V. 8. — ■ L'orribleté qui a honte vous maine
Uorrihleté. Ce mot était très fréquent alors : « L'horribleté du temps » (Deschamps, t. VIII, p. 128, v. 41) ; et ailleurs. « La seconde consideracion sera de l'orribleté du péché de homicide. » Olivier Maillard, fr. 1794, fol. 48 vo et 49 x°. — « Espouvantés de l'orribleté de ceste beste. » Fr. 24865, fol. 217 vo, etc.
r. 19. — Dont a la fin ses poiiis doloreux tort.
.\u moyen âge, on se tordait les poings et on battait ses mains en signe de deuil ou de violent chagrin :
Et tort ses poinz et bat ses paumes...
Chrestien de Troyes, Li Romans don chevalier au lyon (édit . Wilhem Ludwig Holland, Hanovre et Paris, 1680, in- 8°), p. 63, v. 141 5 ; (de l'édit. de 1862, p. 59, m. v.). — « ... tuit, et petit et grant, braioient et ploroient a haute vois, batoient leur piz et leur testes, tordoient leur poinz, esrachoient leur cheveus, esgratignoient leur visages, et disoient : " Las! las ! lasl Li rois et si frère et toute leur compaignie sont tuit perdu ! » Récit de la bataille de Mansourah par Jean Sarrazin, dans le Recueil des Historiens occidentaux des Croisades, publié par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. II, p. 607. — « Et lors ont veu venir devant eulx une demoiselle chevauchant, plorant et cryant, tant comme elle puet... si venoit bâtant ses palmes et tordant ses dois et rompant ses cheveux qu'elle avoit cler et luisans. » Fr. 2154, fol. 21, etc.
v. 23. — Farcer, tromper, artifier poison.. .
— Farcer a ici le sens de « décevoir », comme on dit encore vulgairement « faire, jouer une farce à quelqu'un ».
— Artifier poisoji, a le sens de « composer, préparer des poisons ». C'est le Lociista artifex veneni de Tacite {Annal. XII, 66). — Cf. La Confession maistre Jehan de Bar qui fut ars a Paris pour ses arts magiques (fr, 25552, fol. 313), et l'arrêt suivant de la Cour de Parlement :
« Veu par la Court le procès fait a l'encontre de Katherine Grant pour raison de ce qu'elle a fait mourir feu Jaquemart Bignon, son mari, par poisons a luy baillez par plusieurs foiz et propos délibéré, avec les lettres de remission obtenues du roy par ladite Katherine. Dit a été que la Court déclare lesdites lettres de remission subreptices, obreptices, incivilles et desraisonnables, et, nonobstant icelles, condamne icelle Katherine a estre traynee sur une claye jusques ou devant du Chastellet de ceste ville de Paris et, d'illec, estre menée au Marché aux Porceaulx, et la estre brullee et mise en cendre ; et déclare ses biens confisquez » (vie juillet 1464). Dupuy 250, fol. 65 v° ; fr. 5908, fol. 116 \°.