‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 105 sur 269 · V. 1701. — Comme fol, fainctif, eshonte · texte numérisé non relu

V. 1701. — Comme fol, fainctif, eshonte

Fol, ce sont, outre ceux-là qui font l'objet même des lettres royaux alléguées ci-dessus, ceux qui jouaient les sotties : le « fou » et le « sot « « désignent perpétuellement et indifi'crcmment le même personnage. » (Petit de JuUeville, Hist. du Théâtre en France, p. 52). Cf., en outre, la note au vers 1980 du Testament.

— Fainctif a, semble-t-il, le sens de « dcsguisez de diverses manières d'habits «(Lettres royaux ci-dessus) et couverts d'un masque « ad imitationem illorum joculatorum qui fcrunt faciès depictas que dicuntur artifcia gallice, cum quibus ludunt et homines deludunt. » (Etienne de Bourbon (édit. Locoy de la Marche), n» 279, p. 231). — On trouvera une très curieuse représentation de ces déguisements dans la miniature

venant traduire la description d'un « chalivali » (fr. 146, fol. 34!'), et qu'on lit dans le Roman de Faiivel. (Cette miniature a été reproduite au trait, bien imparfaitement, par Victor Fournel dans son ouvrage Les Rues du vieux Paris (1881), p. 227.) Quant au charivari lui-même (donné à une veuve remariée), il est ainsi décrit dans le Roman de Faiivel :

Desguisez sont de grant manière :

Li uns ont le devant d'arrière Vestuz, et mis leur garnemeuz ; Li autre onft] fait leur paremenz De gros saz et de froz a moinnes.

Li uns tenoit une grant poelle, L'un le havet, le greil et le Pesteil ; et l'autre un pot de cuivre ; Et tuit contefesoient l'ivre; L'autre un bacin, et sus feroient Si fort que trestout estonnoient.

Li uns avoient tantins a vaches Cousuz sus cuisses et sus naches, Et au dessus grosses sonnetes, Au sonner et hochier claretes ; Li autres tabours et cimbales,' Et granz instrumenz orz et sales, Et cliquetes et macequotes Dont si hauz brais et hautes notes Fesoient, que nul ne puet dire.

(Cité par G. Paris, dans YHist. Utt. de la France, t. XXXII (1898), p. 146.) Ce passage est une interpolation du fr. 146, due à Chaillou de Pesstain, au poème de Gervais du Bus. Cf. l'édit. d'Arthur Lângfors, p. 165, V. 697 et suivants.

— eshontei, cyniques, sans vergogne. Sous le couvert d'un déguisement ou d'un masque, les fous n'en étaient que plus hardis et impudents dans leurs écarts de paroles et de gestes. « Le répertoire forain des bateleurs, écrit Arthur Magnin, se reconnaît à la platitude de la composition, à l'excessif désordre du texte, et surtout de la versification joincte à un surcroît d'obcénités dans le langage. » Journal des Savants, 1858, p. 267.

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