PROLOGUE DE h AUTHEUR
2ro /emps que, par vostre ordonnance et particulier bénéfice ^^-,festois guardian '"' des jardins en terre, je notay que ceste diction, coingnée, est equivocque à plusieurs choses. Elle signifie un certain instrument par le service duquel est fendu et couppé bojs. Signifie aussi (au moins Jadis signifwit) la femelle biet: à poinct et souvent gtmbretiletolletée ^*^ . E/ veid^ que tout bon compaignon
215 appel loi t sa guarse'^^'" fille de Joye : ma coingnée'^^^. Car, avecques cestuy ferrement (cela disoit exhibent son coingnouoir dodrental^^'' ) il^ leurs coingnent si fièrement et d'audace leurs emmancbouoirs qu'elles restent exemptes d'une paour epidemiale ^"^ entre le sexe féminin : c'est que du bas ventre il^ leurs tombassent sus les talons, par default de telles agraphes. Et me soubvient
220 (car fay mentule, voyre di^e mémoire '^^'^, bien belle et grande asset^pour emplir
Ligne 210. I : gardian — 1. 21 3. D, F, H, I : on fend et couppe boys (H, I : le boy) — 1. 2 14. H : gimbretilletolletée ; I : gimhretilletollettée — F : compagnon — 1. 2 1 5 . D, F, H, I : garse — H : coignée — 1. 216. H, I : congnouoir — ■ I. 217. l : emmachouoirs — 1. 219. H, I : deffault — H, I : souvient — 1. 220. H : voire
162. Bienfait, latinisme usuel, comparer ch. IV, 1. 40 et 45.
163. Gardien, forme provençale; elle est passée en français pour désigner le supérieur d'un couvent de Cordeliers, cf. 1. I, ch. V, 1. 19, Quart Livre, ch. xx, 1. 30 (éd. M.) et, entre autres, Jehan Menard, Déclaration de la reigle et estât des Cordeliers, [Genève], 1542, notamment p. 72; dans ce cas elle calque le latin gardiamis, cf. ibid., p. 182. (M.)
164. Votmé de gimbretiller, fréquentatif de gimberter : « faire l'amour », encore employé en Berry et Blèsois au sens de « sautiller, s'ébattre », et de tolleter, peut-être redoublement de -tiller, Sainéan, II, 311.