V. 15 57-1 5 58. — Si irainaint bon crestien
En Vahhaye ou il n'entre homme.
« Parquoy mains bons chrétiens en ont perdu leurs vies. » Anthoine de la Sale, Adicion extraicte des Croiiicques de Flandres, n. acq. fr. 10057, fol. 195 vo. « Il se y emploiera telement que Dieu, nostre saint Père et tous bons chrestiens cognoistront par effet de bon vouloir. . . » Fragment d'un registre du Grand Conseil de Charles VII, dans V Annuairebulletin de la Soc. de VHist. de France (1882), p. 293. — « Ordonnacion bonne que tout bon crestien doit faire et dire toujours... » Fr. 13167, fol. 122 {Livre d'heures du xves.). Dans la rubrique du vilain serement du Grant Coustumier, il est question de ceux qui « jurent vilain serement en très grant desplaisance de nous, et aussi doit il estre de tous bons chrestiens.» Fr. 10816, fol. i')4, etc., etc.
— En l'abbaye C, et non Voir l'abbaye A. — Pour gagner les indulgences d'un pardon, il ne suffisait pas de « voir » une ou plusieurs églises, mais il fallait encore les « visiter » intérieurement, et de plus, être « vray confees et repentant ».
François Villon. — III. 6
— Ou il n'entre homme. La boutade de Villon est confirmée par le passage suivant d'une lettre pastorale d'Etienne Pencher, évêque de Paris (1503-15 19) aux religieuses de Chelles, Montmartre et Mallenoue. « Estienne Poncher par la miseration divine esvesque de Paris. Aulz sacrées vierges demeurantes a Chelles, Montmarthe et Malenoe. Salut eu Jhesuscrist. Très doulces espouses de l'Aigneau sans macule, je ne cuyde point que vostre charité ignore comment monseigneur Jehan Simon, nostre prédécesseur, homme de lettres et fervent zélateur de l'honneur divin, a mys grande paine que les bonnes institutions et ordonnences retournassent en usage, ressourdissent et ressuscitassent. Lesquelles, par la malice du temps, et coulpes de celles qui monstroit (sic) ne estre sanctimoniales sinon tant seuliement de nom, par trop grant vétusté et usance, estoit (sic) oubliés (sic) cheutes et mortes, pareillement que les susdit:^^ monastères de vierges, lesquels h temps passé estoit ouvert (sic) a toutes gens indifferavimant, fussent restituez a closture et fermeture, affin d'estre de nouveau habitacles et mensions de vie solitaire. Le dit esvesque très prudent a labouré en son temps que ces choses fussent myses aexecussion. .. » Fr. 5988, i ro. — En tête dudit folio, signature autographe à'Estienne Poncher. Dans cette lettre, on relève encore ce passage relatif au texte de Villon : « Pourtant, o sacrez vierges du roy éternel, aymez d'ung amour céleste la districtude de vostre closture qui a esté restituée a grans paine et labeur. Sans laquelle ne poés garder le thresor tant précieux, et a Dieu tant agréable, de virginalle integritté... » (fol. 9. — Cf. plus loin le chapitre relatif aux Hostes, fol. 165.) — Suit la Table de la reigle et statut^ des monastères de vierges de V Ordre de Saint Benoist reforme:^ ou diocèse de Paris, fol. 5 ro et suivants (Jean Simon fut évêque de Paris du 29 octobre 1492 au 23 décembre 1502). Ms. sur papier du début du xvie s. — L'obligation de visiter les églises pour gagner les pardons figure dans toutes les bulles et privilèges accordés parla cour de Rome. Voici un résumé, en français, d'un privilège accordé par le pape Jean XXIII aux Célestins de Paris (janvier 1422) : « Item, une bulle de sainct Pierre Celestin (Pierre de Mouron) pape Ve, qui donne et octroyé a tous ceulx et celles qui dévotement visiteront les dictes églises et lieulx desdis Célestins lors et a faire pour chacun jour de l'an cent et quarante ans de indulgences en remission et pardon de leurs pénitences enjointes. » Fr. 24865, fol. 239 r» et vo. — c Item, ung aultre privilège du dit pappe saint Pierre Celestin qui donne et octroyé a tous confès et repentans qui dévotement visiteront les esglises et lieulx desdis Célestins, etc., etc. » Ibid., fol. 239 v. Les malades ou impotents
étaient dispensés de la visite qui était alors remplacée par des aumônes. « Très révèrent père en Dieu monseigneur le cardinal de Pise ayant plaine puissance de légat de latere du sainct Siège de Rome ou royaume de France a donné et octroyé a tous vrays repentans et confés pour chascun jour de l'an qui visiteront dévotement aucunes des églises et chappelles de la dicte religion des Celestins ou qui, de leurs biens, feront aumosne aulx dictes esgliscs ou chappelles, pour chascun jour ung an et cen jours de vray pardon de leurs penitances enjointes. Et furent lesdis pardons et indulgences donnez et octroyés a Paris par ledit légat le V= an du pontificat de nostre sainct père le pappe Jehan XXIIIe, le premier jour du mois de joing, l'an de l'incarnacion nostre Seigneur mil IIII^ et treize. » Fr. 24865, fol. 244 r° et v. — La réputation fâcheuse des nonnains de Montmartre ne semble pas usurpée. Dans le Champion des Dames de Martin Le Franc, V Adversaire, après avoir reproché au Champion de ne pas lui rapporter les faits universellement connus de Messaline et de Cléopâtre, ajoute :
Toutes les nonnains de Montmartre N'ont fait ainsi d'elles parler.
(Fr. 12476, fol. 66».) Il y avait aussi un dicton recueilli par Sauvai, et qui vient confirmer ce témoignage : « A Montmartre, il y a plus de putains que de vaches : et s'il n'y avait point de nonnains, il y aurait plus de vaches que de putains. « Bibl. nat. Baluze 213, fol. 70 vo.
CXXXVIL — Des religieuses de Montmartre la sollicitude de Villon s'étend aux valets et chambrières des grandes maisons, qui font ripailles, à minuit, une fois leurs maîtres couchés. La petite noce se clôturait par « le jeu d'asne ».