V. 21-22. — Se je peusse vendre de ma sauté
A ung Lombart, usurier par nature...
On connaît le joli huitain de Clément Marot en imitation de cette ballade : Puisque le Roy a désir de me faire... (Œuvres, édit. Jannet, t. I, p. 199; Epit. XXX). Jehan Marot, son père, dans une ballade « présentée a monseigneur le trésorier Robertet » s'est également inspiré de la présente requête de Villon. En voici la deuxième strophe :
Et, comme dit Villon en ses brocars, De ma santé je vendrois aux Lombards, Voire mes ans, se argent vouloient produire. Puis mes Angloix, plus ardans que lyepars. Me vont chercher en tant de lieux et pars Que plus ne scay quelle part je doy suivre.
Je cuvde, moy, que povreté se tire
Vers escripvains par destinacion :
Doncque pour muer la constellacion
De mon malheur, j'ayme mieulx vostre signe
Que Capricorne, Thaurus ne Scorpion ;
Car je scay bien que pour salvacion
Du mal que j'ay argent est médecine.
Fr. 1721, fol. 7 vo. — Le terme de « lombard » était synonyme d'« usurier. » Cf., « sur le fait des lombars usuriers », Ordonnances, t. II, p. 19, et 441 n., Du Cauge s. v. Langobardi ; de même Viticipit du fr. 6759, fol. I : « C'est le compte de Jehan de Rampillon, receveur des debtes des Lombars usuriers, depuis le V*^ jour d'octobre l'an mil ccclxij qu'il fut institué oudit office de par le roy nostre sire... »