‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 233 sur 269 · V. 27. — Sa personne par moy Jitt envlimee · texte numérisé non relu

V. 27. — Sa personne par moy Jitt envlimee

Le vers signifie « Alexandre fut empoisonné par moi. » — Sa personne constitue une périphrase fréquente dans l'ancien français. On a vu (Test. 85) le mot corps employé explctivement pour désigner l'auteur lui-même.

Alexandre fu roys puissant...

Mais il conquist, poi li valut ; Envenimez fu, si morut.

Roman de Rou, cité par Du Cange s. v. vencnare.

— Envelimee dans C, en faisant mentalement la syncope du second e muet, comme au vers 16 12 du Test, — velinieiix(C) pour vlivieux.

v. 28-29. — Alphaxar roy, en champ, sous sa haniere Rué jus mort ; cela est inavuuiicre.

« Qu'est devenu Arphaxat le roy tresorgueilleux ? il fut tout esperdu comme seroit fumée. » Fr. 953, fol. 8 (xve s.). Cf. le chap. i*"" du Liber Judith dans V Ancien Testament.

— Rué jus, locution = renversé, jeté à terre.

Et ruer jus emmi la voie...

Meliador (Fragment), Romania, t. XX (1891), p. 409, v. 108. — « Et par especial je me esmerveillay par quelles manières, par quelles voyes et par quelles causes soient cheuz de hault en bas les nobles hommes que j'ay comtez cy devant, et qui ont esté ruez jus pour ce qu'ilz avoient atainné dame Fortune contre eulx mesmes. » Extrait des cas des nobles hommes et des nobles Jevimes de Boccace,{r. 15219, fol. 71 v". — « Les gens de Breiaigne avaient rué jus et tué le conte d'Arondel. » F.. 8334, fol. 354 (Journal de Jean Foulquart (an. 1489), etc. On disait aussi : ruer à terre. Cf. Deschamps, t. V, p. 96, v. 26.

— cela est ma manière, locution :

J'en maine tout, cela est ma manière.

La Danse macabre aux charniers des Saints-Innocents dans Paris et ses historiens..., p. 295. — Dans VEstrif de Fortune et Vertu, cette dernière s'adressant à Fortune, à propos du tyran Policrates, lui dit : « Vray est, mais en sa grasse félicité, assez il cognoist vostre manière. » Fr. 11 50, fol. 158.

V. 30-3 1 . ^4 et C donnent ici deux vers qui sont une grossière interpolation se trahissant d'elle-même ; ils riment en dray au lieu de rimer en aîndre :

Ainsi l'ay l'ait, ainsi le maintendray, Autre cause ne raison n'en rendray.

— Ces vers manquent dans P (ne rendray A).

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