‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 101 sur 269 · V. 1686-88. — Que charretée se hait toute · texte numérisé non relu

V. 1686-88. — Que charretée se hait toute

Au feu l'yver, au bois l'esté...

ACJ, Ye 247 et Marot donnent charreterie (finalement adoptée par Foulet, Romania, t. XLVI (1920), p. 584, n. i); / chartiere; F charité se boit. — Le mot <( chareterie » (Godefroy) semble ne s'appliquer qu'à l'ensemble des harnais d'une bête de somme ; la correction charretée, paraît ici tout indiquée. Charretée, tonneau de vin. « Pour le tonnel de Rochelle 5 sols : pour le tonnel qu'on appelle charetee 7 sols. » Cf. Du Cange, s. v. carrata, carada et charetillus. « Et la lui fut présenté quatre charretées de moult bon vin de par ceulx de Parys. » Journal d'un bourgeois de Paris, p. 139, § 276. Il semble qu'il y ait dans ces deux vers, une réminiscence d'un passage du de Senectute de Cicéron. Villon était beaucoup plus lettré qu'il ne veut bien le dire; et, s'il avait peu lu, — ce qui tenait à la difficulté de se procurer des livres, — il avait été élevé dans les conversations érudites de maître Guillaume et des personnes qui fréquentaient chez lui. Mais alors que Cicéron parle de se rafraîchir seulement la bouche avec un peu de vin, Villon, s'appuyant, il est vrai, sur un proverbe dont il se porte garant, ne parle rien moins que d'une charretée, et d'une charretée qui se boit toute. « Pocula minuta atque rorantia, et refrigeratio aestate, et vicissim aut sol aut

ignis hibernus » (IV, 46). Laurent de Premiefait, qui a traduit ce traité, s'est nîépris sur le sens de cette phrase. Fr. 9186, fol. 322d.

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