V. 27. — Aux champs debout comme une espie
« Pendu dans les champs comme un épieur de chemins. » — espie est indistinctement des deux genres, au xve siècle. — Sur les « espieux de chemins »,cf. Ordonnances, t. XI V, p. 510; et /a Chronique scandaleuse, t. I, p. 182. — Cet envoi évoque le souvenir du passage suivant des Cent Nouvelles nouvelles. « Geste complaincte au prevost faicte, le compaignon encusé de ce crime (viol) fut en l'heure prins et saisi ; et, au dict du commun peuple, ne valoit gueres mieulx que pendu au gibet, ou, sans sa teste, au vent sur une roe, emmyles champs faire les monstres. » XXV^ nouvelle (édit. Th. Wright), t. I, p. 134. — {Faire les monstres correspond à r« espoventail » du Franc Archier de Baignollet, et aussi au vers de Villon.) — De même, le rédacteur de la Chronique scandaleuse, rapportant le supplice, de Perrette Mauger, condamnée par le prévôt R. d'Estouteville « a souffrir mort et estre enfouye toute vive devant le gibet, écrit : « Incontinent ledit rapport fait, fut envoyée exécuter aux champs devant ledit gibet (le gibet de Montigny) par Henry Cousin, exécuteur de la hauhe justice audit lieu de Paris. » T. I, p. 4-5 (an. 1460) ; et fr. 5908, fol. 104 v", à la date du 22 novembre 1460.
XVI. — Autre balade (La louenge que Jeisl Villon a la Court quant il fut dit que il ne mourroit... (F)).
Villon, après avoir vu commuée en bannissement la peine capitale qu'il avait encourue, remercie la Cour et la prie de vouloir bien lui accorder un délai de trois jours pour dire adieu aux siens et réunir un peu d'argent.