Prompsault, p
3. Hervis von Met:(, publié par E. Stengcl, Dresde, 1903, in-8" (Gesellschaft fi'ir roinanische Literalur, Band i), d'après les niss. de Paris (Bill, nationale, fr. 19160; Bibl. de l'Arsenal, no t8i), et le ms. de la Bibl. royale de Turin, ms. aujourd'hui détruit dans l'incendie survenu pendant la nuit du 25 au 26 janvier 1904.
Vez ci ma fille qui tant a de biauté
Conseilliés moi pour Dieu de maïesté!
(Fr. 19160, fol. i« ; de l'imprimé p. 3, v. 57, 61.)
Les barons engagent le duc à marier sa fille à son prévôt, homme très riche, qui paiera les dettes de son maître, devenu son beau-père :
La vostre fille Aielis o vis cler A vo prevost la vos covient doner Por la grant dete dont lestes endetté.
(Fr. 19160, fol. 2», de l'imp., p. 6, v. 119-121.)
Le mariage eut lieu, et de cette union naquit un fils qui fut appelé Hervi. Celui-ci, à la suite de circonstances romanesques, épouse ce la bêle Biatris », dont voici la généalogie :
La damoisele, seignor, que je vos di Elle fu fille au riche roi de Tir Qui dous roiaumes avoit a maintenir, Costantinoble celé mirable ci.
Ses frères fu Flores li roi gentis Qui Honguerie avoit a maintenir.
Icil fut pères Bertain ' o le cler vis
I. Bertain (v. 622) est le cas régime de Bette, cas sujet. « Flores [Floires]fut le frère de Bïatris et le père de Bertlie au beau visage. Le riche roi Pépin épousa cette dernière et, de ce mariage, naquit Charles, le roi puissant. » Dans la geste Renaud de Montauhan (l'oncle d'Ogier le Danois), Charlemagne fait une déclaration analogue :
Ja fui fius Pépin, issi com vos savés.
Et Bertain la roïne qui tant ot le vis cler. (G. Paris, Hist. poétique de Charlemagne, Paris, 1865, in-S», p. 231.) Quant à « Bïatris », sa beauté était remarquable :
Bïatris ont el palais amené,
Le sien cors ot richement acesmé.
Dex que fut gente la bêle a regarder !
De cors, de membres, de vis et de biauté.
Sa per n'avoit en la crestïenté ;
N"en paienime ne la puist on trouver !
(Fr. 19160, fol. 7b ; de l'imp., p. 32, v. 750-755.)
Que prist a femme li riches rois Pépins, Dont issi Karles, li rois poesteis Qui tantes terres conquist sur Sarrasins, Et de tant rois la coroneabati...
(Fr. 19160, fol. 6a-b; de l'imp., p. 26, v.6i6 et suiv.).
Berthe aux gratis pies était donc la nièce de Biétris qui était la bru d'AIis. Voici donc nos trois héroïnes figurant dans la même geste; il y a tout lieu de penser que c'est dans Hervi de Meii que Villon est allé les prendre. (Cf. t. II, les Notes, p. 151.)
Haremhurgis qui tint le Maine, Et Jehanne, la bonne Lorraine...
Ce n'est plus à des traditions orales que Villon a pris son « Haremburgis » mais au recueil des Gesta pontificum Cenomannensium qu'un hasard, sans doute, avait mis sous ses yeux. Le mérite de cette identification revient à Auguste Longnon qui, le premier, a produit letepcte des Gesta \ « Cujus consecrationi interfuit comes Andegavi, scilicet Fulco Fulconis filius et venerabilis comitissa uxor ejus Aremburgis, filia comitis Heliae quam paterno jure comitatus Cenomanensis contingebat. » Joseph Grandet, dans son étude sur Eremhiirge, comtesse d'Anjou^, qu'il avait écrite d'après différentes sources réunies dans le tome XII de dom Bouquet, mais plus spécialement sur les Gesta compris dans ce même volume, n'a pas eu l'idée de ce rapprochement. En outre, dans ce travail, l'auteur a le tort de n'appuyer d'aucune référence les faits qu'il allègue.
Il cite uniquement, pour la date de la mort d'Erembourg, le Chronicon duplex monasterii Sancli Alhini Andegavensis publié par Labbe dans le tome premier de sa Bihliotheca nova (I, 277), coranie s'il voulait dérouter le lecteur et lui dérober l'origine des sources qu'il a consultées ; car ce Chronicon est également publié, et plus correctement, dans le tome XII des Reriim Gai-