‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 59 sur 269 · V. 1482. — // iiest trésor que de vivre a son aise · texte numérisé non relu

V. 1482. — // iiest trésor que de vivre a son aise

A rapprocher ce refrain de celui de la ballade 1258 de Deschamps : « Car il n'est rien qui vaille franche vie », t. VI, p. 278; et ces vers du Roman de la Rose :

Ou puet l'en querre meillor vie Que d'estre entre les bras s'amie.

(t, III, p. 87,%'. 16076-77.) V. 1495. — De gros pain bis vivent, d'orge, d'avoitte...

« Ils vivent de gros pain bis fait d'orge, d'avoine... » ; coupe qu'on retrouve dans ces deux passages de Villon : Ung traict but devin niorilicvi (Test. 2022); Sans drap vestir de linge ne de laine (Poes. div. IV, 17). Cf. Du Cange s. v. panis asper ; panis bisns. Jusqu'à la Révolution française, le paj'san n'a guère connu que le pain de seigle, d'orge et d'avoine, simple ou niélaugé. Le pain de froment était celui des riches. (Cf. Du Cange s. v. panis f ru menti et panis de Truset.) En janvier 1482, le Parlement enjoignait aux boulangers de Paris « faire pain de trois sortes ». « C'est assavoir pain blanc de Chailly de xii onces; pain bourgois de deux livres et pain de brode de six livres », avec facilité que « les achapteurs les puissent, se bon leur semble, peser. » Fr. 5908, fol. I54r°. Cf. également Du Cange, s. v. panis de Chailly; panis de Broda. — Le xvii^ siècle est l'époque où la misère du paysan atteignit, en France, ses dernières limites. « Les paysans (écrit La Bruyère dans un passage justement célèbre) se retirent la nuit dans des tanières où ils vivent de pain noir, d'eau et de racines » (De F homme). La situation du paysan français était à peu près la même du temps de Villon, et le tableau qu'en trace de visu Sir John Fortescue, en 1464, ne laisse pas d'être lamentable ; et pourtant, 'ajoute cet observateur sagace, les paysans français habitent l'une des plus fertiles régions de la terre ! « But verely thai liven in the most extrême povertie and miserie, and yet dwellyn thai in on the most fertile reaume of the worlde.» Tbe Gavernance of England (éd. Plummer, Oxford, 1885, in-8°), chap. m, p. 114(1461- 1464). On aurait pu lui objecter que la guerre atroce menée par les Anglais en France en était, en grande partie, la cause. — Cf. Gaguin, Epistole et oraliones, t. II, p. 489-490, 495-494, où de nombreux documents contemporains, de première main, se trouvent réunis. — Dans la Moralité nouvelle de la Croix Faubin, le Fin qui personnifie les pauvres vignerons, et le paysan, en général, dont il exprime les doléances et les griefs, dit :

Je ne sui seullement repu Que de pain d'orge ou d'aveine.

Cf. Petit de JuUeville, Répertoire du Théâtre comique en France au moyen dge(i8S6, in-80), p. 52 (n° xxi).

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