‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 127 sur 269 · V. 1805. — Sans le lai-^ maistrc Alain Chartier · texte numérisé non relu

V. 1805. — Sans le lai-^ maistrc Alain Chartier

Dans quelques mss. d'Alain Cliartier cette pièce est qualifiée de lay. (Cf. l'édition Duchesne, p. 503).

Je laisse aux amoureux malades Qui ont espoir d'allégement Faire chansons, ditz et ballades Chascun en son entendement.

Romania, t. XXI (1892), p. 429-430. Christine de Pisan emploie, à propos d'Amours, les deux termes « enfermes » et « maladifs ».

Souvent les larmes, Tant ne povoit estre constant ne fermes Que couvrir peust les tresameres armes Qu'Amours livre a cculz qu'il rend trop enfermes Et maladis.

Œuvres poétiques (édit. Roy), t. II, p. 56. — Le huitain de Villon a été imité dans une pièce du Jardin de Plaisance (Bibl. nat. Rés. Ye 169) :

Oultre au pied de la tombe aura

Ung rommarin qu'on plantera.

Et tout autour, belle parvanche ;

Affin que qui pour nous priera.

Ou un de profiindis dira,

En ait pour loyer une branche. (fol. 2^6'^).

(La pervenche était l'herbe employée d'ordinaire dans les incantations amoureuses. Cf. Du Cange s. v. liberalitas : ViUon lui, donne « ung petit brain d'esglantier » ; est-ce parce que sa fleur, l'églantine, est l'emblème de la poésie ?) — On ne voit pas bien, tout d'abord, le lien qui relie ce huitain au précédent (CLIV) d'allure gaillarde, et au suivant (CLVI) qui concerne le même monde de filles. Villon n'est sans doute pas sans faire réflexion que ce milieu de créatures perdues est, en somme, celui qu'il fréquente et où il vit, faute de mieux, mais

laissant son cœur vide et inassouvi. Aussi se mêle-t-il pour un moment, par la pensée, à ces amants « enfermes », malades d'amour, et se recommande-t-il à leurs prières. Après quoi, ce regret furtif exprimé, il reprend la note gaiement sarcastique de ses plaisanteries, et trace la silhouette d'un certain type de fiancé à perpétuité, jouissant de quelque fortune et partagé entre ses velléités matrimoniales et son avarice naturelle.

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