V. 2005 . — Car chassie fut comme ung souillon
Ce vers rappelle celui du Lais : Qui m'a si dtireinent chassie (v. 74). — Dans ce huitain et les suivants, Villon parle de lui comme s'il était mort, aussi reprend-il la première personne : Et je croy bien que pas n'en ment. Il dédouble, en quelque sorte, sa personnalité. De là le vers 2018 : C'est de qiioy nous esmerveillon, qu'on peut d'ailleurs interpréter par « c'est de quoi on s'émerveille ». (Sur nous = on, cf. Romania, t. XIII (1884), p. 424-425 ; et t. VII (1878), p. 109-110.)
V. 2014-15. — Qui plus, en mourant, mallement Uespoii^noit d'Amours Vesguillon.
La même idée se retrouve dans Rcnaut de Louhans parlant d'« Orpheus » :
Car l'aiguillon d'Amours le point.
(Fr. 578, fol. 41*); et, antérieurement, dans le Roman de la Poire :
Et Amors m'aguillone et point.
Li Romans de la Poire zum ersten Maie herausgegeben von Fr. Stehlich (Halle, 1881, in-8°), p. 50, v. 619. — A noter que Pétrarque avait dit : . . . amorose vespe | Mi pungon. (Rime in vita di Laura, son.CXCI). — Le même Pétrarque, dans son traité De sut ipsius et multorum igno-
raniia, emploie la même expression. « Te livoris aculeus pupugit. » Édit. L.-M. Capelli, Bibl. litt. de la Renaissance, t. VI (Paris, 1906), p. 30. Cf. mon vol. Villon et Rabelais, p. 161 et notes.