POÉSIES DIVERSES
L— Balade [1-37].
Cette ballade n'est connue que par le fr. 833 (fol. 193») contenant un choix des Œuvres d'Alain Chartier. Ce ms. n'est d'ailleurs que la copie de la deuxième édition sans date imprimée à Paris (circa 1494) par Pierre Le C baron pour Anthoine Vérard (Bibl. nat. Rés. mz 16-18) et qui donne, au premier vers, au lieu de bersaudei qu'on lit dans la première (Paris, 5 septembre 1489, Bibl. nat. Rés. Ye 30-51, Pellechet, no 3529) — despoiirveii- (de même dans la troisième édit. (circa 1499), despourveui (Rés. Ye 32-33, Pellechet, 3528). Elle figure également dans le Jardin de Plaisance, compilé après 1501, et qui l'a empruntée, vraisemblablement, à la seconde édit. d'Alain Chartier. Dans les trois édit. incunables où elle figure, la présente ballade a été restituée à Villon sur le vu de VEnvoi qui donne en acrostiche le nom de Villon, ce qui ne saurait être, à la vérité, une preuve absolue d'authenticité. (Cf. Bijvanck, Essai, p. 217 et 221 ; Romania, t. XXI (1892), p. 429.) Dans les trois édit. susdites d'A. Chartier la ballade de Villon est suivie immédiatement de quatorze vers empruntés au Roman de la Rose (édit. Langlois, t. Il, v. 4615 et suiv.), vers qui figurent également dans le fr. 833, au dernier feuillet.
Cette ballade, des plus médiocres, quoi qu'on ait pu dire, oflfre toutefois un certain intérêt pour la biographie morale du poète à cette époque de sa vie où, encore honnête homme, ou plutôt n'ayant pas encore rompu entièrement avec tout sentiment d'honnêteté, en dépit de ses déplorables fréquentations, il s'élève, non sans pédantisme, contre les « folz abusez, plains de descongnoissance ». Œuvre de début, qui décèle des influences livresques et le souci d'imitation didactique à la façon d'Alain Chartier. Plus tard, mais avec quelle verve, cette fois, Villon reprendra la même thèse dans sa Balade aux En/ans perdus, et leur donnera des conseils quelque peu cyniques, mais affranchis, du
moins, des niaiseries sentimentales qui déparent la première. — Cette ballade a été publiée par du Chêne dans son édition des Œuvres d'Alain Chartier{i6ij, in-4°), p. 721.
V. 1-2. — Hommes faillis, despourveiq de raison, Desnaturei et hors Je congnoissance.
A rapprocher ces deux vers du début de la ballade 825 d'Eustache Deschamps :
Homs hors de sens, plains de forçonnerie, Tristes, dolans, chetifs et malostrus.
(Œuvres, t. IV, p. 542, v. 1-2. — Cf. également le troisième dizain de la ballade 117s, t. VI, p. 125.)