V. 1764. — De cresme, fromentee ouri
Il y avait la « cresme fricte » et « les darioles de cresme. » La recette en est donnée dans Taillevent. (T. I, p. 62 de l'édit. Pichon et Vicaire). De même pour la Jromentee. En voici la recette d'après le fr. 19791 (xive siècle) et l'édition incunable, sans date, également publiée par Pichon (t. I, p. 90) ; et celle aussi donnée dans le lat. 6707 (xve siècle). La rédaction de cette recette diffère d'une manière sensible dans les trois textes, suivant en cela l'évolution des goûts qui changent selon les époques. Le texte de l'incunable, plus rapproché de Villon que le texte du ms. du xive s. de Taillevent qui donne vraisemblablement la leçon originale, semble, par suite, devoir être préféré. — « Formentee. — Prennes forment bien esleu, puis le mouilliés de eaue tiède et le liés en un drapel ; puis bâtés du petail dessus, bien fort, a tant qu'il soit tout espouillié, et lavés très bien en eaue, et quant il sera très bien cuit, si le pures et prennes lait de vache bouUi une onde, puis metés cuire dedans vostre forment, et tirés arrière du feu et remués souvant,et filles dedans moyeux d'uefs grant foison; et qu'il ne soit pas trop chaut, quant l'en les filera dedans, et remués dedans, puis fines espices et saffran un pou, et doit estre un liant et jaunet; et aucuns y metent de l'eaue de la venoisson. » Bibl. nat. fr. 19791, fol. 7 v". (De l'édit. Pichon, t. I, p. 15-16). — « Fromentee. — Y fault cuire le froment premièrement, et quant le froment est bien cuit et essuyé, il fault mettre hors du feu pour le laisser refroidir affin qu'il boive bien son eaue, et puis fault mettre le lait boullir, et puis quant le lait commencera bouUir, mettre le froment dedans, et quant on verra qu'il aura boullu, qu'on aye des eufz entregetez très bien batuz pour le lier, et qu'on ne le lye pas tropt chaud, car les eufz ardroient ; et s'il est tropt chaud, mettez dedans une pleine poelle de eaue froide. » Lat. 6707, fol. 185. — « Fromantee. Pour faire fromantee, prenés froment espeaultré et esleu très bien, et si n'est pas espeaultré, qu'on l'espeaultre ; et lavés très bien avant que de mettre cuire, et puis le faictes cuire en ung pot longuement, et le laissés rasseoir, et prenés du lait raisonnablement pour vostre froment tant que vous en ayés assés, et le mettes avec le froment, et le mettes boulir en ung pot, et gardés bien a la ramuer qu'il n'arde. Et après, prenez des oeufz et les entrejeciés selon que le pot sera grant, et coulez les moyeux d'eufz, et quant il seront coulés, mettes le pot a frement et le lait hors du feu, et prenés du lait et le boutés avec les eufz, et jectés les eufz dedans le froment et le lait tout ensemble, et le démenés fort, et gardés que le lait ne soit trop chault.
car vous ardriez les eufz par quoy la fromentel seroit blessée et ne seroit pas belle ; et mettes du sel et foyson sucre » (édit. Pichon, de l'exemplaire LigneroUes, t. I, p. 90). La recette domiée par le fr. 19791 et l'incunable est seule due à Taillevent ; celle du lat. 6707, le même qui a fourni la recette des « souppes jacopincs » (Test. 1162), n'est pas du célèbre queux de Charles V, mais tn dérive.
— ou ri\. — « Pour ris, prenés du ris, et lavés, et prenés du layt de vache ou d'amandes plumées, et le layt de vache faictes bouillir qu'il soit cuit, et mettes ung bien peu de saffran pour luy donner couleur et du sel pour le gouster. ;> (Édit. du xv-^ s., dans Pichon, t. I, p. 59).
CLII. — C'est aux trépassés que Villon fait ce legs qu'il communique à toutes les juridictions du royaume, à ces juges intègres, déclare-t-il ironiquement, qui pour la chose publique « se seichent les os et les corps. » Que Dieu et les inquisiteurs de la foi, les redoutables fils de saint Dominique, absolvent les trépassés !