V. 71. — Benoist celle qui vos porta
F. Brunot cite des exemples qui montrent que l'invariabilité du participe passé au début de la phrase, se rencontrait avec ou sans le verbe être, comme dans le vers de Villon :
Benoit soit l'eure k'en mes flans fut portée.
(Aliscans, v. 2842, collect. des anciens poètes de la France, t. X, p. 86.) — Venu a la congnoissance du Roy la mutacioit faicte en novembre (Commynes, Mèni.,\, 8]),etc. Hist. delà langtie française. .., t. I, p. 478. Cette tendance à laisser invariable le participe placé en tête de la proposition remonte au xie siècle. (Bonnard-Salmon, Grammaire sommaire de Vancien français, p. 62.) Un autre exemple se trouve dans Villon, Poés. div., XV, 7 (Chanté me fut ceste omelie). — Le vers de Villon est une réminiscence du verset de saint Luc : Beatus venter qui te portavit (XI, 27), que s'était rappelé Dante : « Benedetta colei che in te s'incinse » (Jnfer., VIII, 45) ; et que Littré, dans sa traduction « en vieux langage français » a rendu dans les mêmes termes que Villon :
Soit beneoite celé qui te porta.
LEnfer, p. 99. — « O benoite Vierge Marie qui portas le benoit fruit de vie. » Fr. 1404, fol. 169 (ms. du xv<; s.).