‹ Œuvres. Éd. critique publiéeChapitre 89 sur 258 · Cf. 1. II, ch. XXIV, n. 34 et sq · texte numérisé non relu

Cf. 1. II, ch. XXIV, n. 34 et sq

80. R., en 1548 comme dans le 1. 111, ch. Li, 1. 122, avait écrit x°"^ torride. Zone était ancien et consacré : Ph. de Thaun (xii^ s.), Comput, 401, disait ^one ardente (dans Godefroy, Dict., X, 875); torride est plus récent (xiv^ s. d'après Dauzat, Dict. étym.), mais, semble-t-il, aussi usuel, cf. Fine, Sphère, éd. fr., 1551, p. 14 (1. II, ch. viii) : « régions... appelées vulgairement zones... La première... c'est la z""' torride », cf. aussi Cartier, Brief Récit, éd. Beauchesne, p. 116, et R. explique, Br. Déclar. : « Ceincture ardente : zone torride ». R. a ainsi, à plusieurs reprises, substitué à un latinisme un mot purement français (cf.

Sainéan, II, 65, et Lote, p. 462 sq.), mais le cas est ici différent : c'est le latinisme qui est usuel et sa traduction qui est « savante », cf., outre le texte de Fine : « appellées vulgairement zones » cité supra, J. P. de Mesmes, Lxs Institutions astronomiques, Paris, 1557, n, XV, p. 123 : « Les intervalles et distances célestes, qui sont comprinscs entre les... parallelz, sont nommées par nos maieurs après les Grecs et les latins """"^t 1"' sont cinq grandes et larges ceintures ou bandes ce-

lestes ». Plus que par une préoccupation linguistique, la correction de R. semble inspirée par un souci d'expressivité que traduit l'emploi de l'épithète ardente, très suggestive et presque poétique, au lieu de ^one chaude ou trustée et roustie, ou ceincture rostie et arse de feu qu'emploient Vinet, Spl)aire de Procle, 1544, p. 30 et J. de Sacrobosco. Sphère, trad. 1584, p. 59 et 60. (M.)

81. L'Equateur, dit encore de nos jours « ligne équinoxiale », le mot est ancien et plus usuel (\\i' Equateur.

82. En 1548 R. avait écrit Pol arctique, l'expression, bien que moins ancienne que :(ône ardente, était aussi entrée dans la langue, puisque la Br. Déclar. explique : « Uaisseuil septentrional : pôle arctique ». R. a oublié de corriger 1. 87. Il avait employé arctique, 1. III, ch. Li, 1. I20. L'emploi de mots purement français répond aux mêmes intentions que pour ceincture ardente, toutefois il entraîne peut-être R. à une légère impropriété, cf. E. Vinet, 1m Sphaire de Procle, éd. 1583, in-S", p. 5 : « l'E/x/fw du Monde s'appelle premier diamètre du Monde :

autour duquel diamètre le monde se tourne. Les deux bouts du dit Essieu se nomment les Pôles du Monde ». — Aisseuil : essieu (lat. axilis, a. fr. aissil) : la forme en -euil, qui s'explique, cormne le fr. moderne essieu, par un changement de suffixe, — soit un bas-lat. *axeolus, soit une réfection du singulier sur le pi. aissius — est due à l'analogie

navigation énorme; ains suyvre au plus près le parallèle ^^ de ladicte Indie, et gyrer** autour d'icelluy pôle par Occident, de manière que, tournoyans soubs Septentrion, l'eussent en pareille élévation ^^ comme il est au port de Olone ^^, sans plus en approcher, de paour d'entrer et 90 estre retenuz en la mer Glaciale. Et suyvans ce canonique destour *' par mesme parallèle, l'eussent à dextre, vers le Levant, qui au département leurs estoit à senestre^*.

Ligne 86. A, B, C : suivre — A, B, C : paralelle ; I : parakle — 1. 87. A, B, C : girer — A, B, C, G : iceluy — A, B, C : pol — 1. 87-88. A, B, C : Occident, tant que, tournoyans (C : tournoians) au septentrion — H, I : souh^ — • 1. 90. H : retenn^ — A, B, C : ce régulier destour — 1. 91 . A, B, C : paralelle / H, I : parakle — • 1. 92. A, B, C : leur estoit

yeux-ail : essieus-esseuil, et doit être une forme de l'Ouest : on la trouve chez Passerat, G. Bouchet (dans Huguet, Dict.), et, de nos jours, dans la banlieue du Havre (Wartburg, Fr. Etym. Worterb.). (M.)

83. « Line droicte imaginée on ciel, egualement distante de ses voisines », Br.

Déclar. C'est le premier ex. du mot dans un texte littéraire, mais il est usuel dans les manuels et chez les marins, cf. par ex., Cartier, Brief Récif, cité infra, n. 86.

84. Tourner, terme de la langue maritime {Mémoires de Martin du Bellay, dans Godefroy, Dict., IV, 280), qui n'est qu'une spécialisation d'un emploi plus général, aujourd'hui disparu, mais encore vivant au xvie s. (M.)

85. Latitude. Cf. J. Focard, Paraphrase de l'Astrolabe, 1546, in-8°, ch. xix, p. 71 : « Pour sçavoir par le soleil combien une ville, ou autre lieu ha de latitude, laquelle est autrement nommée élévation de Pôle... » Le mot ne semble pas employé en dehors des ouvrages techniques, il manque dans tous les lexiques. (M.)

86. Les Sables-d'Olonne, chef-lieu d'arr., Vendée, sont à 46° }o' environ de latitude N., ce qui est, à peu de chose près, la latitude de Québec. Le Brief récit de Cartier pouvait apprendre à R. que les terres nouvelles

étaient « soubz le climat et parallelles » de France (éd. Julien, p. 115) et que le « Cap de Lorraine » était à 46° 30', le « Cap Saint Paul », à 47° 15'. Ce sont probablement ces données, les seules de cet ordre du Brief récit, qui ont dicté le choix de R. S'il avait eu sous les yeux ou s'il s'était rappelé le récit du Voyage de 1534, il aurait su, en effet, que le Cap de Bona-Vista, où Cartier toucha Terre-Neuve, était à 48° 30', c'està-dire à la latitude même de Saint-Malo. (M.)

87. Canonique : conforme à la règle. Ne s'emploie qu'au sens ecclésiastique : conforme aux canons de l'Eglise; R. reprend le sens étymologique parce que régulier, de 1548 — qui en est pourtant le strict équivalent, cf. 1. III, ch. XIX, 1. 94 — a probablement pris un sens trop général, même emploi dans le ch. Lxrv, 1. 49 (éd. M.) et 1. III, ch. XXX, 1. 55, ce dernier plus proche de l'usage consacré; cf. aussi 1. I, ch. xxi, I. 70 et II, ch. xxiir, 1. 11. R. est seid à employer cet adjectif dans ce sens. — Destour : circuit, sens attesté par R. Estienne : « Destours et entortillements : volumina sortis humanae » (Pline, VII, 46) dans Godefroy, Dict., IX, 362. (M.)

88. La phrase n'est pas claire; elle s'explique, cependant : il est évident que les voyageurs emprunteront au retour le même

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