‹ Œuvres. Édition critique avec notices et glossaireChapitre 78 sur 269 · V. 1586. — Asse:^ dévote créature · texte numérisé non relu

V. 1586. — Asse:^ dévote créature

Par antiphrase, On va voir la Grosse Margot, dans la ballade qui la concerne, jurer « par la mort Jhesucrist » (v. 1607) ; à moins toutefois, que ce ne soit une allusion au début de cette chanson de Chai les d'Orléans :

O ! très dévotes créatures En ypocrisies d'amours !

(Édit. Champollion,p. 245, chan. xcvi.)

Balade (dite de la Grosse Margot) 1 591-1627.

v. 1591. — Se f avilie et sers ma dame de bon het.

Bien que F soit le seul ms. qui donne ma dame au lieu de la belle des autres sources, je n'hésite pas à suivre cette leçon unique. Il n'est pas douteux que la ballade de Villon soit faite à l'imitation de la « sote balade » publiée plus loin et dont l'héroïne est appelée « ma dame », et, en deux autres passages, « dame >>. Cette variante si importante a été omise dans les trois éditions de Longnon. Enfin l'appellation « madame >►

est le titre officiel sous lequel étaient et sont encore désignées les tenancières de ces établissements où trônait la Grosse Margot. La corporation des « fillettes de joie suivant la Cour » au temps de Villon, avait à sa tête une matrone qui portait le titre de « Dame des filles de joie suivant la Cour ». Cf. Jal, Dict. critique, p. 575 et 820, et, en outre, fr. 6759, fol. 13 vo ; fr. 20685, fol- 5^8 v»; fr. 26105, "• 1214, 1244, et mon édit. de Gaguin, t. II, p. 436, v. 36. — Mais il est une autre raison qui semble militer pour la leçon « ma dame » de F. Cinq huitains plus haut (huit. CXXXVI), Villon vient de parler des religieuses de Montmartre dont l'abbesse s'appelait « Madame ». Or Villon qui assimile cette abbaye à un mauvais lieu, imputation confirmée d'ailleurs par les faits (cf. Champion, t. I, p. 314-318 et notes) a pu se rappeler cette particularité et la mettre à profit. En outre, avec la leçon ma dame il y a un équivoque qui est bien dans le goût de Villon ; dame et madame étant, comme on sait, le titre réservé aux femmes des chevaliers.

v. 1592. — M'en deve^ vous tenir ne vil ne sot ?

On disait de même tenir à —

Qu'on tendrait a fol et paillart {Test. 427).

Fain avez qu'on vous tiengne a sot (fr. 1104, fol. 46a).

Tenir a fol était également une locution courante : cf. Romania, t. XXXIX (1910), p. 48 (Prière à la Vierge). — On disait également lenir pour fol.

Il est tenu pour fol recreu (Test. 442). L'en doit tenir por fol cellui Qui pourchace le sien ennuy.

Fr. 916, fol. 170a (ms. de 1474), etc., etc. V. 1595. — Elle a en soy des biens afin souhet.

= « Elle a en soi des biens à satisfaire les plus difficiles ; c'est un sujet hors ligne. »

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