‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 198 sur 269 · V. 29. — Mais s' une fois la vraye ni'apparotst · texte numérisé non relu

V. 29. — Mais s' une fois la vraye ni'apparotst

Après avoir fait allusion aux croix de bois ou de pierre placées aux carrefours des chemins, Villon équivoque assez irrévérencieusement sur la vraie croix, celle frappée au revers des monnaies. Il est possible qu'il ait songé aussi, en écrivant ce vers, à la croix miraculeuse qui était apparue à Bayonne, en 145 1, événement qui avait eu par toute la France un retentissement extraordinaire (cf. Vallet de Viriville, Hist. de Charles VU, p. 216, n. 2). Aux nombreux témoignages allégués par les contemporains, on peut joindre le suivant de Guillaume Tuisselet, de l'abbaye de Saint-Victor, témoignage inséré par le Rev. P. Jean de Thoulouze dans ses Antiqiiitatum regalis Abbatiae Sti Victoris libri dnodecim. Déjà depuis plus de deux mois, les troupes royales assiégeaient inutilement la ville de Bayonne, lorsque le vendredi, 20 août 1451, apparut au-dessus de la ville une croix miraculeuse. « Dominus volens ostendere virtutem suam et quod in ditione sua cuncta sunt posita, ostendit in die sancti Bernardi abbatis Clarevallensis, feria sexta, hora quasi septima de mane, mirabile signum Crucis. Nam aère existente in illa hora clarissimo et bene expurgato, apparuit ibidem quaedam nubicula in qua videbatur una grandis Crux alba, sita super villam de Bayonne ex latere Hispaniae ; et hic stetit sine eundo aut movendo se per spatium fere unius horae et, prout asserunt qui viderunt, in principio erat admodum unius crucifixi et corona super

caput ejus, quae quidcm corona versa est in florem lilii. Et istud mirabile signum visum est quasi au omnibus ibidem existentibus, et praecipue ab illis de civitate qui erant pars adversa, qui contiuuo se reddiderunt ad nutum dominorum liic existentium ex parte régis. Et sic Dominas gloriose, et quasi miraculose post niulta flagella univit regnum Franciae, Cui laus, honor, virtus, potestas et imperium sit per infinita saecula saeculorum. Amen. » Lat. 14677, fol. 430 v". — La note relative à Guillaume Guéroult, Prince des Sots, et donnée ci-dessus (Tesl. 1078), concerne précisément les réjouissances et la procession publique d'actions de grâce qui eurent lieu à Paris, à l'occasion de l'apparition de la Croix, à Bayonne et de la reddition de la ville qui s'en suivit : « Fut fait procession generalle en l'église sainte Geneviève, le 6 juillet de la dite année (145 1), suivant la lettre du ro}'. Mr le prevost des marchans et eschevins y assistoient accompaignés de bourgeois, assistés de dix sergens de la ville a qui a esté payé 22 s. p. pour diner ensemble après la ditte procession. » N. acq. fr. 3242, fol. 10.

Page 1