V. 191 5. — Mais il:!; seront de saint Eslienne
Expression proverbiale, « elles seront en pierre », en souvenir des pierres dont fut lapidé so.\n\. îilxtnnQ {Acta Apost . , VII, 58-60). — En écrivant ce vers, Villon avait sans doute en l'esprit le remarquable tympan du portail du croisillon nord de Notre-Dame de Paris, devant lequel il avait dû souvent s'arrêter dans ses flâneries à travers la ville, et où le martyre de saint Etienne est représenté. Ce souvenir n'évoque toutefois chez lui qu'un calembourg. Au siècle précédent, Dante (1265- 1321) avait également contemplé ce tympan, et l'impression produite sur lui aurait été si forte qu'il dépeignait dans son Purgatoire (XV, 109- II 3) le martyre du saint d'après ce tympan, et non d'après la tradition, si l'on en croit M. F. Romani, Raccoltà di studii criticî dedicata ad Alessandro d'Ancona (Florence, 1901, in-8°), p. 539-542, avec la reproduction photographique du tympan ; cf. également Louise Pillion, Les Sculpteurs du XIII^ siècle (Paris, 191 3, in-80), p. 1 12 /'/V, planche XIV, etc. — (En effet, on n'a pas de preuve absolue que Dante soit venu à Paris. « La base de cette croyance est extrêmement fragile », écrit M. Hauvette qui a fait une étude particulière de la question, Dante, inlrûduction à l'étude de la Divine Comédie (Paris, 191 1), p. 164; et surtout, du même critique. Grande Revue (25 juin 1809), p. 749 etsuiv.). — A rappeler que l'église Saint-Benoît comptait, parmi ses huit chapelles, celle de saint Etienne (Berty-Bertrand, Région centrale de V Université, p. 88). Enfin, en face de l'aile nord de l'église Saint-Benoit, s'élevait une maison à l'enseigne de V Image Saint Estiennc, et qui, vraisemblablement, rappelait le martyre du saint. (Cf. Schwob, Rèd. et Notes, p. i). — Dans la Bible historiée, ms. du xiv^ s. exécuté en Angleterre, et particulièrement intéressant pour la symbolique, figure saint Etienne, représenté debout, tenant deux pierres, en forme de galet, dans la main droite, et un livre dans la gauche. Fr. 400, fol. 28. Dans les Quarante Fouquei de Chantilly publiés par Gruyer, c'est une pierre commune que tient saint Etienne dans sa main droite (pi. i).