V. 7. — Danceurs, sauteurs faisans les pie::^ de veaux
« Faire ou trousser le pied de veau », to make an untowardlie or clownish leg, or clowishly to lift up the leg in dancing. » Cotgrave s. V. veau.
Ceaz qui sevent les jambes encontremont jeteir.
Qui sevent tote nuit rotruengcs canteir,
Ki la mainie funt et sallir et danceir,
Doit hom a iteil gent lo bien Deu alloweir ?
Poème moral du XIII^ siècle, publié par Wilhelm Cloetta (Erlangen, 1886, in-S"), p. 231 (quatrain 517). Le titre du chapitre : Ke gran^
pechie:^est de âotiiieir as jugiOis et es lechcors, et ke grande ahnone est de bien faire as poi'res (p. 250). — Cf. également la note de M. P. Champion, t. II, p. III, n. 6. — (A rapprocher la sanglante satire que fait La Bruyère du comédien Bauchamp, danseur de l'Opéra, qu'il désigne sous le nom de Cobus « le sauteur Cobus qui jetant ses pieds en avant, tourne une fois en l'air, avant que de tombera terre ». Cf. également la satire qu'il fait de Baron (Roscius), et de Dracon (Philebert) et des grandes dames de la Cour qui en raffolaient, dans le chap. des Femmes.)
— Danceurs, sauteurs.. ., ce sont les acrobates, les saltimbanques, les comiques représentés par nos clowns modernes « qui transfigurant corpora sua per turpes saltus et per turpes gestus », comme l'écrit Thomas de Cabham dans sa Sumina de poenitentia (cï. plus haut, p. 47 1). Villon a sans doute en vue les clercs goliards, composés d'étudiants paresseux, fêtards et buveurs, en qui les repues franches trouvaient des recrues toujours prêtes ; gens d'esprit, certes, mais manquant peut-être de sérieux et de tenue. Cf. les nombreux textes cités par Du Cange s. v. goliardus.