‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 217 sur 269 · V. 13. — Conrens, alai'S, francs de faiiJx or, d'aloy · texte numérisé non relu

V. 13. — Conrens, alai'S, francs de faiiJx or, d'aloy

G. Paris préconise la correction courens (Roniania, t. XXX (1901), p. 382, mais écrit courans dans son François Villon (p. 11). La forme ici adoptée est celle de C, source unique.

— Courens, alans correspondent à l'expression moderne « aller et venir ». « Li lièvres... Assez corut, assez ala. » (Rustebeuf, De Chariot ft du fuif p. 120, V. 23). — Allusion à la vie errante des jongleurs et des ménestrels, obligés de trouver presque chaque jour une nouvelle clientèle, comme de nos jours encore, les troupes de comédiens qui font des tournées théâtrales en province. — Allusion également à ces scurrae vagi, à ces chanteurs nomades qui vont chantant leurs chansons en langue vulgaire, à ces clercs désignés au moyen âge sous le nom de goliardi avec toutes les nuances, d'ailleurs péjoratives, qu'il comporte. Villon, avec la manie d'équivoquer qu'on lui connaît, n'est certainement pas sans avoir songé aussi aux baccalarii cursores de la Faculté de théologie (cf. Du Gange s. v. baccalarii et la dernière citation de la présente note). Il était une autre classe se rattachant aux goliards, c'était celle des Martinets, ces écoliers errants « vagi scolares, vulgo Martineti... qui de collegio in collegium discurrebant », comme le dit Du Boulay, Hist. Universitatis parisinis., t. V, p. 658. Le 7 octobre 1463, la Faculté des arts à laquelle avait appartenu Villon, devait publier un règlement contre ces écoliers errants. En 1488, Gharles VIII abrogeait la fête des Martinets. Robert Goulet testis oculatus dont Du Boulay rapporte les paroles, s'étend sur cette mesure qui avait pour but de ramener à des mœurs honnêtes ces écoliers « de impudicis histrionibus efFrenatisque joculatoribus, incompositis mangonibus atque inverecundis saltatoribus ». T. V, p. 785. Comme on le voit, Golet était de ces censeurs qui savaient mal farder la vérité.

— francs de faulx or, d'alloy = « légers d'argent » comme dira Beaumarchais. — Dans le Tractatus de tribus dietis vie paradisi, écrit

anonyme du xiil^ siècle, où il est fréquemment fait allusion à Robert de Sorbon, on relève un passage concernant les étudiants de l'Université de Paris, et dont les termes peuvent être rapprochés de ceux ici employés. « Notandum quod Parisius non reputatur scolaris qui non vadit ad scolas in septimana bis vel ter, vel qui solum audit lectiones cursorias et non ordinarias. Non repctitur a magistro aliquo si capiatur a preposito vel offîciali, et ponatur in Castellato (sic) vel in carcere alio. Quomodo reputabitur scolaris qui non vadit nisi semel vel bis ad scolas confessionis in anno, et qui nunquam confitetur nisi cursorie, scilicet currenJo et transeundo, sicut gallus super prunas, solum aliqua peccata in grosso dicendo, et multa omittendo?... » (Lat. 14883, fol. 166 vo, ms. du xiiie s.). Cf. Xot. el extr. des mss. de la Bibl. nat., t. XXXIII, (fe part.), p. ICI. (Sur l'expression sicut gallus super prunas, cf. n. acq. fr. 1048, fol. 166.)

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