LE FILS NATUREL
Air : Dans cette aimable solitude.
U toi qui n'eus jamais du naître , Gage trop cher d'un fol amour, Puisses-tu ne jamais connaître L'erreur qui te donna le jour !
Que ton enfance
Goûte en silence
Le bonheur qui pour elle est fait ;
Et que l'envie,
Toute la vie, Ignore ou taise son secret.
La nature , au nom de ta mère , Va t'offrir ses premiers bienfaits; Un air pur, un lait salutaire, De doux fruits, un ombrage frais.
Que ton enfance , etc.
Renonce au rang , à l'opulence , L'honneur t'en fait la dure loi ; Ne crains pourtant pas l'indigence, L'amour l'écartera de toi.
Que ton enfance, etc.
Souvent une main inconnue T'offrira quelque don nouveau :
En secret une mère émue Viendra pleurer sur ton berceau.
Connais ta mère ,
L'honneur sévère Lui défend de se découvrir :
Mais par tendresse,
Mais par faiblesse , Une mère aime à se trahir.
D'un air plus touchant et plus tendre , Peut-être un jour tu la verras Tour à tour dans ses bras te prendre Et te remettre entre mes bras.
Connais ta mère, etc.