V. 1564. — Tatit que gisent seigneur et dame
Ce vers et les précédents (1559-1563) ont été imités de près dans le prologue des Repeues franches de François Villon et de ses compagnons :
Venez y, varletz, chamberieres, Q.ui sçavez si bien les manières, En disant mainte bonne lave, D'avoir du meilleur de la cave, Et puis joyeusement preschez.
Apres que vos gens sont couchez.
(édit. Jannet, p. 1 80-1 81.)
v. 1 566. — Je leur ramentoy le jeu d'asne.
Ramentoir, variante de rameutevoir : cf. Du Cange s. v. rementus, et Remania, t. XXX(i90i), p. 380.
— le jeu d\isne, « le jeu d'amour », « le jeu trop congneu » (Ir. 12476, fol. 74b). — Christine de Pisan parle en ces termes de la vie que mènent valets et chambrières en l'absence de leurs maîtres. «... Et puis, quant leur maistre est au Palais ou en ville, et leur maistresse au moustier, a la grant messe, la desjeunerie est faitte a la cuisine a bon gaudeamus, et n'est pas sans bien boire et du meilleur ; et la viennent les autres chamberieres de la rue qui sont du flon et du convive, et autres commères, et Dieux scet comment la se fourrent. Et aucunesfois est porté le pasté en la chambre que celle a en ville, et la vient le gentil chalent. Et ainsi se righolent... » Le Livre des trois Vertus, fr. 452, fol. 85 vo, nis. revu sur le fr. 1177, fol. 200. — (chalent, chalant « ami déclaré d'une femme, son amant. » Du Cange, Ghs. franc, s. v. chalant; et Glos. lat. s. v. chelandinm.)
CXXXVIII. — Quant aux filles de bien, Villon ne peut rien leur donner, car il a tout donné aux servantes; combien que les premières se fussent contentées de peu ! Et pourtant, quel grand bien leur ferait maints bons morceaux qui, cependant, se perdent aux Jacobins, aux Celestins, et aux Chartreux !