V. 1961. — Guillaume du Ru j'y comniet
Dans le « Registre de la Confrarie de la Concepcion de la glorieuse vierge Marie aux marchans et vendeurs de vins a Paris » établie en l'église Saint-Gervais (i 394-1 564), figure par deux fois, comme gouverneur de ladite confrérie, Guillaume du Ru. Peut-être l'a-t-il été davantage, car il existe une lacune dans le ms. (Arsenal, 2263) pour les années 1457-15 11, lacune qui remonte au xv*; s., comme il est déclaré au fol. 73. « Tant a cause de ce que l'on a party devant, couppé et esté malicieusement, sept feuUetz de ce présent livre avant qu'il fust cotté par nombre... » Voici le début des deux notices concernant Guillaume du Ru : « Guillaume du Ru, marchant de vin et bourgois de Paris, l'un des maistres et gouverneurs de ladicte confrarie, qui a eu le gouvernement d'icelle pour un an fini au jour de siège, l'an M CCCC cinquante deux, pour lequel an il rendi compte et fu icelui veu, oy et
examiné es présences de (fol. 65 ro). « Guillaume du Ru dessus
nommé qui a eu le gouvernement de ladicte confrarie pour un autre an fini au jour du siège l'an Mil cccc liij, icelui lequel an il rendit compte et fut icelui veu, oy et examiné es présence de ... » Ibid., m. fol. — Guillaume du Ru est également cité au fol. suivant (65 v»^), comme l'un des examinateurs du compte de Nicolas le Charron (1454), marchand de vins. — Dans le ms. original des dépenses faites par Tanneguy du Châtel, premier écuyer de corps, pour les obsèques de Charles VU, et signé par Jouvenel des Ursins, chancelier, er Pierre
Doriole, conseiller et général sur le fait des finances dudit feu roi (14 sept. 1461), figure Guillaume du Ru sous cette mention : « A Guillaume du Ru, bourgois demeurant a Paris, Colas Doulcet xxlvii s. VII d. t. pour les restituer de semblable somme qu'ilz ont paiee pour la despence de bouche des Ixiiii hommes tant henouars que porteurs qui portèrent le corps dudit feu seigneur de l'église Nostre Dame des Champs jusques a l'église Nostre Dame de Paris, et d'illec a saint Denis, comme des xxiiii crieurs d'icelle ville de Paris. Pour ce xxl. VII s. vil d. t. » Fr. 10372, fol. 7 vo. (Sur Guillaume du Ru, cf., en outre, la notice dans P. Champion, t. II, p, 379.)
V. 1964-65. — Trop plus mal me font quoncques mais Penil, cheveidx, barbe, sourds.
Ces deux vers sembleraient être quelque peu en discordance avec les deux vers 1896- 1897 du Test., mais il n'en est rien. Villon se plaint ici des vives souffrances qu'il ressent en ces mêmes parties du corps. On a parlé de la syphilis qui, dans les cas graves, provoque une alopécie générale, ne se limitant pas au cuir chevelu, mais affectant aussi les sourcils, les cils, les poils de la barbe et du reste du corps. Celte alopcrie générale survenait également dans la lèpre, encore fréquente au xve siècle. Toutefois les indications données par Villon sont trop sommaires pour qu'on puisse établir le diagnostic précis de son mal. Il est beaucoup plus probable qu'il provenait des abus auxquels il s'était livré, des misères et des privations de sa vie errante, et du régime débilitant des prisons où il passa de longs mois de son existence. Cf., ci-dessus, la note relative aux vers 1896-1897 du Test.
Penil, cheveulx, barbe, sourds.
Leçon de F {sourcil^) : cette disposition des mots est évidemment meilleure que celle de ACI où on lit : Barbe, cheveulx penil, sourds. (Cf. Test. 1895, et Poés. div., XIV, 24.)
V. 1966-67. — Mal me presse : est temps désormais Que crie a toutes gens merci s.
Mal me presse temps est désormais, leçon de FI où il suffit de déplacer le verbe est et de le mettre après temps pour avoir un vers correct. Dans C, est a été omis ; quant à ^ le vers a été refait. La Monnoye a donné le texte adopté ici. Mal me presse rappelle le Et ecce prémuni te niala tua du livre des Rois, XVI, 8. Dans la Farce des Chamberieres (Viollet-le- Duc, Ancien théâtre franc., t. II, p. 439), on lit ces vers :
Je pers le boire et le menger Aloi'S que le mal me presse.
— A rapprocher des deux vers de Villon cet autre vers du Test. :
Je sens mon ctierqui s'affoiblil... (785).
Crier merci r= demander pardon. « Et finalement ladicte Velizon... est alee de vie a trepassement, et — en elle confessant — crya mercy a tous ceulx a qui elle avoit mesfait... » Lettres de rémission (143 1), dans Longnon, Paris pendant la domination anglaise, p. 329. — « Hz se repentirent de leurs meffaiz, et crièrent mercy a Nostre Seigneur. » Orose,ir. 15455, fol. 72b (xve s.).
Je crie a Dieu de mes forfais mercy !
Deschamps, t. III, p. 271, bal. 556, v. 23, etc., etc.
Balade [dite de mercy, 1968-1995].