Romania, t. XXX (1901), p. 352, n. i
2. Revue de r Anjou et de Maine-et-Loire (Angers, 1855, IV^ anné€), t. I, p. 369-372.
licarum et Francicarum Scriptores de dom Bouquet'. Enfin Grandet, dans un détail qu'on ne rencontre nulle part, assure qu'Erembourg « avait de grandes qualités de corps et d'esprit^ ». Or ces mérites, peut-être très réels, ne lui sont attribués dans aucune des chroniques angevines que l'auteur a consultées. Il ne faut donc prendre cette phrase que comme une amplification de rhétorique. Villon poursuit son évocation par la grande et sublime figure de Jeanne 3,
QiCEnglois brûlèrent a Rouan !
Dans ce dernier trait où Villon atteste sa reconnaissance pour « la bonne Lorraine », en même temps qu'il affirme son patriotisme, on retrouve le poète qui, aux plus mauvaises heures de sa vie, avait toujours conservé un cœur bien français. C'est le même qu'on verra, devant les trahisons qui marquèrent les derniers temps du règne de Charles VII et les débuts de celui de Louis XI, vouer aux plus affreux supplices l'être dégradé « Qui mal vouldroit au royaulme de France ! » Il termine enfin sa ballade par ce refrain, d'une si douce mélancolie :
Mais ou sont les neiges d'autan ?
A tous ces titres, la Ballade des dames du temps jadis de Villon reste comme le joyau du poète. La forme en est à peu près parfaite, et justifie l'estime particulière dont elle jouira toujours auprès des gens de goût.
1. Recueil des historiens des Gaules et de la France (Paris, 1685, in- fol.), t. XII, p. 480 c. — Le passage topique sur Erembourg est à la page 551. Cf. aussi V Index onomasticus, p. 223 (Aremburgis, Eremburgis).