‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 260 sur 269 · liid., t. I, p · texte numérisé non relu

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4. Auguste Yltu, Le Jargon du AT* sicclc, étude philologique. Pains, 1884, in-S".

à Schône', à d'Alheini ^ et à J. de Marthold 5 sont là pour en témoigner; mais, après les déclarations de Francisque Michel 4, qui assure avoir renoncé à interpréter le Jargon et celles de M. Sainéan, le philologue et le linguiste le plus autorisé dans la matière, et qui constate qu'en dépit des investigations réitérées la plus grande partie du lexique reste indéchiffrable', il était prudent de s'en référer à l'opinion d'un si bon juge. En effet, faute d'une méthode rigoureuse et d'une éducation grammaticale très solide, les conjectures qui paraissent le mieux fondées aux yeux de leurs auteurs risquent le plus souvent de sombrer dans le ridicule, alors que l'abstention — pleinenement justifiée en pareil cas, — écarte cet inconvénient. Longnon, dans sa seconde édition, a suivi le conseil de G. Paris, et n'a pas publié le Jargon qu'il avait donné dans la première, en l'accompagnant d'un lexique où, très sobre d'hypothèses, il s'en tient aux faits acquis, sans chercher à expliquer ce qu'il n'entendait pas.

Il importe toutefois de mentionner le travail de feu René-F. Guillon sur Les ballades en jargon du ms. de Stockholm et qui a été publié par les soins de M. K. Sneyders de Vogel, à Groningue, en 1920. Le D'' René-F. Guillon est le même qui a donné des deux vers du Testament de Villon (1671-2) :

Si vous alez a Montpipeau Ou a Ruel, gardez la peau. . .

la seule explication qui s'impose et que personne, avant lui, n'avait soupçonnée. 11 a établi un texte critique des cinq bal-

1. Lucien Schône, Le Jargon et le johelin de François Villon. Paris, 1888, in-8°.

2. Pierre d'Alheim, Le Jargon johelin de Fiançois Villon. Paris, 1892, in-i2.

3. Jules de Marthold, Le Jargon de François Villon. Paris, i895,in-i8.

4. Francisque Michel, Etudes de philologie comparée sur V argot (Paris, 1856, in-8''), p. viii de V Introduction.

5. U Argot anàen (145 5- 1850). Paris, 1907, in-8°, p. 8 de V Introduction.

lades du ms. de Stockholm qu'il a fait suivre d'une interprétation à laquelle pourra se reporter le lecteur K

Avant d'aborder les ballades de Villon, il importe de savoir le sens exact du mot jargon. Un des affiliés du procès de Dijon va nous le donner. « Et est vrai, comme dit, que les diz Coquillars ont entre eulx un langaige exquiz que aultres gens ne scevent entendre, s'ilz ne sont révélez et aprins, par lequel langaige ilz congnoissent ceulx qui sont de ladite Coquille, et nomment proprement oudit langaige touz les faiz de leur sexte » (Déposition de Perrenet le Fournier, p. 91). C'est ce langage « exquis», particulier et spécial, révélé par le procès de 1455, et le plus ancien document de quelque étendue sur les langues secrètes en France, qu'a employé Villon dans les sept ballades qui suivent ; c'est ce jargon qu'il avait appris dans la fréquentation des Coquillards dont deux de ses amis, au moins, nous sont connus, Régnier de Montigny et Colin de Cayeux (Colin l'Escail- 1er) comme il est appelé dans la seconde ballade du Jargon, laquelle nous renseigne, en outre, sur son supplice survenu le 26 septembre 1460. Quant à Régnier de Montigny, condamné trois ans plus tôt par le prévôt de Paris « a estre pendu et estranglé » (9 septembre 1457), l'arrct avait été confirmé par la Cour, et exécuté le 15 septembre suivant (Dupuy 250, fol. 41 v°; fr. 5908, fol. 89 v°). — La définition du mot Jargon et celle du mot Johelui est empruntée à M. Sainéan : « Jargon, nom de l'argot ancien à partir du xiiF siècle, époque où l'on rencontre ce mot avec ce sens spécial, au nord et au sud de la France, sous les variantes gargon et gergon » (^Les Sources de r Argot ancien, t. II, p, 377). — « Langue à la fois secrète et artijïcielle, voilà les caractères essentiels de l'ancien argot »

I. Voici le titre de cette étude qui a paru dans la Neophilologiese Bibliotheek : François Villon H Les ballades en Jargon || du manuscrit de Stockholm II Essai de restitution et d'interprétation || précédé d'une introduction || suivi || de notes et de commentaires, d'un index des noms Il propres et d'un glossaire étymologique || par le || Dr. René-F. Guillon II publiées par les soins de K. Sneyders de Vogel |i Bij. J. B. Wolters. Groningen, den Haag, 1920.

Çlbid., p. 378). — « Jobelin, nom du jargon au xv« siècle; parfois le nom plus complet jargon jobelin » {Ibid., p. 381). — Le mot jobelin avec le sens de « paroles artificieuses » propres à décevoir les niais, était passé dans la langue courante :

Les hoirs du defïunct Pathelin Qui sçavez jargon jobelin.

{Les Repues franches, v. 18-19) '> ^^ Coquillart :

Les ungz par leur fin jobelin Fournissent à l'apointement ;

Monologue des Perruques, t. II, p. 292, et dans le Vergier dlmineur :

Chascun joue du Pathelin Chascun sçait bien son jobelin.

Aujourd'hui le sens du mot jobard est « niais » qui se laisse prendre à des « paroles artificieuses ». — Jobelot, dans l'ancien dialecte artésien, signifiait « un homme de rien, un homme sans aveu » homo nihili cl couiemptu digmis. Cf. Du Cange s. v. jobagines, et le passage, par lui cité, d'une lettre de rémission datée de 1454. Que le jobelin ait été quelquefois pris pour le langage des jobelots, la chose n'est pas impossible. Voici une dernière définition de ces deux vocables jargon, jobelin relevés dans le curieux extrait suivant de La Graiit Deablerie d'Eloi d'Amerval, contemporain de Villon, dont il connaissait pleinement les œuvres et qu'il se rappelle plus d'une fois.

Comment le dyable est pcrc de toute avarice et déception (liv. I'-'', chap. 22, fol. Ciii'^).

(C'est Satan qui s'adresse à Lucifer) :

Tous bobans, pompes, vanitez.

Avarices, cupiditez, Frauldes, cautelles, tromperies, Baratz, faussetez, tricheries, Toutes finesses qui se font Aujourdhuy, aval et amont,

Ne les ay je pas inventées

Et a mes mignons présentées ?

Respons, dy, teste de belin.

Tout jargon et tout jobelin

Et tous laiigaiges contrefait^,

Villain, ne les ay je pas fais

Pour niieulx enseigner mes trompeurs?

penten ung grans tas de pipeurs

A parler en mode couverte,

Affin que ne soit daconverte

Etcongneue leurpiperie.

C'est ung songe, une dyablerie

Des maulvaistiez que je fais faire ;

Tous meschans gens de pute affaire,

De vie et de nom trop infâmes.

Tous boutefeux, forceurs de famés,

Guecteurs de chemins et brigans

Sont mes mignons les plus fringans.

Il ne fault pas dire autrement

Tous crocheteurs semblablement

Et tous ces gentilz couppebourses,

Dy moy donc de quoy tu te courses

Tant a moy, villain friponnier.

Cent fois plus noir qu'ung charbonnier! »

Une vingtaine d'années plus tard, Geoffroy Tory, dans son Champ Fleury (avril, 1529), déclarait en parlant de la langue française a qu'il y a trois manières d'hommes qui s'esbastent et efforcent a la corrompre et difformer. Ce sont escumeurs de latin, plaisenteurs et jargonneurs ». Et, à propos de ces derniers, il poursuit : « Tout pareillement quant jargonneurs tiennent leurs propos de leur malicieux jargon et meschant langage, me semblent qu'ilz se montrent seuUemement (^zV) estre dédiez au gibet, mais qu'il seroit bon qu'ilz ne feussent oncques nez. Jaçoit que mestro François Villon en son temps, y aye esté grandement ingénieux, si toutesfois eust il mieulx faict d'avoir entendu a faire aultre plus bonne chouse. Mais au

fort. Fol qui ne foUie pert sa raison. J'alleguerois quelque peu du dict jargon, mais pour en éviter la meschante cognoissance je passerai oultre, et dis que je vouldrois que telz corrompeurs d'honneste langage fussent si avysez et sages, qu'ilz pensassent que ung homme qui veult estre véritablement intime en pure vertus, doibt tousjours et en tous lieux faire et dire chouse qui soit belle, bonne et honneste » (dernier feuillet liminaire, 2" préface). Cf. mon volume, Études sur Rabelais, p. 339 et suiv. — « Dixi hodie mane de lingua fraudulatoria. Et credo quod les Jargonneurs gallice, portatores reliquiarum, caphardi et mensuratores vultuum, ymaginum, saepe commedunt de isto pastillo. » Maillard, Sermones de Adveniii (Paris, 1511), fol. 48 h {Sermo XVI). Au colophon : Sermones in sando Johanne de Gravia proclamati anno Domini M.CCCC.XCIIII » (fol. 112 d). Les six ballades du Jargon publiées par Pierre Levet dérivent directement ou par des intermédiaires, d'un prototype inconnu. Les éditions du xv« siècle n'ont fait que reproduire ce texte avec nombre de variantes et vraisemblablement d'erreurs qu'il était inutile de relever, vu le caractère secret de la langue dans laquelle il est transcrit. C'est donc le texte de Levet qui seul est donné ici, sans variantes, avec, au glossaire, quelques remarques de détail et ne touchant pas le fond. La septième ballade qui présente le nom de Villon en acrostiche, à l'Envoi, provient, comme on sait, du ms. de Stockhohii : on y a joint, du même ms., la quatrième ballade, qui offre, avec la première ballade publiée par Pierre Levet, des rapprochements laissant à penser qu'on serait en présence d'une rédaction soit antérieure soit postérieure, ou simplement d'une réplique. Le lecteur appréciera.

Ballade (I)

A Parouart, la grant mathe gaudie, Ou accoliez sont duppez et noirciz Et par anges suivant la paillardie

Sont greffiz et prinz cinq ou six.

La sont bleffleurs au plus hault bout assis 5

Pour le evaige et bien hault mis au vent Eschequés moy tost ces coffres massis Car vendengeurs des ances circuncis S'en brouent du tout a néant.

Eschec, eschec pour le fardis. 10

Brouez moy sur gours passans,

Advisés moy bien tost le blanc Et pictonnés au large sus les champs.

Qu'au mariage ne soiez sur le banc

Plus qu'un sac n'est de piastre blanc 15

Si gruppés estes des carieux

Rebignés tost ces enterveux

Et leur montrés des trois le bris

Qu'enclavés ne soyés deux a deux.

Eschec, eschec, pour le fardis ! 20

Plantés aux hurmes voz picons De paour des bisans si très durs Et aussi d'estre sur les joncs Enmahés en coffres en gros murs Escharicés ne soies point durs 25

Que le grant Can ne vous face essorez Songears ne soies pour dorer Et babignés tousjours aux ys Des sires pour les desbousés.

Eschec, eschec pour le fardis ! 30

Prince froart, dis arques petis L'un des sires si ne soit endormis Leués au bec, que ne soies greffiz

Et que vos empz n'en aient du pis.

Eschec, eschec pour le fardis ! 55

Ballade (II)

Coquiilai's en arvans a Ruel,

Meii ys vous chante que gardés

Que n'y laissez et corps et pel,

du'on fit de Colin l'Escailler

Devant la roe a babiller 40

Il babigna pour son salut

Pas ne scavoit oingnons peller

Dont l'amboureux luy rompt le suc.

Changés, andossés souvent

Ht tirés tout droit au temple 45

Et eschicqués tost, en brouant

Qu'en la jarte ne soiez emple.

Montigny y fut par exemple

Bien ataché au halle grup

Et y jargonnast il le tremple, 50

Dont l'amboureux lui rompt le suc.

Gailleurs faitz en piperie

Pour ruer les ninars au loing

A l'assault tost, sans suerie,

Que les mignons ne soient au gaing 55

Farci d'un plumbis a coing

Qui griffe au gard le duc Et de la dure si tresloing Dont l'amboureux luy rompt le suc.

Prince, erriere de Ruel éo

¥a n'eussiés vous denier ne plue

Qu'au giffle ne laissez lappel

Pour l'amboureux qui rompt le suc.

Autre ballade (III)

Spelicans

Qui en tous temps 65

Avancés dedans le pogoiz

Gourde piarde

Et sur la tarde Desboursez les pouvres nyais, Et pour soustenir vo2 pois 70

Les duppes sont privés de caire

Sans faire haire

Ne hault braire Metz plantez ilz sont comme joncz Par les sires qui sont si longs. 75

Souvent aux arques

A leurs marques Se laissent tous desbouses

Pour ruer

Et enterver 80

Pour leur contre, que lors faisons La fee les arques vous respons Et rue deux coups ou trois

Aux gallois.

Deux ou trois 85

Nineront trestout au frontz Pour les sires qui sont si longs.

Et pour ce, bevards,

Coquillars Rebecquez vous de la montjoye 90

Qui desvoye

Vostre proye Et vous fera du tout brouer

Par joncher

Et enterver

Qui est aux pigons bien chair 95

Pour rifler

Et placquer Les angelz de mal tous rons.

Pour les sires qui sont si longs.

De paour des hurmes 100

Et des grumes Rasurez voz en droguerie Et faiene, Et ne soiez plus sur les joncs Pour les sires qui sont si longs, 105

Autre ballade (IV)

Saupicquez fronans des gours arques

Pour desbouses beaussire dieux

Allés ailleurs planter voz marques.

Bevards, vous estes rouges gueux.

Berart s'en va chez les joncheux iio

Et babigne qu'il a plongis

Mes frères, soiez embraieux

Et gardez les coffres massis.

Si gruppés estes desgrappez

De ces angels si graveliftes, 115

Incontinant mantheaulx et chappes

Pour l'eniboue ferés éclipses

De vos farges serés besifles

Tout de bout nom pas assis

Pour ce gardés d'estre griffez 120

En ces gros coff'res massis.

Niaiz qui seront attrapez

Bien tost s'en brouent au halle

Plus n'y vault que tost ne happés

La bauldrouse de quatre talle. 125

Destirés fait la hirenalle Quant le gosier est assegis Et si hurcque la pirenalle Au saillir des coffres massis.

Prince des gayeuls les sarpes 130

Que voz contres ne soient greffiz Pourdoubte de frouer aux arques, Gardés vous des coffres massis.

Autre ballade (V)

Joncheurs, jonchans en joncherie

Rebignez bien ou joncherez 135

Qu'ostac n'embroue vostre arerie

Ou accollés sont voz ainsnez

Poussez de la quille et brouez

Car tost seriez rouppieux.

Eschec qu'acollez ne soies 140

Par la poe du marieux.

Bendez vous contre la faerie

Quant vous auront desbousés

N'estant a juc la rifflerie

Des angelz et leurs assosés 145

Berard, se vous puist, renversez

Si greffir laissés voz carrieux

La dure bien tost renversés

Pour la poe du marieux.

Entervez a la ffoterie 1 50

Chanter leur trois sans point songer Qu'en astes ne soies en surie Blanchir voz cuirs et essurgez Bignés la mathe, sans targer

François Villon. — III. 22

éyO FRANÇOIS VILLON

Que voz ans n'en soient ruppieux 155

Plantés ailleurs, contre siège assegier Pour la poe du marieux.

Prince bevardz en esterie

Q uerez couplaus pour l'amboureux

Et, au tour de vos ys, luezie léo

Pour la poe du marieux.

Autre ballade (VI)

Contres de la gaudisserie

Entervez tousjours blanc pour bis.

Et frappés en la hurterie

Sur les beaulx sires bas assis 165

Ruez des fueilles cinq ou six

Et vous gardés bien de la roe

Qui au sires plante du gris

Et leur faisant faire la moe.

La giffle gardés de rurie 170

Que voz corps n'en aient du pis

Et que point a la turterie

En la hurme ne soies assis

Prens du blanc, laisse du bis

Ruez par les fondes la poe lyj

Car le bizac avoir advis

Fait aux beroars faire la moe.

Plantez tost de la mouargie

Puis ça, puis la, pour l'urtis,

Et n'espargne point la flogie i8a

Des doulx dieux sue les patis.

Vos ens soient assez hardis

Pour leur avancer la droe

Mais soient memoradis

Qu'on ne vous face faire la moe. 185

APPENDICE 67 r

Prince, qui n'a bauderie Pour eschever de la soe Danger de grup en arderie Fait aux sires faire la moe.

Ballade (VII)

(Ms. de Stockholm LUI, fol. 26 v°).

Brouez, benards, eschequez a la saulve, 190

Car escornez vous estez a la roue.

Fourbe, joncheur, chacun de vous se saulve, Eschec, eschec, coquille si s'enbroue !

Cornette court, nul planteur ne s'i joue ! Q.ui est en plant, en ce coffre joyeulx, 195

Pour ces raisons il a, ains qu'il s'escroue, Jonc verdoiant, havre du marieux.

Maint coquillart, escorné de sa sauve

Et desbousé de son ence ou poue,

Beau de bourdes, blandy de langue fauve, 200

Quide au ront faire aux grimes la moue,

Pourquarre bien afïîn que on ne le noe

Couplez vous trois a ces beaulx sires dieux,

Ou vous aurez le ruffle en la joue

Jonc verdoiant, havre du marieux. 205

Qui stat plain en gaudie ne se mauve.

Luez au bec que l'en ne vous encloue !

C'est mon advis, tout autre conseil sauve.

Carquoy ? aucun de la faulx ne se loue !

La fin en est telle comme deloue : 210

Car qui est grup, il a, mais c'est au mieulx,

Par la vergne, tout au long de la voue,

Jonc verdoiant, havre du marieux.

<!jive David ! saint aichquin la baboue ! i-,ehan, mon amy, qui les fueilles desnoue, 215

t^e vendengeur, beffleur comme une choue, oing de son plain, de ses flos curieulx 20e beaucop, dont il reçoit fressoue, Jonc verdoiant, havre du marieux.

Comme il est facile de le constater, le texte des six ballades publié par Levet est des plus fautifs et des plus altérés : les mots défigurés, les vers faux, les rimes inexactes abondent. Longnon, dans sa première édition, avait grandement amélioré ce texte ; P. Champion en a donné une transcription critique à laquelle il convient de se reporter. Il est toutefois des erreurs matérielles qui sautent aux yeux et qu'on doit corriger sans hésiter ; mais ces corrections ne pouvaient trouver place qu'en note, le texte donné ici étant annoncé comme la reproduction exacte de celui de Levet, avec la ponctuation en plus. Voici quelques émendations qui semblent s'imposer. Indépendamment d'un certain nombre de vers faux, syllabes ajoutées ou manquantes (v. 11, 31, 51, 70, 139, 174, 185), il y a des mots estropiés dans le texte et qu'on peut aisément rétablir : vers 5, bleffleurs, lire beffleurs ; 13, pictonnés, /. pietonnez; 19, enclavés,/, enclaus ; 24, enmahés en coffres, /. enmalés en coffres; 26, essorez, /. essorer ; 46, eschicquer, /. eschecquer, eschequer ; 66, l'appel, /. la pel ; 88, 109, 158, bevards, /. benards ; 95, chair, /. cher ; 106, fronans, /. frouans ; 119, nom pas, /. non pas; 182, sue les patis, /. sur 1. p., etc.

A rapprocher de la ballade I de Levet la ballade IV du fac-similé du ms. de Stockholm, fol. 25 v°.

En Parouart, la grant masse ' gaudye

Ou acoUez sont caulx et agarciz,

Nopces ce sont, c'est belle mélodie :

La sont beffleurs au plus haut bout assis,

Et vendengeurs, des ances circoncis, 5

Comme servis sur ce jonc gracieux,

Dance plaisant et mes délicieux.

Car Coquillart n'y remaint grant espace

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