milan'^^^. A la vérité, sa coingnée luy est en tel pris et estimation que serait
205 à un Koj son Kojaulme. C^a, ça, que ceste coingnée soit rendue. Qu'il n'en soit plus parlé. Ke soûlons ^^^ le différent du clergé et de la Taulpeterie de Landerousse ^^". Où en estions nous ? »
Priapus restait debout au coing de la cheminée. Il, entendent le rapport de Mercure, dist en toute courtojsie et joviale ^*^ hanesteté : « Ro)' Juppiter, on
Ligne 197. I : regarde — 1. 199. I : puj-:^ — 1. 200. F : Couillatrix — 1. 201. H : vraiment — 1. 202. H, I : autre — H : faut — 1. 204. I : prix — - 1. 205 . G, H : Royaume ■ — 1. 206. H : Taulpetiere — 1. 208. H, I : il entend — ^1. 209. F : courtoisie — I : au temps
(Publ. of the Public Archives of Canada, n" 14), Ottawa, 1930, p. 291). (M.)
155. Premier ex. de ce mot, emprunté au languedocien escoutilhon, Sainéan, I, 109.
156. « En devisant ainsi, nous arrivons à l'endroit où Jupiter devait s'asseoir pour entendre les prières. Il y avait à la suite l'une de l'autre plusieurs trappes semblables à des orifices de puits et fermées avec un couvercle; devant chacune d'elles était placé un trône d'or... » (Lucien, Icaromenippe, 25, trad. Talbot). Rabelais a déjà fait allusion à l'épisode, 1. II, ch. i, 1. 179.
157. Affaire, ital. facenda, modifié sous l'influence du lat. facienda, premier ex. en fr.
158. Louis Xn avait revendiqué le duché de Milan usurpé par les Sforza, à titre d'héritier de Valentine Visconti sa grand'mère; François I'', héritier de ses droits, reprit la conquête. Le traité de Crépy du 18 sept. 1544 projetait le mariage de Charles
d'Orléans avec la fille de Charles-Quint dotée du Milanais. Le dauphin Henii protesta le 2 déc. devant notaire contre le tort que ce traité faisait au royaume par la renonciation aux droits sur le duché de Milan ; la mort du duc d'Orléans (9 sept. 1545) avait rendu le traité caduc. Au moment où écrit R., les Guise poussent à la reprise des hostilités contre l'Empereur en Milanais. Cf. Romier, Origines, I, p. 8 et 49 sq. ; ZeUer, Réunion, I, p. 79 et 85. (M.)
159. Forme archaïque, analogique de vouions ; les formes alors usuelles sont résolvons, réfect. savante du xiv^ s., ou resoudons de l'Inf. résoudre, Fouché, Verbe, p. 97-98.
160. La Taulpeterie est un couvent, cf. 1. III, ch. XLviii, n. 5, mais Landerousse n'a pas été identifiée, cf. 1. III, ch. m, n. 11.