A, B, C : furent — A, B, C, H, I
Calvin. » Cartier et ses compagnons se confessèrent et communièrent de même {BrieJ Récit, éd. Beauchesne, p. Ii8) puis allèrent se « présenter au cueur de ladicte église de [Sainct-Malo] devant reverand père en Dieu Monseigneur de Sainct Malo, lequel, en son estât episcopal, nous donna sa bene diction. », ce qui est conforme au Rituale Romaniim, XI, Benedictio peregrinorum. Villegagnon, Jacques Cartier et leurs compagnons, après la messe, ont dû chanter le cantique de Zacharie : Benedictus Dominas Deus Israël avec l'antienne In viam pacis, réciter le Kyrie et le Pater, et l'évêque a dit l'oraison : Deus qui filios Israël per maris médium sicco vestigio ire fecisti, etc. Les voyageurs du xvi^ ne disent point s'ils chantaient au moment du départ, mais le chant en usage est — au moins jadis était — le Veni Creator.
Si R. avait voulu tracer un tableau réaliste, telles étaient les cérémonies qu'il eut dû évoquer. Mais il a écrit 1. 8 « comme en l'esglise primitive estoit louable coustume entre les saincts Christians », il n'est donc pas impossible qu'il ait voulu décrire ici une cérémonie de l'église primitive — ce qui, par ailleurs, s'accorde bien avec 1' « évangélisme », mais lui permettait de s'abriter derrière un souci de « couleur locale ». Le Ps. CXIV, dont le choix pouvait lui être inspiré par l'oraison Deus qui filios Israël, devait donc être en langue vulgaire.
65. Pont. Le mot, d'origine Scandinave {thilja) appartient originairement à la marine du Ponant. (AL)
CHAPITRI. PRliMIliR 79
avaient le pscaulmc susdict chante, feirent de leurs maisons force vivres et vinage apporter. Tous bcurent à eulx. Hz beurent à tous. Ce feut la cause pourquoy personne de l'assemblée oncques par la marine
70 ne rendit sa guorge*", et n'eut perturbation d'estomach, ne de teste. Ausquelz inconveniens ne eussent tant commodément obvié beuvans par quelques jours paravant de l'eaue marine, ou pure "", ou mistionnée avecques le vin "* ; ou usans de chair de coings •"*, de cscorce de citron '", de jus de grenades aigresdoulces " ; ou tenens longue diète "'- ; ou se
75 couvrans l'estomach de papier '^, ou autrement faisans ce que les folz medicins ordonnent à ceulx qui montent sus mer '*.
Ligne 67. H : avoyent — H : pseaiime — A, B, C : avaient chanté le Pseaulme (C : Psealme) susdict — A, B, C -.firent — 1. 67-68. A, B, C : apporter force vivres et vinaigre — 1. 68. H : eux — A, B, C : à eulx, et il-:^ beurent — I : beureut — 1. 69. A, B, C : ce fut — • A, B, C : pour la — 1. 70. A, B, C, I : gorge — A : hestomach — A, B, C : «> de teste — 1. 71. D, E, F, G : au quel-^ ; A, B, C, H, I : aus — I : inconvénients — A, B, C : n'eussent — 1. 72. A, B, C : eau — A, B, C : mixtionnée (B : mixtionéè) — 1. 73. A, B, C : avec — A, B, C : d'escorce ; G : de l'escorce — 1. 74. A, B, C : tenant ; I : tenans — 1. 76. A, B, C, I : médecins — H : ceux — A, B, C : sur mer
66. Vomir. La gorge est proprement la et de vomissements. Le suc de grenades pâture d'un oiseau de volcrie, cf. 1. II, aigres et douces entre aussi dans une forch. IV, n. 17. mule de Galien contre la nausée {Secretorum
67. Les vomissements de la naupathie Liber, in Galeni op., Lyon, Frellon, 1550 inétant bilieux, on conseillait aux navigateurs fol., t. IV, p. 1145). — L'écorce de citron et d'évacuer l'excès de leur bile, avant l'em- le jus de grenades aigres sont des condiments barquement, par ingestion d'un ou deux recommandes comme préventifs du scorbut verres d'eau de mer. (D.) qui sévissait alors sur les équipages pendant
68. « Nausea non poterit quemquam vexare les longues traversées. Observation empi-
[marina rique aujourd'hui confirmée : fruits frais et
Undam cum vino mixtam qui sumpserit ante. » légumes verts renferment en effet une
dit l'Ecole de Salerne. (D.) notable proportion de vitamine anti-scor-
69. Astringente, l'eau de coings entre butique (vitamine C de Funck). (D.) dans la formule antinausécuse de Galien. 72. Pour éviter le mal de mer, faut-il Cf. n. 71. (D.) conseiller le jeûne ou l'ingestion ? Question
70. Entre dans la formule antinauséeuse encore controversée. (D.)
de Galien. (D.) 73. Pour tenir l'épigastre chaud; pcut-
71. Fruit du Punica granattim. Lin., gre- être procédé empirique de compression nadicr. — Hippocrate {Epid., 1. II, sect. 2, abdominale. (D.)
§ I, éd. Littré, t. V, p. 85), conseille le suc 74. Rabelais demeure sceptique sur la
de grenade aux malades atteints de cardialgie vertu des remèdes empiriques qu'il vient
Leurs beuvettes souvent réitérées, chascun se retira en sa nauf; et en bonne heure ''" feirent voile au vent Grec levant, selon lequel le pilot principal, nommé Jamet Brayer"*, avoit designé la routte et dressé la calamité de toutes les boussoles"'. Car l'advis sien, et de Xenomanes aussi feut, veu que l'oracle de la dive Bacbuc estoit près
Ligne 78. A, B, C : firent — 1. 79. A, C : pillot — A, B, C : nommé Jamet Broyer manque — H, I : Jamer Broyer — A, B, C, H, I : route — ■ 1. 80. A, B, C, H, I : colamitte — H : toutes boussoles — A, B, C : ho s soles ■ — 1. 81. A, B, C : fut — A, B, C : dive Bouteille
d'énumérer. Avouons que nous n'avons pas encore découvert le traitement infaillible du mal de mer. (D.)
75. Heureusement, cf. Vrol., n. 37. Les vents sont, en effet, favorables : « Grec Levant » n'est pas à proprement parler un nom de vent ; la « rose des vents » est divisée en trente-deux parties égales ou riimbs, huit d'entre elles portent le nom des vents correspondants, les autres reçoivent des noms composés. Grec-Levant est un nom méditerranéen : « Ceux qui fréquentent la mer mediterranée, comme sont les Grecs et les Italiens, appellent le North : Transmontanc, le Su : Austro, Est : Levant, Ouest : Ponent, North-Est : Grec, North-Ouest :
Maistre, Su-Est : Siroch, Su-Ouest : Garbin, et puis d'iceux composent les noms des autres vents qui sont entre deux » (Fine, Sphère, éd. fr. 155 1, V, vin, p. 57). Grec- Levant correspond au Est-Nord-Est; c'est le vent le plus favorable, le « vent de quartier », qui « permet de se servir de toutes les voiles » (le P. Fournier dans Jal, Glossaire, v° « vent »), pour un bateau qui, de Saint- Malo gagnant la latitude d'Olonne, doit d'abord faire route vers l'Ouest-Nord-Ouest pour contourner la Bretagne et doubler l'île de Bréhat. (M.)
76. Marchand de la Loire, mort en 1533, parent des Rabelais; Jamet R., le frère de François, peut-être, d'après la similitude
des prénoms, son filleul, épousa une parente de sa femme entre 15 18 et 1545 (Marichal, R., Aiélanges Lejranc, p. 187 sq.). Margry et Lefranc, Navigations de Pantagruel, p. 57 sq., ont conjecturé que sous ce nom R. veut désigner Jacques Cartier. (M.)
77. Calamité : « l'aiguinc et quadrant frottée avec la pierre d'aimant » (P. Belon, Obs., 1586, 1. II, ch. 16, p. 201). Primitivement flottait sur l'eau d'un récipient, à l'intérieur d'une paille ou roseau, d'où son nom {calamita, Brunetto Latini, xiii^ siècle). Au début du xvi^ siècle, le pilote Flavio Gioia, d'Amalfi, imagina de la placer en équilibre sur un pivot dans une boîte suspendue par balancier, qui prit le nom de boussole, bossola, cf. 1. I, ch. xxiii, n. 127. (D.) — Dresser la calamité, c'est donner l'angle de marche : l'aiguille aimantée est, en effet, fixée sur une rose des vents de carton qui pivote avec elle. Sur le bord extérieur fixe du boîtier se trouve une croix indiquant la direction de la proue. Pour mettre le bateau dans la bonne direction, « on reconnoit sur une carte marine réduite par quel rumb le vaisseau doit tenir sa route pour aller au lieu proposé — dans l'espèce l'Ouest-Nord-Ouest, cf. n. 75 — et on tourne le gouvernail jusqu'à ce que le rumb déterminé soit vis-à-vis de la croix marquée sur la boîte, » (^encyclopédie, v° boussole). (M.)
CHAPITRli PRIiMIER
le Catay '", en Indic supérieure, ne prendre la routte ordinaire des
Portugualoys '*, lesquelz passans la Ceincture ardente "" et le cap de
Bonasperanza sus la poincte Méridionale d'Africque, oultre l'iEqui-
85 noctial *^ et perdens la veue et guyde de l'aisseuil Septentrional**, font
Ligne 82. A, B, C : route — 1. 85. A, B, C : Portugallois ; H, I : Portugalqys — I : passants - - A, B, C : passans la Zone torride — I : ardante — 1. 84. A, B, C : sur la poincte — H, I : Afrique — 1. 84-85. A, B, C : Equinoctial — 1. 85. A, B, C, I : perdons — A, B, C : ?/ guide du Pol Arcticque — • I : septentrionnal
78. Chine du Nord (mongol Kitaï). On pensait encore généralement que les terres nouvellement découvertes dans l'Atlantique Nord formaient une avancée du Cathay, cf. Jullien, Ijs Français en Amérique, p. 7, Atkinson, Horio^ons, p. 51.